Opposition à un projet de jumelés près des terres Miner

Une demande de changement de zonage pour un projet domiciliaire ne fait pas le bonheur des résidents d’un quartier de Granby. Un promoteur, qui proposait de construire une quarantaine de maisons unifamiliales sur une nouvelle rue reliant les rues Palmer-Cox et Houle, souhaite aussi y ériger des jumelés. Malgré la requête d’une centaine de personnes s’y opposant, le conseil a voté en faveur du changement de zonage.

Les citoyens ont eu vent de cette demande au printemps et, lors de la Fête des voisins, le sujet était sur toutes les lèvres. « On s’est rendu compte qu’on était tous contre ce projet-là », raconte Jean-François Couture en entrevue.

David Beaudin, initiateur de la mobilisation, et M. Couture étaient déçus, mardi soir, lors de la séance ordinaire du conseil, de constater que leurs voix n’avaient pas été entendues. Ils se sont demandé pourquoi les élus — à l’exception de Julie Bourdon et Alain Lacasse qui se sont opposés à l’adoption du règlement autorisant le changement de zonage — n’avaient pas reculé étant donné qu’il y avait plus de signataires que ce qui sera requis lors de la tenue du registre, le 12 juillet.

Des propriétaires habitant sur les rues Palmer-Cox, Léger, des Floralies et des Cimes ont notamment signé la requête pour la tenue d’un registre. Celle-ci avait été déposée le 28 juin.

Le conseiller Stéphane Giard a expliqué que la signature d’une requête en porte-à-porte se conclut souvent avec plus de signatures qu’au registre, où les citoyens doivent se déplacer. Il veut voir si ce sera le cas cette fois-ci encore, a-t-il dit devant la petite assemblée.

Les chiffres ne sont pas connus précisément, mais le projet en question envisagerait la construction d’une quarantaine de maisons unifamiliales et d’une dizaine de jumelés, croit Julie Bourdon, qui agissait mardi soir à titre de mairesse suppléante et présidait par conséquent l’assemblée.

Valeur des maisons et circulation
Les résidents de la récente rue Palmer-Cox ont fait construire leur maison unifamiliale ces dernières années. On leur avait vendu l’idée d’un quartier tranquille où il n’y aurait que des maisons de prestige comme la leur et où les enfants pourraient jouer dans la rue en toute sécurité.

« C’est ça qui nous déçoit, estime M. Couture. On est entièrement d’accord avec un projet de maisons unifamiliales, mais d’avoir des jumelés qui vont augmenter le trafic et diminuer la valeur de nos maisons, ça, on est contre. » Le groupe de citoyens des rues avoisinantes se demande d’ailleurs si l’architecture respectera ce qui existe déjà dans le quartier.

Selon lui, la plupart de ses voisins n’auraient pas choisi de construire leur maison rue Palmer-Cox s’ils avaient su que la future rue, toujours sans nom, pouvait accueillir des jumelés. « On cherchait un lieu tranquille. C’est vraiment cette quiétude-là » que l’ancien président de la Chambre de commerce Haute-Yamaska et sa conjointe voulaient pour voir grandir leur enfant.

De plus, le prix que le promoteur souhaite demander pour les jumelés est trop élevé, selon Jean-François Couture. « On nous dit que les jumelés seront à 350 000 $ la pièce. Je ne sais pas où ils vont trouver leurs acheteurs. »

Les citoyens du secteur ont récemment rencontré le représentant du promoteur, l’ancien maire de Waterloo, Pascal Russell, lors d’une séance d’informations. Ils ont pu en apprendre davantage sur le projet et faire entendre leurs inquiétudes.

« M. Russell disait que l’entrepreneur serait prêt à nous écouter, qu’il voulait qu’on travaille en collaboration et qu’il ne voulait pas nuire à notre qualité de vie, poursuit M. Couture. On trouve ça génial de voir cette ouverture-là. » Il ne sait toutefois pas jusqu’où ira cette écoute et promet de mettre en vente sa maison si le projet de jumelés va de l’avant.

Le conseil municipal a décidé d’aller de l’avant avec la demande d’un promoteur qui souhaite construire des maisons unifamiliales et des jumelés entre les rues Palmer-Cox et Houle. Un registre sera ouvert à la requête d’une centaine de citoyens, le 12 juillet.