« C'est de bonne guerre qu'on en arrive à un règlement», a dit Me Robert Jodoin à sa sortie du tribunal.

Opération Muraille: un avocat aura un rôle plus effacé

Visé par une requête en déclaration d'inhabilité, l'avocat de deux trafiquants de drogue allégués accepte de remplir un mandat restreint.
La Couronne, représentée par M<sup>e</sup> Caroline Meilleur (à droite) et M<sup>e</sup> Stéphane Landry, a accepté les garanties offertes par M<sup>e</sup> Robert Jodoin et M<sup>e</sup> Catherine Cantin-Dussault (à gauche), qui représentent deux trafiquants de drogue allégués.
Me Robert Jodoin s'est engagé mercredi à ne pas représenter l'accusé Marc Bernatchez au-delà de la conférence préparatoire. Concernant son autre client, André Madore, il ne pourra contre-interroger l'un des témoins de la Couronne­, un informateur de la police qu'il a déjà eu comme client.
Les deux accusés ont été arrêtés lors de l'opération Muraille qui, en juin, a démantelé un important réseau de trafiquants de drogue dans la région de Granby. Une quarantaine de personnes avaient été arrêtées. M. Madore a été identifié comme étant l'une des têtes dirigeantes.
Une majorité des suspects reste détenue et est toujours en attente de procès. Me Jodoin a déposé une requête en arrêt des procédures, alléguant une faute commise par la Couronne. Celle-ci a répliqué par une requête en déclaration d'inhabilité compte tenu des liens professionnels passés de Me Jodoin, et de ses deux clients. Sa collègue Me Catherine Cantin-Dussault était aussi visée.
Garanties
Me Jodoin a coupé court à cette audience en offrant certaines garanties. Après un temps de réflexion, elles ont été acceptées par Me Stéphanie­ Landry et Me Caroline­ Meilleur­, du ministère public. L'entente­ sera paraphée­ jeudi.
« C'est de bonne guerre qu'on en arrive à un règlement, a dit Me Jodoin à sa sortie du tribunal. On a fait un travail de médiation pour en arriver à une solution acceptable pour tous. »
L'avocat a bon espoir d'en arriver aussi à une entente prochaine concernant la peine à imposer à Marc Bernatchez. L'exercice s'annonce plus long dans le dossier d'André Madore, qui s'expose à une peine plus longue. 
Par deux fois, Me Jodoin a tenté de faire stopper les procédures pour tous les accusés de l'opération Muraille en invoquant la lenteur des procédures judiciaires. Toutes ont été rejetées. Quant au vice de procédure, il sera plaidé jeudi. La Couronne entend présenter­ une preuve d'irrecevabilité.
Sécurité
Des mesures de sécurité supplémentaires avaient été déployées au palais de justice de Granby, mercredi, pour faire comparaître quatre des accusés de l'opération Muraille. Leur présence a finalement été jugée non nécessaire. M. Madore n'avait pas été amené ; il est au repos à la suite d'une intervention­ médicale.
Quatre constables spéciaux surveillaient la salle d'audience et les visiteurs étaient fouillés. Normalement, cette cause se déroule à Sherbrooke­ où le palais de justice est plus grand et mieux adapté pour accueillir plusieurs­ accusés en même temps.
On reproche à la grande majorité des accusés de l'opération Muraille du trafic de cocaïne, de méthamphétamines, d'ecstasy, de cannabis et de haschich. Neuf accusés se sont vu refuser leur remise en liberté. Tous ont reçu des offres de règlement de la part de la Couronne.