Christiane Boisseau et Myriam Beaulé invitent la population à participer à la première Marche du Grand défoulement à Granby, le 13 octobre, au profit de la FQC.

Oncologie: des massages qui donnent des ailes

Christiane Boisseau est passée par toute la gamme des émotions lors de ses traitements de radiothérapie à Sherbrooke. Mais une chose lui a « donné des ailes »: ses massages oncologiques. La Granbyenne veut en quelque sorte boucler la boucle en organisant la première Marche du Grand défoulement dans sa municipalité, dont l’un des objectifs est d’amasser 10 000 $ pour que ce service, qu’elle qualifie « d’incontournable », soit offert ici sous peu.

Comme plusieurs femmes avant elle, Christiane a dû encaisser le diagnostic coup-de-poing du cancer du sein. Cette épreuve a toutefois été ponctuée de nombreux moments de bonheur. Notamment grâce au soutien indéfectible de ses proches, de son amoureux puis au gré de rencontres qui ont jalonné son parcours.

À ce chapitre, son arrivée à l’hôtellerie de l’Estrie de la Fondation québécoise du cancer (FQC) fut déterminante. « J’ai trouvé là quelque chose que je n’allais pas chercher. [...] Mon cadeau, c’était la massothérapie. Je me suis abandonnée aux mains expertes, les yeux fermés dans une parfaite immobilité. Mon corps s’est couvert de papillons, a confié Christiane, faisant le parallèle avec un souvenir de jeunesse empreint de sérénité où, assoupie dans la cour arrière chez ses parents, des monarques l’avaient couverte des pieds à la tête à son réveil. Moment de grâce. Chaque mardi, je recevais un massage qui me donnait des ailes pour la semaine. Les soucis, les tracas, les douleurs, envolés. »

Névralgique

« Le pouvoir du toucher est insoupçonné, a mentionné en entrevue l’initiatrice de la Marche à Granby. Ça guérit le coeur, l’âme et l’esprit. Pour moi, c’est primordial de contribuer à ce que d’autres personnes de la région n’aient pas à faire le trajet jusqu’à Sherbrooke pour recevoir des massages si bénéfiques. »

Chaque semaine, 50 nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués en Estrie, a indiqué Myriam Beaulé, directrice du centre régional et hôtellerie de la FQC en Estrie. Une grande partie de la clientèle du réseau d’hébergement provient de la Haute-Yamaska. L’idée d’y implanter un service de massothérapie spécialisé en oncologie a donc fait son chemin. Le projet dévoilé mercredi consiste donc à offrir des massages sur chaise à la clinique externe de chimiothérapie de l’hôpital de Granby. Un centre « névralgique » pour desservir la communauté, a soutenu Mme Beaulé. Outre l’objectif financier, le projet doit obtenir préalablement l’aval du CIUSSS de l’Estrie. L’initiative pourrait voir le jour dès 2018.

Or, on parle ici de soins très pointus qui seraient prodigués « en rotation » par deux massothérapeutes spécialisées associées à la FQC. « La chimiothérapie module la formule sanguine. Les plaquettes sont parfois plus basses, alors le geste de massage doit être différent », a cité en exemple la massothérapeute, Julie Beaulieu.

Petits pas, grandes retombées

Une enveloppe de 10 000 $ sera nécessaire pour lancer le service de massothérapie oncologique à Granby. Cette somme constitue le tiers de l’objectif global de la Marche du Grand défoulement, qui se tiendra pour la première fois dans la municipalité le 13 octobre dès 17h, au parc Daniel-Johnson. Deux parcours sont au programme, soit 1 km et 3 km. Les organisateurs souhaitent accueillir 200 participants, qui devront recueillir un minimum de 100$ pour prendre le départ. Il est possible de s’inscrire à l’événement via le site lamarchegd.ca.