L’organisatrice de l’événement Sophie Foisy (à droite) a pu compter sur la présence de la militante des droits des aînés Cécile Choinière (au centre) et sur le coup de main de la bibliothécaire Marie-Ève Massé (à gauche).

On sort-tu prendre un café ?

Sortir pour jaser un brin, prendre un café, tomber sur l’ancien voisin par hasard. Ces gestes semblent anodins, mais ils peuvent représenter énormément pour des aînés isolés.

Une cinquantaine de personnes ont répondu positivement à l’invitation de l’événement « On sort-tu ? » samedi dernier à la bibliothèque Paul-O.-Trépanier. « On se n’était pas donné d’objectifs précis, mais on est contents de constater qu’autant de personnes se sont déplacées », se réjouit Sophie Foisy, adjointe administrative de la section locale de l’Association québécoise des droits des personnes retraités et préretraités (AQDR) et l’une des organisatrices du projet à Granby.

Il ne s’agissait pas de réunir toutes ces personnes pour parler d’un sujet en particulier. Simplement pour les sortir de leur isolement et prendre un café.

« On organise déjà des activités pour les personnes âgées, mais c’est souvent les mêmes personnes qu’on voit revenir. Notre objectif était d’attirer de nouveaux visages », explique Mme Foisy qui animait la rencontre.

« Dans les plus grosses résidences pour personnes âgées, les gens se sentent parfois dans des mini-villes, à l’extérieur de la communauté. Ça serait important que les enfants qui viennent les visiter développent le réflexe de les faire sortir, comme en les emmenant à la bibliothèque », ajoute-t-elle. Un autobus adapté avait d’ailleurs permis à des résidents du CHSLD de Granby d’assister à l’événement.

L’animatrice a eu bien du mal à ramener l’assemblée à l’ordre lorsqu’est venu le temps pour les représentants des trois paliers gouvernementaux de prendre la parole. Les conversations étaient déjà bien engagées et il y avait comme une certaine frivolité collégiale dans l’air.

Le réflexe de s’impliquer
Même si l’événement s’est déroulé avec succès, briser l’isolement des aînés représente bien souvent un travail colossal. « Plusieurs facteurs peuvent expliquer l’isolement, avance Mme Foisy. Parfois ça peut être un deuil qui fait que la personne se replie sur elle-même, d’autres fois ce sont des raisons de santé qui l’empêchent de sortir. » Mais selon les nombreux participants, une chose est sûre: la solitude peut être une très mauvaise habitude. « Des études prouvent que ça diminue l’espérance de vie », précise Sophie Foisy.

Pour Céline Duval, qui était bénévole lors de l’événement et qui s’implique également dans plusieurs organismes, il est très important de prendre le réflexe de s’impliquer. « Les gens qui donnent de leur temps plus jeune, ils vont continuer une fois à la retraite, mais pour les autres, ça sera beaucoup plus dur de commencer », témoigne-t-elle.

« C’est important de se faire un réseau de contacts une fois à la retraite. Les ainés ne disent pas toujours la vérité à leur famille pour ne pas l’inquiéter, mais ils risquent d’être plus honnêtes avec leurs amis », explique Mme Duval.

À côté d’elle, Denise et Gilbert Trudel s’efforcent déjà de briser l’isolement des aînés dans leur entourage. « On sort avec notre voisin qui est plus âgé, on est venu avec lui aujourd’hui et on l’emmène à la messe les dimanches », avance Mme Trudel.

Première édition 
Seize rencontres On sort-tu ? auront lieu dans la province entre le 12 et le 19 mai, lors de la Semaine de la lutte contre l’isolement des ainés. Il s’agit d’une initiative de la revue Bel âge et de plusieurs partenaires. Localement, c'est l’AQDR qui a organisé l'événement. Le concept devrait revenir l’an prochain.