Michel Duchesneau soutient que les travaux réalisés dans le prolongement de la rue de Verchères étaient nécessaires. Mais il reconnaît qu’ils ont été lancés trop rapidement.
Michel Duchesneau soutient que les travaux réalisés dans le prolongement de la rue de Verchères étaient nécessaires. Mais il reconnaît qu’ils ont été lancés trop rapidement.

«On ne s’amuse pas à déboiser pour le fun», dit Michel Duchesneau

Le promoteur Michel Duchesneau reconnaît avoir lancé des travaux de déboisement trop rapidement dans le prolongement de la rue de Verchères à Granby. Mais il soutient qu’ils sont incontournables.

«J’ai commencé quelques jours plus vite des travaux qui étaient prévus. Mais tout ce qui a été fait est nécessaire. Il n’y a rien de farfelu là-dedans. Mais on a mis ça sur la glace et on va attendre», a réagi mardi M. Duchesneau.

La Ville de Granby n’a toutefois pas apprécié les travaux lancés le mois dernier par le promoteur, également un ancien maire de Granby. Les élus ont mandaté, lors de la dernière séance du conseil, les services juridiques de la Ville afin que des recours juridiques puissent être entrepris contre M. Duchesneau et son entreprise Jonesco pour avoir réalisé des travaux d’abattage d’arbres sans avoir les autorisations nécessaires.

La Ville était déjà intervenue à quelques reprises en juin pour faire cesser des travaux de déboisement et de dynamitage.

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«Le conseil municipal vient de déposer un Plan environnement et de mettre les lignes directrices de ce qu’il souhaite. Les événements qui viennent de se passer ne sont pas du tout en ligne avec ce qu’on a exprimé», a commenté le maire aux médias au terme de la séance du conseil municipal.

Plusieurs plaintes ont par ailleurs été déposées à la Ville par des citoyens du secteur, alors que la bande boisée de protection qui devait être préservée en arrière lot a été rasée à certains endroits.

Le Plan d’implantation et d’intégration architectural (PIIA) adopté en 2016 prévoit que cette bande tampon varie entre six et 20 mètres, selon la profondeur des terrains. Michel Duchesneau est bien au fait des règles, car il a participé à l’élaboration des modalités du PIIA avec d’autres représentants de la Ville, a souligné lundi soir le maire, Pascal Bonin.

M. Duchesneau plaide toutefois que les PIIA sont devenus «complexes» et que tout est «très lourd».

Impasse

Le promoteur estime en outre se trouver dans «une impasse», alors qu’il est impossible, selon lui, de préserver la bande boisée de six mètres de cinq terrains. Des travaux de déboisement sont nécessaires pour aménager une ligne électrique, fait-il valoir.

«En arrière-lot, à cause de la filerie, c’est impossible de respecter le six mètres. Les maisons ne seront pas bâtissables. La ligne électrique va passer au-dessus du patio. J’ai rencontré des gens de la Ville pour leur expliquer qu’on est dans une impasse. (...) On attend pour voir ce que le conseil va faire», dit-il.

Michel Duchesneau dit prioriser pour des raisons esthétiques l’aménagement de la ligne électrique en arrière-lot, plutôt que dans la rue. «Il faut que la Ville décide si elle veut avoir un beau secteur ou non», dit-il.

Réalisés dans le cadre du développement des Jardins Quévillon, les travaux devraient permettre l’aménagement d’une trentaine de terrains, où des résidences «haut de gamme» seront construites. Des acheteurs potentiels patientent depuis deux ans, selon M. Duchesneau, que ce projet voit le jour.

Le promoteur affirme par ailleurs ne pas s’amuser à couper des arbres. «On ne fait pas ça pour l’fun. Et quand il y a arbres, on vend nos terrains plus cher. Les gens aiment les arbres. On ne s’amuse pas à déboiser pour le fun», assure-t-il.

Ce n’est pas d’hier que le développement de ce secteur pose problème. L’avancement du projet a été mis sur la glace durant quelques années au début des années 2010, alors que le promoteur, Michel Duchesneau, avait intenté des procédures juridiques contre la Ville. Au coeur du litige : un important plateau de roc que la Ville souhaitait préserver.

L’adoption d’un PIIA en 2016 permettant d’exercer un contrôle serré sur le développement avait à l’époque permis de dénouer le litige.