Le maire Pascal Bonin a fait une « montée de lait » impromptue au sujet du projet de CHSLD de 176 places attendu à Granby.

«On fait rire de nous autres»

Deuxième « montée de lait » du maire de Granby, en moins d’une semaine, au sujet du projet de CHSLD de 176 places à Granby qui tarde à voir le jour. Pascal Bonin a sollicité l’appui de la population dans ce dossier lors de la dernière séance du conseil municipal.

« On a besoin de votre appui. Les politiciens, on a beau sortir, le docteur Barrette [le ministre de la Santé] est impassible à tout ce qui se passe. [...] On fait rire de nous autres, Granby et la Haute-­Yamaska », a lancé le maire Bonin.

Ce dernier et le député de Granby, François Bonnardel, ont uni leur voix vendredi dernier pour dénoncer la lenteur, voire l’immobilisme, qui entoure le projet de construction d’un CHSLD de 176 places à Granby. L’appel d’offres doit être lancé au plus tôt, ont-ils déclaré.

Pascal Bonin n’avait pas prévu aborder à nouveau le sujet lors de la séance du conseil, a-t-il affirmé mardi. Mais le traitement d’un point à l’ordre du jour, au sujet de l’installation d’un abribus à l’hôpital, après des démarches qui se sont étirées sur deux ans avec le CIUSSS de l’Estrie, a ravivé sa volonté de voir bouger les choses. 

« J’ai lu un commentaire sur les réseaux sociaux qui est venu me chercher. La personne a écrit qu’elle croit plus au père Noël qu’à un investissement à l’hôpital. Comme population, il ne faut pas faire de l’à-plat-ventrisme non plus. C’est un wake up call. Si, d’ici quelques semaines, il n’y a rien qui se passe, je vais organiser quelque chose. Si ça prend 10 000 personnes dans la rue avec des pancartes pour catcher le message, on le fera », dit le maire.    

Malades pareil !

Pascal Bonin a rappelé lundi soir que le futur CHSLD est au cœur d’un plan de réaménagement à l’hôpital. Lorsque les soins de longue durée auront quitté le quatrième étage de l’hôpital, le centre mère-enfant pourra être déployé. Les soins intensifs, qui sont actuellement « dignes des plus minables hôpitaux du tiers-monde », selon le maire, ainsi que les soins hospitaliers pourront également être remaniés. 

« Il y a 24 mois, on nous a présenté un plan de relance qui devait être sur 36 mois. Ça fait 24 mois. Il ne s’est rien passé », a dénoncé le maire en faisant valoir que tous les citoyens connaissent, de près ou de loin, quelqu’un qui a besoin des soins dispensés à l’hôpital.

« Ce que je demande à la population, c’est qu’elle se tienne derrière son maire pour qu’on puisse avoir des services de santé dignes. On paye le même prix que les autres régions. C’est rare que je fais des montées de lait, mais tabarnouche, on peut-tu se faire soigner comme tous les autres ? J’essaie de brasser la canisse au gouvernement pour qu’il se réveille un peu. [...] On n’est peut-être pas au pouvoir dans le comté, sur le bon bord comme on dit, mais on est malades pareil », s’est emporté Pascal Bonin.

Celui-ci affirme également vouloir soutenir toutes les personnes qui travaillent dans des conditions difficiles à l’hôpital de Granby.  

La conseillère Julie Bourdon a appuyé Pascal Bonin. « J’espère que les citoyens vont se mettre derrière le maire pour mettre de la pression à Québec pour que ça avance. J’espère aussi que Québec va nous entendre pour que le dossier débloque », a-t-elle affirmé. 

Un citoyen, René-Jean Fournier, a également soutenu le maire Bonin dans ses démarches lors de la période de questions. « À Sherbrooke, est-ce qu’ils ont les problèmes qu’on rencontre à l’hôpital ? Pourquoi nous autres on les a et pas eux ? À un moment donné, il va falloir faire de quoi d’un peu barbare pour les réveiller... », a-t-il laissé tomber en affirmant, « pour une fois », être prêt à suivre le maire s’il devait organiser une manifestation.