Des dizaines d’éducatrices en service de garde ont dénoncé haut et fort leurs conditions de travail, jeudi, lors d’une manifestation devant les bureaux du ministre Bonnardel.
Des dizaines d’éducatrices en service de garde ont dénoncé haut et fort leurs conditions de travail, jeudi, lors d’une manifestation devant les bureaux du ministre Bonnardel.

«On est tannées de jouer les superhéros»

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
Des dizaines d’éducatrices en service de garde en milieu scolaire ont bruyamment manifesté leur ras-le-bol, jeudi à Granby, se disant à bout de souffle pour répondre aux exigences de la Santé publique depuis le début de la pandémie. Le groupe s’est réuni pour l’occasion devant les bureaux du député de Granby, ministre des Transports et responsable de l’Estrie, François Bonnardel et a réclamé plus d’écoute de son collègue à l’Éducation, Jean-François Roberge.

«On veut dire au ministre Roberge que ça suffit de nous en mettre toujours plus sur le dos», a indiqué en entrevue Geneviève Dagenais, technicienne en service de garde et déléguée syndicale à la CSN.

Selon elle, l’ajout récent de trois journées pédagogiques au calendrier est la «goutte qui a fait déborder le vase». La représentante syndicale clame par ailleurs que «l’élastique est étiré au maximum» dans le réseau des services de garde en milieu scolaire. «On est tannées de jouer les superhéros, a-t-elle dit. On l’est depuis le mois de mars, mais maintenant, on est le dindon de la farce.»

On voit à l’avant-plan Geneviève Dagenais et Jacinthe Leduc, respectivement déléguée et présidente syndicale à la CSN.

Conditions

Les conditions de travail «particulièrement difficiles» en contexte de pandémie pèsent lourd sur les épaules des éducatrices en services de garde, a fait valoir la porte-parole du groupe de manifestants. «Avec les bulles obligatoires dans les écoles, une éducatrice doit gérer trois à six groupes. On fait des semaines de 50 heures parce qu’on n’arrive pas. On passe notre temps à désinfecter tout autour de nous. On a la santé et la sécurité des enfants entre nos mains. C’est un stress constant pour éviter la contamination avec la COVID.»

Cela fait en sorte que les éducatrices sont contraintes à «surveiller» les enfants. Ce qui met en rogne plusieurs d’entre elles, a affirmé Geneviève Dagenais. «D’un côté, nos tâches sont multipliées par cinq. On est toutes épuisées. Mais la cerise sur le sundae, c’est qu’on doit normalement suivre un programme éducatif. Mais c’est impossible actuellement. On est tannées de ça. On n’est pas des gardiennes d’enfants. On a étudié pour être des éducatrices.»

Recrutement difficile

La difficulté de recrutement a également une grande incidence sur les conditions de travail en services de garde en milieu scolaire. «On est en pénurie de personnel dans tout le réseau depuis trois ans. Des horaires de 15h coupés, c’est évident que ce n’est pas attrayant. Personne ne peut arriver à joindre les deux bouts avec ça. Souvent, les éducatrices doivent se trouver du [travail en parallèle] pour arriver à avoir 25h par semaine. Vraiment, il y a plusieurs problèmes à régler. Le ministre Roberge va devoir s’asseoir pour nous écouter. Ensemble, on pourra trouver des solutions.»