Pierrette Boulais, présidente de l'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées- de Granby.

« On est content que Québec ait reculé »

« Les retraités ont le dos large », croit la nouvelle présidente de l'AQDR (Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées) de Granby, Pierrette Boulais. Satisfaite que le ministre Carlos Leitao ait reculé sur le crédit d'impôt pour les aînés, elle critique toutefois que le gouvernement québécois cherche à « sauver » de l'argent en s'attaquant aux retraités.
Elle juge révoltante la combinaison entre la restructuration des régimes de retraite et les changements que proposait le ministre des Finances celui-ci voulant repousser l'âge à 70 ans pour le crédit d'impôt pour les aînés.
La mesure, inscrite dans le budget 2015 du gouvernement et destinée à inciter les travailleurs expérimentés à reporter l'âge de leur retraite, stipulait que l'âge requis pour réclamer ce crédit d'impôt devait passer de 65 à 66 ans dès l'année d'imposition 2016. Par la suite, le crédit d'impôt aux aînés aurait été réservé aux 70 ans et plus, à compter de 2020.
Le ministre Leitao a fait marche arrière après que plusieurs députés libéraux aient été approchés par des personnes touchées par le changement au crédit d'impôt. Le ministre lui-même avait été visité à son bureau de comté vendredi dernier.
Québec se privera ainsi de 273 millions $ au cours des quatre prochaines années, dont 18 millions $ cette année.
« On est bien content que le gouvernement ait reculé, commente Mme Boulais, mais ça ne veut pas dire qu'il ne va pas trouver un autre moyen d'aller chercher ces sommes-là. »
Rétention des travailleurs 
Quant à la rétention des travailleurs expérimentés sur le marché de l'emploi, elle croit qu'il y a d'autres solutions, comme d'offrir des postes à temps partiel.
« Il y en a combien, des nouveaux retraités qui ont travaillé 35, 40 ans ? Je sais que nos aînés ont de l'expertise, mais est-ce nécessaire de les priver de revenu pour les garder au travail ?, se questionne la présidente de l'AQDR de Granby. Les connaissances restent là, mais l'énergie c'est une autre paire de manches. On a moins de résistance à mesure qu'on prend de l'âge. Le stress et la pression nous affectent un peu plus que quand on avait 20 ans. Un jeune de 20 ans peut se tourner sur un
10 cents facilement, mais un aîné, ça prend plus de temps. »
- Avec La Presse canadienne