Les organisateurs des deux Nuit des sans-abri de la région appellent la population à la solidarité.

Nuit des sans-abri: deux réalités, une même cause

Tout est en place pour la Nuit des sans-abri prévue le 19 octobre prochain. Comme c’est le cas depuis maintenant six ans, des marches se tiendront simultanément à Waterloo et Granby, où l’itinérance est vécue de façon bien différente.

Les organisateurs de la Nuit des sans-abri, Alain Bernier (Granby) et Manon Godar (Waterloo), estiment que la population est relativement bien sensibilisée à la réalité de la pauvreté en zone urbaine, mais éprouvent beaucoup plus de difficulté à dresser un portrait de celle-ci en zone plus rurale.

C’est du moins ce qu’a constaté l’an dernier Mme Godar alors qu’elle réalisait une tournée de sensibilisation à l’école secondaire Wilfrid-Léger en compagnie d’une travailleuse de rue.

« Je leur demande toujours en commençant de donner un portrait de ce que c’est l’itinérance pour eux. Il y a déjà eu un étudiant qui pensait que le seuil de pauvreté était à 150 000 $ par année. Ce n’est pas parce que l’itinérance existe dans la communauté que les gens en sont conscients », souligne-t-elle.

La sensibilisation auprès des jeunes se poursuivra cette année par une seconde tournée à Wilfrid-Léger ainsi que par l’implication des cadets de Waterloo dans l’organisation de la marche.

Manon Godar, qui est commandante des cadets à Waterloo, tient à ce que ces derniers soient bien informés et participent à la lutte à l’itinérance.

« L’engagement social, ça fait partie de notre mission. Dans les rencontres, il y a toujours un moment consacré à la sensibilisation. Par exemple, les jeunes ont étudié la réalité de l’itinérance féminine et ils ont appris à reconnaître ce qui peut y mener », témoigne-t-elle.

Une rencontre de cadets spécialement dédiée à ce dossier est d’ailleurs prévue vendredi prochain.

Deux portraits différents

Le portrait de Granby et Waterloo en matière d’itinérance est drastiquement différent.

La première municipalité peut compter sur des ressources plus importantes et des organismes pour lutter contre la pauvreté, tandis que la seconde, même si elle est aussi aux prises avec une problématique d’itinérance, ne peut compter sur aucun centre d’hébergement.

« À Granby, la population d’itinérants est grandissante. Le coût de la vie augmente ce qui fait que de plus en plus de personnes ont de la difficulté à se loger », précise Alain Bernier, qui a récemment remplacé Nicolas Luppens à titre de coordonnateur du Groupe actions solutions pauvreté (GASP).

M. Bernier souligne que les services sont aussi insuffisants à Granby.

À Waterloo, si la pauvreté est bien présente, l’itinérance apparente est plus anecdotique.

« Nous avons des gens qui passent la majorité de la journée dehors, qui peuvent quêter ou ramasser des bouteilles pour se faire quelques sous, mais qui se débrouillent pour trouver un toit pour passer la nuit chez des amis ou de la famille », soutient Manon Godar.

Il arrive toutefois que certaines personnes soient à la recherche d’un endroit où dormir, certains soirs, et doivent se rendre à Granby pour éviter de passer la nuit dans le froid et la solitude.

Mme Godar estime toutefois que le problème n’est pas encore suffisamment important pour que l’implantation d’un foyer d’hébergement soit une priorité pour sa municipalité.

Sensibilisation

Devant ce constat, Alain Bernier et Manon Godar appellent la population à faire preuve de solidarité et à participer en grand nombre à la 15e Nuit des sans-abri de Granby et à la 6e édition de celle de Waterloo, le 19 octobre prochain.

Tenu sous le thème « Reconnus, même dans la rue », l’événement vise à changer les perceptions qu’ont les gens à l’égard de l’extrême pauvreté.

Les personnes intéressées sont attendues à 18 h 30 à la place du Centenaire. La population est aussi invitée à donner des vêtements chauds (bas, bottes et manteaux) qui seront ensuite fournis aux itinérants. Ces vêtements peuvent être apportés lors de la marche.

Les participants de la marche granbyenne sont quant à eux invités à 18 h au parc Miner. Une omelette géante sera servie aux marcheurs vers 19 h 30 et des artistes viendront égayer le rassemblement par la suite. L’événement prendra fin à minuit.

D’autres informations sur les deux événements sont disponibles sur le site web de la Nuit des sans-abri.