David Leblanc, copropriétaire de l’entreprise cowansvilloise High Cloud, croit que les nouvelles règles mettront les opérateurs de drone sur un pied d’égalité­ en termes de sécurité, qu’ils pilotent l’appareil pour le plaisir ou pour les affaires­.

Nouvelles règles entourant l'utilisation de drones: entre critiques et appuis

Si des utilisateurs récréatifs de drones n’apprécient pas les nouvelles règles de Transports Canada encadrant l’opération de ces appareils, ceux qui en tirent leur gagne-pain s’en réjouissent.

Plus tôt cette semaine, Transports Canada a dévoilé de nouvelles règles, plus sévères, encadrant l’utilisation de drones pesant entre 250 grammes à 25 kilos (55 lb). À compter du 1er juin prochain, ceux-ci devront désormais être immatriculés et ne pourront pas voler à une altitude dépassant 122 mètres au-dessus du sol et à proximité des aéroports et de sites où ont lieu des interventions d’urgence.

Entre autres obligations, les opérateurs de drone devront aussi réussir un examen en ligne obligatoire leur permettant d’obtenir un certificat de pilote. Il en coûte 10 $ pour passer l’examen, qui comprend 35 questions à choix multiples pour le pilotage de base et 50 pour le pilotage avancé. La note de passage est de 65 %.

L’âge minimal pour effectuer les opérations de base sur un drone sans supervision est de 14 ans, tandis qu’il faudra être âgé d’au moins 16 ans pour les opérations avancées.

Il sera également interdit de transporter des êtres vivants à bord du drone ; un permis spécial sera nécessaire pour transporter des explosifs, des armes ou des munitions. La nuit, le drone ne pourra voler que s’il est équipé de lumières.

Entre autres obligations, les opérateurs de drone devront réussir un examen en ligne obligatoire leur permettant d’obtenir un certificat de pilote.

Ceux qui ne se conformeraient pas aux règles pourraient être passibles d’une amende pouvant atteindre 25 000 $. Des peines d’emprisonnement pourraient aussi s’appliquer dans les cas les plus graves.

Délinquance et conformité

Si Patrick (nom fictif) est d’accord avec le fait de sécuriser l’utilisation des drones, il croit toutefois que les examens sont trop sévères pour ceux qui pilotent des drones à des fins récréatives. « Je suis allé voir l’examen obligatoire en ligne, note-t-il. C’est un test très posé et technique, tellement que parfois, ça n’a aucun rapport avec le vol d’un drone. On dirait un test pour les gens qui veulent piloter un avion. »

Selon lui, cet encadrement trop restrictif ne fera que pousser les gens à opérer de manière délinquante. « Ce que je trouve dommage, c’est que les gens vont être obligés de suivre un cours d’environ 800 $ même s’ils connaissent très bien les lois et règlements pour piloter un drone. Les gens ne voudront pas payer ce prix et vont simplement piloter leur drone sans certification », prévoit-il.

« Il y a déjà des limitations en place, et beaucoup de gens ne les respectent pas », reconnaît Maxime Rivard. Le propriétaire de Drone Record, à Granby, ignore si des utilisateurs récréatifs contourneront les règles, mais il pense que la simplicité du processus de certification et d’immatriculation pourrait en inciter à se conformer.

David Leblanc, copropriétaire de l’entreprise cowansvilloise High Cloud, voit aussi ce resserrement d’un bon œil. « Certains achètent un drone chez Best Buy sans avoir les connaissances nécessaires pour l’utiliser, constate-t-il. Il y a aussi des amateurs qui s’essaient à faire du commercial sans répondre aux critères : ils n’auront pas le choix de se conformer. [Les nouvelles dispositions] mettent tous les opérateurs sur un pied d’égalité en termes de sécurité. »

Les deux entrepreneurs conviennent que de manœuvrer un drone est plus technique qu’il n’y paraît. « C’est compliqué faire voler un drone », indique M. Rivard.

« Je pense que le fait de devoir obtenir une certification va aussi faire réaliser à plusieurs qu’un drone, ce n’est pas un jouet, c’est de l’aviation, même si le pilote n’est pas à bord, renchérit M. Leblanc. Beaucoup de gens vont échouer le test parce qu’ils n’auront pas suivi la formation. Ça prouve la nécessité de suivre des cours. »