Les différents usages de la maison Bray ont dénaturé son allure et son cachet d’antan, estime Samuel Roy, qui a décidé de rénover l’endroit pour lui redonner son charme.

Nouvelle vocation pour la maison Bray

Plusieurs décennies après avoir accueilli ses derniers pensionnaires, la maison Bray s’apprête à en recevoir de nouveaux. En plus d’avoir subi une cure de beauté, la maison bâtie au cœur de Granby en 1878 par James Bray vient d’être convertie en résidence touristique par son propriétaire actuel.

Samuel Roy et sa conjointe Lucie Piedalue ont acquis la résidence en 2015 par l’entremise de leur compagnie Isavic pour y aménager leur bureau d’architectes paysagistes Les Paysages VerduRoy.

Celui-ci aura finalement migré tout juste à côté, si bien que le local, laissé vacant par la fermeture du restaurant japonais Osaka, au printemps 2018, avait besoin d’une nouvelle vocation. « On a décidé de faire ça durant le temps des Fêtes. À l’époque, il y avait beaucoup de locaux vacants sur la rue Principale, et on cherchait de quoi pour rentabiliser l’immeuble », explique l’architecte.

Comme lui et sa conjointe avaient déjà vécu une expérience fort positive dans l’industrie du chalet locatif, ils ont eu envie de répéter l’expérience ici même à Granby, d’autant plus que le zonage le permettait dans cette zone commerciale et que la grande partie de l’offre en hébergement se situe davantage dans l’ouest de la ville.

Tout est d’ailleurs légal et en bonne et due forme, assure le propriétaire. « Nous sommes inscrits sur Airbnb, mais nous avons tout déclaré, nous allons charger les taxes, tout est en règle. Il ne nous manque que nos étoiles de la Corporation de l’industrie touristique du Québec ! » lance M. Roy.

Longue histoire

Celui-ci et Mme Piedalue sont les derniers d’une longue série de propriétaires ayant modifié les usages de cette maison unifamiliale devenue au fil du temps un immeuble utilisé à des fins commerciales.

Pour la première décennie après sa construction, pendant l’ère industrielle ayant donné son essor à Granby aux abords de la Yamaska, la Maison Bray était la résidence principale de la famille du même nom.

Elle fut louée à compter de 1888 et jusqu’en 1912, année où Georges Henri Boivin, petit-fils de James Bray et locataire depuis 1908, a acquis la résidence de ses parents.

Le nouveau propriétaire y a installé son bureau de notaire, puis son bureau de député, lui qui représenta la circonscription fédérale de Shefford à la Chambre des communes de 1911 à 1926.

Le couple a choisi de rénover la place en y ajoutant une touche moderne.

Durant les années 1950, l’habitation est agrandie sur un étage avec une annexe en forme de L. Puis, il y a une quarantaine d’années, l’endroit a accueilli Le Bistro Au Vieux St-Michel. C’est à peu près à cette période que la maison a été dégarnie des diverses boiseries et moulures qui lui donnaient un charme distinctif, indique M. Roy.

Par la suite, la résidence tombe un peu à l’abandon, si bien qu’il fut déjà question de démolir la maison pour construire un immeuble commercial sur le terrain, rappelle M. Roy. Se sont finalement établis d’autres commerces, dont le Bistro La Fringale, qui se trouve toujours à l’étage.

Hommage au passé

Les différents usages de la maison Bray ont dénaturé son allure et son cachet d’antan, estime M. Roy, qui a décidé de rénover l’endroit pour lui redonner son charme.

« C’était dommage, il ne restait plus rien du cachet de la maison. Plus aucune moulure, plus aucune boiserie », déplore-t-il.

Une somme de plus de 350 000 $ a donc été investie cette année pour refaire une beauté au bâtiment.

Le couple a choisi de rénover la place en y ajoutant une touche moderne, mais les travaux lui ont réservé une surprise qui rend hommage au bâtisseur. Un joli vitrail exposé tout près de la porte d’entrée, pièce d’origine de la maison, a été découvert pendant les travaux. « Il était caché derrière du vinyle, dans le mur, on ne savait pas que ça se trouvait là ! » raconte M. Roy, qui a également utilisé des pièces de toiture en écaille de poisson comme éléments de décor des pignons.

Vivre Granby

La Maison Bray accueillera ses premiers pensionnaires ce mercredi soir.

À l’heure actuelle, un loft familial pouvant accueillir jusqu’à six personnes est disponible pour réservation. On y retrouve une aire commune dotée d’un salon et d’une cuisinette, une salle de bain, une chambre double fermée et deux ensembles de lits superposés dans une aire ouverte.

« On cible beaucoup les familles, explique M. Roy, qui croit que son projet attirera les familles dont les enfants participent à des tournois sportifs dans la région, par exemple. Ma conjointe et moi avons trois enfants, et quand nous voyageons, c’est toujours plus compliqué, car nous ne sommes pas quatre. »

À l’heure actuelle, un loft familial pouvant accueillir jusqu’à six personnes est disponible pour réservation. On y retrouve une aire commune dotée d’un salon et d’une cuisinette, une salle de bain, une chambre double fermée et deux ensembles de lits superposés dans une aire ouverte.

On travaille actuellement à terminer l’aménagement d’un second loft, qui pourra accueillir deux personnes à compter de cet automne. « On vise les couples qui voyagent à vélo. Ici, on est à deux minutes de la passerelle, des Boisés Miner, de la piste cyclable et du parc Daniel-Johnson », énumère le Granbyen d’origine.

« J’ai grandi ici, poursuit-il. Je crois que ce sera l’idéal pour les gens d’ailleurs qui souhaitent vivre Granby. »