La faucardeuse de la ville de Granby s’apprête à reprendre du service dans le lac Boivin pour la cinquième année consécutive.
La faucardeuse de la ville de Granby s’apprête à reprendre du service dans le lac Boivin pour la cinquième année consécutive.

Nouvelle opération de faucardage au lac Boivin

La faucardeuse de la ville de Granby s’apprête à reprendre du service pour la cinquième année consécutive dans le lac Boivin, alors que la chaleur des dernières semaines a favorisé la prolifération des plantes aquatiques.

«Parmi les plantes, il y a le myriophylle à épis et l’élodée du Canada. L’élodée est la principale espèce problématique. C’est elle qu’on voit actuellement. Elle est envahissante et elle est assez en forme», lance le coordonnateur de la division environnement à la Ville de Granby, Serge Drolet.

Selon lui, le fait que le faucardage débute deux semaines plus tard qu’à l’habitude peut en partie expliquer l’importante quantité d’algues bien visibles à la surface. La grande responsable de la croissance des plantes est toutefois la chaleur, dit-il.

À l’instar de l’an dernier, la Ville de Granby a obtenu l’autorisation du ministère de l’Environnement pour faucarder, c’est-à-dire couper et retirer les plantes envahissantes, sur une superficie de 38,5 hectares, qui correspond à 21% du plan d’eau. L’opération a permis d’extraire pas moins de 102 tonnes de plantes aquatiques du lac en 2019.

Serge Drolet souligne que le faucardage est toujours réalisé au même endroit. L’un des objectifs visés a toujours été de permettre une meilleure pratique des activités aquatiques, comme le canot, le kayak et la planche à pagaie.

«On a eu beaucoup de commentaires positifs des gens. Il y a moins de pagayage dans les plantes et moins d’odeurs (liées à la décomposition des végétaux) aussi», relève-t-il.

Une première coupe des plantes est réalisée, en juillet et en août, à 50 cm de la surface de l’eau. Une deuxième coupe est par la suite généralement effectuée en septembre et en octobre, mais cette fois-ci à 30 cm du fond.

Des biologistes de la firme WSP ont été mandatés pour réaliser un inventaire des plantes aquatiques dans le lac Boivin.

inventaire et accompagnement

Le faucardage débute un peu plus tard cette année, car la firme WSP a été mandatée pour réaliser un inventaire des plantes aquatiques. Les biologistes n’ont pas pu se mettre au travail dès le printemps, dans le contexte de la COVID. Leur mandat débute en fait ce mardi, souligne M. Drolet.

La faucardeuse se mettra en action à compter de jeudi, lorsqu’ils auront complété l’analyse d’un premier secteur du lac.

Cet inventaire permet notamment de documenter la demande annuelle que doit déposer la Ville auprès du ministère de l’Environnement pour obtenir le feu vert afin de pouvoir faucarder.

WSP a aussi réalisé le dernier inventaire, qui date de 2012. «Le faucardage n’était pas commencé à cette époque. On va pouvoir voir son impact, avec les résultats de l’étude actuelle. Est-ce que les mêmes plantes sont dans le lac? Est-ce qu’il y a moins de plantes? Ou plus?», évoque le coordonnateur de la division environnement.

Selon lui, les résultats sont intéressants, car à sa connaissance, Granby est la seule ville au Québec à opérer une faucardeuse industrielle de ce type.

Autre démarche mise en oeuvre: des agriculteurs sont accompagnés par le club conseil Gestrie-Sol. L’objectif visé est de modifier les activités dans les champs de façon à réduire la pollution diffuse d’origine agricole.

«Le ministère autorise le faucardage à la condition qu’on travaille en amont pour améliorer la qualité de l’eau. On a mandaté Gestrie-Sol pour rencontrer des agriculteurs. Avec l’application Géodep, on peut par exemple simuler l’impact d’un fossé avaloir ou de la culture intercalaire et voir comment ça pourrait améliorer la qualité de l’eau», souligne Serge Drolet.

La Ville de Granby a fait l’acquisition de la faucardeuse en 2016, au coût de 165 000 $. En 2016 et en 2017, le faucardage a été autorisé sur une superficie de 20 hectares, avant d’être augmenté à 30 hectares en 2018 et à 38,5 hectares l’an dernier.