La conseillère des relations avec le milieu d’Hydro-Québec, Mélanie Destrempes, et le médecin-conseil de la société d’État (à droite), Michel Plante

Nouvelle ligne électrique entre Granby et Waterloo: des citoyens s’interrogent

Le projet de construction d’une nouvelle ligne électrique reliant le poste Cleveland, à Granby, à celui de Waterloo a piqué la curiosité de bien des gens. Plusieurs personnes ont fait ni une ni deux en participant aux portes ouvertes orchestrées par Hydro-Québec, mercredi à Bromont, afin d’obtenir des réponses à leurs interrogations.

Michel Gravel et sa conjointe se sont présentés au début de la séance, en après-midi, avec quelques préoccupations en tête. « Les pylônes ne doivent pas passer directement sur notre terrain, a indiqué le Bromontois. Mais on est tout de même venus pour s’informer de l’aspect visuel des lignes électriques. Et surtout, pourquoi on a décidé de faire un projet comme ça? »

Irène Choquette, résidante de Shefford, et sa fille Chantal Lapointe ont discuté longuement avec des représentants de la société d’État. Elles sont sorties de leur rencontre rassurées. « La ligne électrique actuelle passe déjà chez nous. On voulait entre autres s’assurer de quelle façon allait se faire la coupe de bois pour élargir le corridor pour les nouveaux pylônes », a expliqué Mme Lapointe. « Du côté visuel, ça ne nous inquiète pas vraiment, a ajouté sa mère, qui fait partie des 50 propriétaires de terrains où la nouvelle ligne sera implantée. Des poteaux de bois ou une structure de métal, ça ne change pas grand-chose. »

Le nouveau tracé, d’une longueur d’environ 12 km, sera utilisé avec une tension initiale de 120 kV. Le circuit pourrait néanmoins atteindre 230 kV. Le tronçon de Granby s’étendra sur près de 3 km, tandis que les portions de Bromont et Shefford auront respectivement 3,6 km et 4,9 km. On doit toutefois s’attendre à devoir abattre une partie des arbres le long du tracé actuel en raison du recours à des pylônes d’acier plus imposants que les poteaux de bois existants, qui seront démantelés.

Le tracé «A» serait le plus logique pour minimiser l’impact visuel de la nouvelle ligne électrique près du carrefour giratoire à Bromont, à proximité de l’autoroute 10.

Empreinte visuelle

La ligne électrique doit suivre l’emprise actuelle, excepté à Bromont, où trois scénarios (A, B et C) sont envisagés près du carrefour giratoire de la sortie 78 de l’autoroute 10. La présence de la sculpture intitulée Le Fougueux, au coeur du rond-point, a pesé dans la balance pour établir les trois options. « L’enjeu est qu’il y a un objet métallique près d’une ligne électrique. Ce n’est pas optimal au niveau de la sécurité. Et au niveau visuel, ce n’est pas idéal non plus », a fait valoir la conseillère des relations avec le milieu en Estrie et Montérégie pour Hydro-Québec, Mélanie Destrempes. Le chargé de projets François Larouche s’est toutefois fait rassurant au sujet de la proximité de l’imposante oeuvre en acier inoxydable avec la ligne à haute tension. « Ce qui peut arriver, ce sont de petits chocs avec la statique, sans plus. »

Selon Mme Destrempes, la société d’État n’a jamais envisagé que l’on déplace Le Fougueux. De plus, le coût n’est pas un enjeu dans le choix d’une des trois propositions. L’intégration de la ligne électrique au paysage demeure en tête de liste, a mentionné la porte-parole. À ce chapitre, l’option « A » est la plus logique. Ce scénario nécessite moins de pylônes d’angles servant à faire bifurquer la ligne électrique, a affirmé l’ingénieur Jean-François Gravel, précisant que des pylônes plus compacts ont été spécifiquement créés pour ce projet afin d’atténuer l’impact visuel.

Champs magnétiques

Plusieurs personnes s’interrogent également à propos des répercussions sur la santé des champs magnétiques générés par de telles lignes à haute tension. Selon le médecin-conseil à la direction de la santé d’Hydro-Québec, Michel Plante, la construction des pylônes, notamment plus condensée, ainsi que la hauteur des câbles minimise cette incidence. « On parle de champs magnétiques microscopiques », a-t-il imagé, spécifiant que les effets sur le corps humain de cette ligne à 120 kV sont nuls.

Parmi les étapes à venir, Hydro-Québec devra faire sous peu une caractérisation des sols dans l’ensemble du tracé. Celles-ci pourraient mener à d’éventuelles fouilles archéologiques cet été.

Les gens qui le désirent peuvent participer à la consultation en ligne, d’ici le 21 juin, afin de partager leur vision du dossier, à l’adresse ligne-cleveland-waterloo.metroquest.ca. Dans le cas des trois scénarios proposés à Bromont, l’option retenue sera dévoilée à la fin de l’automne prochain. Les travaux s’échelonner en 2019 et l’année suivante. La mise en service de la nouvelle ligne électrique est prévue en 2021.