Les résidants de Shefford Yves Gosselin, Martin Chartrand et Paul Sauvé seront présents lors de la rencontre avec Hydro-Québec à Bromont, jeudi.

Nouvelle ligne électrique à Shefford: des citoyens sur le qui-vive

L’épineux dossier de la nouvelle ligne électrique à haute tension, reliant le poste Cleveland à Granby à celui de Waterloo, franchira une autre étape jeudi. Hydro-Québec doit alors rencontrer des citoyens de Shefford, pour la plupart inquiets que la société d’État installe des pylônes au cœur de leur quartier, pour faire le point sur le projet.

Hydro-Québec a tenu une séance d’information le 2 octobre. Des représentants des municipalités de Bromont et de Shefford, ainsi que des MRC Brome-Mississquoi, de La Haute-Yamaska puis de la députée et ministre Isabelle Charest étaient présents. Le regroupement des citoyens du quartier Tournesol-Gauvin-Laurence à Shefford, où la ligne doit directement passer, a toutefois boycotté la rencontre, n’ayant pas obtenu de réponses satisfaisantes à leurs questions par la société d’État. Il est maintenant temps de remettre les pendules à l’heure, indique le représentant du groupe, Martin Chartrand. « Hydro-Québec vient voir les citoyens pour présenter des mises à jour du projet, et surtout vis-à-vis de nos propositions déposées en juillet. »

En fait, le Regroupement a soulevé à Hydro-Québec une série d’inquiétudes, notamment la « dévaluation immobilière » de leurs maisons si la ligne électrique prévue est érigée. Parmi les solutions, ils préconisent la modification du tracé et « l’enfouissement de la ligne, au moins pour la distance d’environ 1 km comprise entre la route 241 et la rue Laurence ».

La rencontre aura lieu jeudi dans une salle de l’église Saint-François-Xavier de Bromont dès 19 h. « Et tous les citoyens sont conviés », insiste M. Chartrand.

Laxisme

Hydro-Québec veut rehausser la capacité du circuit reliant le poste Cleveland, à Granby, à celui de Waterloo. Les travaux prévoient le remplacement des poteaux de bois existants par des pylônes d’acier plus volumineux.

Le nouveau tracé, d’une longueur d’environ 12 km, sera utilisé avec une tension initiale de 120 kilovolts (kV). Le circuit pourrait néanmoins atteindre 230 kV. Le tronçon de Granby s’étendra sur près de 3 km, tandis que les portions de Bromont et Shefford auront respectivement 3,6 km et 4,9 km. La ligne électrique doit suivre l’emprise actuelle, excepté à Bromont, où trois scénarios (A, B et C) sont envisagés à proximité du carrefour giratoire de la sortie 78 de l’autoroute 10. On devra toutefois abattre une partie des arbres le long du tracé en raison du recours à des pylônes plus imposants que les équipements existants.

Le regroupement de résidants du quartier Tournesol-Gauvin-Laurence estime que Shefford ne les représente pas adéquatement dans le dossier. « On a décidé d’être indépendants de la Ville. Les élus sont trop mous dans leurs demandes à Hydro-Québec. Ils prennent trop de temps avant de se mouiller », affirme M. Chartrand.

Paul Sauvé, propriétaire d’un vaste terrain en bordure du chemin Bell qui pourrait être « défiguré » par les nouveaux pylônes, est du même avis. « Je pense que Shefford gère très mal le dossier. [...] Et les citoyens sont pris à se battre seuls. »

Yves Gosselin, résidant et ex-maire de Shefford, tient des propos plus nuancés. « Je ne considère pas que la Ville ne fait pas son travail, dit-il. [...] Pour l’instant, les élus sont plus réactifs à ce que les citoyens font. Ils ne sont pas proactifs. D’un autre côté, partir au combat avant le temps, je ne suis pas certain que ça vaut la peine. »

Le maire de Shefford, Éric Chagnon, n’a pas rappelé La Voix de l’Est.

Tracés

Étant donné la levée de boucliers dans la région, Hydro-Québec a formé un comité de travail, composé notamment de citoyens et de représentants des municipalités de Bromont et Shefford. Deux résidants du quartier Tournesol-Gauvin-Laurence doivent se greffer au groupe au terme de la séance d’information, indique le porte-parole de la société d’État, Maxence Huard-Lefebvre.

Toutefois, aucun nouveau tracé ne sera présenté aux citoyens jeudi, spécifie-t-il. Au préalable, dit-il, « le comité devra se pencher sur une nouvelle zone d’étude élargie » pour implanter la ligne électrique.

Initialement, Hydro-Québec devait dévoiler les tracés retenus d’ici la fin de 2019 ou au début de 2020. En raison d’un éventuel retour à la table à dessin, l’échéancier ne tient plus. « Et il n’y a rien d’arrêté en ce moment », mentionne M. Huard-Lefebvre.

De son côté, Yves Gosselin a évoqué qu’Hydro-Québec envisage d’implanter deux lignes électriques parallèles sur poteaux de bois, entre autres pour minimiser l’impact visuel. « Au même titre que toutes les autres possibilités aériennes, ce scénario pourrait être discuté et évalué en comité de travail, concède le représentant de la société d’État. Toutefois, nous parlerions plutôt de deux lignes monoternes sur portiques à 230 kV (et non à 120 kV). »

Paul Sauvé croit également qu’un nouveau scénario est incontournable. « Le bulldozer est devant nous. Pourquoi ne pas donner de choix à un nouveau tracé sur le bord de l’autoroute 10 avec des pylônes plus bas ? »