Certains membres du regroupement de citoyens du quartier Tournesol-Gauvin-Laurence à Shefford ont pris la parole lors de la période de questions pour proposer trois résolutions.

Nouvelle ligne d’Hydro-Québec à Shefford: les inquiétudes persistent

Les citoyens de Shefford continuent à s’inquiéter du projet de construction d’une nouvelle ligne électrique reliant le poste Cleveland, à Granby, à celui de Waterloo, et traversant la municipalité de Shefford. Une quarantaine de Sheffordois se sont déplacés au conseil municipal, mardi soir, afin de soutenir trois citoyens qui ont présenté trois résolutions en lien avec le projet.

Le fait que le tracé actuel proposé par Hydro-Québec risque de passer directement dans le quartier Tournesol-Gauvin-Laurence inquiète ses résidants. Non seulement le paysage serait défiguré, mais il pourrait y avoir des conséquences sur la santé et la valeur des propriétés, plaident-ils.

Certains membres du regroupement de citoyens habitant ce quartier ont pris la parole lors de la période de questions pour proposer trois résolutions.

D’abord, le regroupement réclame davantage de leadership de la part du conseil en lui demandant d’agir de façon concrète face à la situation, notamment en étant plus actif dans la démarche de révision de la version actuelle du projet de reconstruction à 230 kV de la ligne Cleveland-Waterloo.

Dans la résolution, on peut lire que le regroupement demande à ce que le conseil municipal le soutienne dans ses démarches sur ce sujet et que la municipalité signifie son objection au tracé actuel de la ligne proposée par Hydro-Québec.

« Ils nous soutiennent, mais ils n’ont pas signalé à Hydro que la ligne, on ne la veut pas comme ça. Ils attendent, ils sont passifs », a mentionné Martin Chartrand, représentant du regroupement de citoyens du quartier Tournesol-Gauvin-Laurence à Shefford.

Une autre résolution a été lue en ce qui concerne la gestion de l’implantation de centres de traitement de données.

« Lors de notre rencontre du 17 juillet, on a entendu que peut-être Hydro-Québec avait fait une demande pour un centre de données de cryptomonnaie, ce qu’ils ont démenti. Par contre, nous, on a une vidéo qui montre qu’ils l’ont dit », a expliqué Martin Chartrand pour justifier cette demande.

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Alors que la MRC Brome-Missisquoi a entrepris une réflexion sur l’implantation de tels centres, les citoyens souhaitent que la MRC de La Haute-Yamaska fasse de même. L’aspect du bruit associé à l’industrie de la cryptomonaie dérange les citoyens, mais surtout la consommation d’électricité. Le regroupement veut s’assurer que la ligne ne sera pas érigée pour un centre de données.

Le conseil prévoit adopter cette résolution le 9 octobre.

Rencontre mercredi

De plus, le regroupement ne souhaite pas participer au comité de travail proposé par Hydro-Québec. Effectivement, une rencontre doit avoir lieu mercredi à l’hôtel Le St-Martin à Bromont, et prévoit la participation de Bromont, Shefford, les MRC Brome-Mississquoi et de La Haute-Yamaska, du représentant de la députée provinciale Isabelle Charest et deux citoyens du comité de Shefford. Or, les deux citoyens invités par la société d’État refusent de participer, le regroupement n’ayant pas obtenu réponse à ses questions.

Un document écrit résumant leurs préoccupations et exigeant une révision de la version actuelle du projet a été remis aux représentants d’Hydro-Québec le 17 juillet dernier. Depuis, le regroupement n’a reçu aucune réponse concrète de leur part.

Dans ces propositions, le regroupement suggérait de changer la trajectoire de la ligne électrique, soit de la déplacer dans un quartier plus approprié ou de l’enfouir dans le quartier sur une distance de 1 à 2 km.

« Il ne faut pas oublier que la ligne passe dans le milieu de notre rue », a souligné Martin Chartrand.

François Tarte a indiqué pour sa part que la société d’État avait répondu au regroupement mardi. Toutefois, la réponse est demeurée floue sur la teneur de la rencontre de mercredi.

« On nous étire ça. Ça fait deux fois qu’on leur demande par écrit c’est quoi le projet avant d’aller s’asseoir là-bas sans savoir dans quoi on s’embarque. On veut savoir le mandat du comité. On ne connait pas le but de la rencontre », plaide-t-il.

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Dans tous les cas, Éric Chagnon, maire de Shefford, a confirmé aux citoyens, à la fin du conseil, qu’il participerait à la première rencontre de mercredi.

« J’ai pas le détail de cette rencontre-là, mais je vais là pour voir s’il y a des propositions. Je ne vais pas là nécessairement pour prendre position. La première étape c’est d’écouter ce qu’ils ont à nous dire et après ça on verra quel plan de match on prendra », a-t-il mentionné. « On n’a aucune idée de comment va fonctionner ce comité, mais j’ai l’impression qu’ils veulent jeter les bases pour voir comment ils pourront fonctionner », a-t-il poursuivi.

« J’aurais souhaité que [les deux citoyens] soient là quand même pour voir c’est quoi. Après ça, s’ils n’étaient pas satisfaits ils auraient pu boycotter le comité. C’est mon opinion et je respecte leur choix. »