Karine Vallières, copropriétaire de la boutique Durt Style, n’a que de bons mots pour le programme de subvention offert aux nouveaux commerçants au centre-ville de Granby.

Nouveaux commerces du centre-ville: une aide qui fait la différence

Le programme de subvention adopté l’an dernier par la Ville de Granby pour attirer de nouveaux commerces dans les locaux vacants du centre-ville suscite de l’intérêt et fait des heureux. Sept demandes ont été acceptées au cours des derniers mois et huit autres sont actuellement analysées.

Alors que l’enveloppe consacrée à ce programme de subvention est de 300 000 $, l’aide accordée aux sept nouveaux commerces totalise quelque 100 000 $. Et cette somme pourrait atteindre 238 000 $ si les huit autres dossiers à l’étude reçoivent le feu vert, affirme le directeur général adjoint de la Ville, Jean-Pierre Renaud.


«  Cette aide-là donne aux commerces le petit coup de pouce qui leur permet de franchir les premières années qui sont cruciales.  »
Jean-Pierre Renaud, directeur général adjoint de la Ville de Granby

« C’est très apprécié. C’est ce qui nous a incités à considérer la rue Principale pour ouvrir notre commerce », affirme Karine Vallières, qui, avec son conjoint et partenaire d’affaires, Patrick Gagnon, a implanté la boutique de prêt-à-porter pour les amateurs de sports hors route Durt Style, dans le local voisin d’Écolivres et de la librairie Le Repère.

Concrètement, le programme de la Ville permet l’octroi d’une subvention au loyer pour les locataires ou les propriétaires occupants de locaux commerciaux. Celle-ci est équivalente à une année de loyer pour un bail de trois ans et plus.

« On est ouverts depuis sept mois et ça répond super bien. On est surpris parce qu’on n’est pas encore très connu. Les gens sont très réceptifs au type de vêtements qu’on offre. [...] Mais la subvention nous aide pour les mois de janvier et février qui ne sont pas les plus forts », relève Karine Vallières, qui est aussi emballée par les services offerts par l’organisme Commerce Tourisme Granby et région.

Croissance

À quelques coins de rue de là, les propriétaires d’Amédaka, le jeu d’évasion qui a pignon sur rue près du parc Miner depuis juillet dernier, affirment que la subvention de la Ville leur a permis de croître plus rapidement que prévu. « Ça nous a permis d’ouvrir une troisième salle de jeux d’évasion. Plus de salles égale plus de revenus. Ça aide à notre développement », affirme Katie Turmel, qui fait équipe avec son conjoint Daniel Lussier dans cette aventure.

Le couple était déjà en pourparlers avec le propriétaire du local, qui a longtemps abrité le restaurant la Terrasse du parc, lorsqu’il a entendu parler du programme d’aide de la Ville. Ce n’est donc pas ce qui a fait pencher la balance pour ce secteur de la ville plutôt qu’un autre, dit Mme Turmel. Mais le coup de pouce n’est pas négligeable. Alors que le loyer annuel d’Amédaka est de 36 000 $, le commerce a droit à une aide financière maximale de 30 000 $.

« On sait qu’au début, lorsqu’une entreprise commence, son implantation entraîne des frais importants avant d’avoir les premiers revenus. Je considère que cette aide-là donne aux commerces le petit coup de pouce qui leur permet de franchir les premières années qui sont cruciales », souligne le directeur général adjoint de la Ville.

« C’est un succès, renchérit Jean-Pierre Renaud. Si les huit demandes en analyse sont acceptées, c’est près de 24 000 pieds carrés de nouveaux commerces au centre-ville. Ce qui est quand même important. »

Selon lui, une seule demande a été refusée à ce jour, car l’usage souhaité pour le nouveau commerce n’était pas admissible, selon les critères du programme.

La revitalisation du centre-ville est une priorité pour le conseil municipal de Granby, dit le maire Pascal Bonin.

Enveloppe bonifiée ?

Le maire Pascal Bonin estime pour sa part que cette démarche — qui s’inscrit en marge d’un important projet de revitalisation des infrastructures du centre-ville en 2020, 2021 et 2022 — démontre que le conseil municipal « croit fermement au centre-ville comme poumon économique et social ». « Il a décidé d’investir dedans. [...] Il y a à peine quelques années, ce qu’on entendait du centre-ville, c’était négatif et le constat d’un paquet de locaux vides. Ce qu’on n’entend plus », affirme-t-il, satisfait des résultats du programme.

Si l’enveloppe globale du programme de subvention est rapidement épuisée, les élus pourraient-ils décider de la bonifier ? Les retombées devaient justement être discutées lundi dans le cadre de la rencontre préparatoire du conseil municipal, note le maire. Les élus auront à se positionner, mais si un programme fonctionne, c’est qu’il répond à un besoin, croit Pascal Bonin.

Chose certaine, le programme de subvention est à l’origine de demandes d’informations régulières auprès de Commerce Tourisme Granby et région, affirme la codirectrice et coordonnatrice des événements commerciaux, Fanny-Ysa Breton. « J’ai au moins un appel par semaine pour ce programme-là. Et, dans la moitié des cas, ce sont des entrepreneurs de l’extérieur qui ont un intérêt », dit-elle.

Le maire Bonin affirme par ailleurs que le programme qui prévoit l’octroi d’un crédit de taxes de cinq ans aux projets qui entraîneront la construction d’un hôtel de trois étages et plus et d’un centre des congrès suscite aussi de l’intérêt. Des pourparlers se poursuivent avec deux chaînes hôtelières. « Mais on travaille plus fort avec une des deux. Ça va bien », dit le maire.