La clinique d’accès pourrait élargir ses plages horaire durant l’hiver, notamment pour pallier le pic de grippe et ainsi désengorger l’urgence.

Nouveau sursis pour la clinique d'accès de Granby

Lors de sa réouverture, il y a près d’un an dans le CLSC Yvan-­Duquette à Granby, la clinique d’accès devait être une « solution temporaire » pour permettre à la population d’être prise en charge par un médecin de famille et pour désengorger l’urgence. Or, le CIUSSS de l’Estrie a décidé de prolonger cette offre de services. Les récents départs de médecins à la retraite dans la région ont notamment pesé dans la balance.

« L’objectif de ne plus avoir de clinique d’accès est toujours dans la mire. Des fois, on a la pensée magique, mais ce ne sera pas à court terme. La clinique est au CLSC et elle y restera tant qu’on en aura besoin », a indiqué en entrevue la directrice des services généraux au CIUSSS de l’Estrie, Lyne Cardinal. 

Avant de quitter ses locaux de la rue Saint-Jacques, la clinique d’accès offrait des services à raison de 40 heures par semaine, assurés par une vingtaine de médecins qui se partageaient la tâche avec une infirmière. Quatre omnipraticiens prennent désormais en charge la clientèle à tour de rôle, deux jours par semaine. Ils sont épaulés par une infirmière et une secrétaire médicale. Selon la représentante du CIUSSS, sur environ 160 patients orphelins vus chaque mois, près du quart provient de l’urgence.

Bien que le CIUSSS de l’Estrie note une diminution du nombre de cas « non urgents », que l’on catégorise comme « P4-P5 » dans le milieu hospitalier, la clinique d’accès pourrait être appelée à accroître ses plages horaires. « La clinique remplit sa fonction dans le modèle actuel. On va réévaluer au cours de l’hiver prochain si on l’ouvre trois jours par semaine ou non », a mentionné Mme Cardinal, précisant que cette option est principalement envisagée durant le pic de grippe.

Départs

Du côté du CIUSSS, on préconise la prise en charge des patients qui n’ont pas de docteur attitré dans les Groupes de médecine de famille (GMF). En ce sens, Mme Cardinal a souligné le travail des équipes des GMF dans la région pour accroître l’accessibilité des services en élargissant leurs plages horaires, entre autres en offrant du « sans rendez-vous ». 

Notons qu’à ce jour, les taux d’inscription des omnipraticiens dans les Réseaux locaux de services (RLS) de la Haute-Yamaska et La Pommeraie dépassent 90 %, alors que la cible fixée par Québec est de 85 %. Selon les plus récentes données, 5000 personnes sont inscrites au Guichet d’accès à un médecin de famille (GAMF) en Haute-Yamaska. Ce nombre pourrait s’accroître sous peu, car le CIUSSS prévoit que trois médecins quitteront la profession en 2020. « Si on calcule que chacun d’eux prend en charge près de 1500 patients, ça fait bien du monde qui pourrait s’ajouter [au GAMF] », a-t-elle mentionné.

En ce qui concerne le RLS La Pommeraie, deux médecins ont cessé de pratiquer cette année. À ceux-ci s’ajoute le décès du Dr William Barakett, qui travaillait à la clinique de Lac-Brome. Notons que le centre de santé a perdu trois médecins sur six en deux ans. La situation est aussi précaire dans plusieurs autres municipalités de la région. 

Lyne Cardinal, directrice des services généraux au CIUSSS de l’Estrie.

Relève

C’est connu, les médecins de famille sont une denrée rare. Et ce n’est pas prêt de se résorber. Or, selon les données des plans régionaux d’effectifs médicaux (PREM), qui doivent être dévoilés sous peu, on prévoit l’arrivée de médecins dans la région en 2020 pour contrer les départs à la retraite, a indiqué Lyne Cardinal. 

Les PREM servent de balises pour attribuer les médecins par secteurs, tant ceux qui commencent dans la profession, que l’on nomme « nouveaux facturants », que ceux qui pratiquent déjà. Pour l’ensemble du territoire du RLS de la Haute-Yamaska, on prévoit l’ajout d’un nouveau facturant et d’un omnipraticien qui travaille dans le réseau. De son côté, le RLS La Pommeraie aura droit à deux médecins fraîchement gradués, tandis qu’un docteur expérimenté pourra y exercer sa profession.