La compagnie Transdev n’a pas encore tranché concernant l’avenir du stationnement incitatif près de la sortie 74 à Bromont.

Nouveau stationnement incitatif à Bromont: un homme d’affaires interpelle les élus

Réal Boucher est propriétaire de la station-service établie à proximité de la sortie 74 de l’autoroute 10 à Bromont. Depuis une dizaine d’années, il possède également le stationnement incitatif attenant. L’homme d’affaires appréhende les répercussions d’un éventuel déménagement du vaste parc automobile vers la sortie suivante.

«Ça fait des années qu’on permet à Bromont d’attirer de nouveaux résidants grâce au stationnement incitatif. Nos preuves sont faites, ça fonctionne à la sortie 74. Mais là, un nouveau projet pourrait faire mal à mon entreprise et aux autres autour. En plus, ça pourrait créer de gros problèmes de circulation à l’entrée de la ville. On ne peut pas laisser passer ça», a mentionné Réal Boucher, en marge de son intervention lors de la séance du conseil, lundi.

Le mégaprojet en question, dévoilé par La Voix de l’Est en octobre dernier, s’articule autour d’un vaste complexe sportif de 250 000 pieds carrés. Le promoteur Raymond Lapointe veut également construire sur le terrain de 1,6 million de pieds carrés un hôtel de quatre étages, auquel doivent se greffer quelques restaurants complémentaires à l’offre dans le secteur.

Des discussions sont aussi en cours avec Transdev pour aménager un stationnement incitatif. Le transporteur abandonnerait-il le site actuel ? Serait-il possible de maintenir les deux arrêts ? La porte-parole de l’entreprise, Camille Bouillier, est demeurée évasive à ce sujet. «On regarde toutes les options», avait-elle indiqué en entrevue.

Les élus de Bromont ont fait un pas de plus dans le dossier en adoptant, lundi, un second projet de règlement afin de modifier le zonage pour autoriser la construction des infrastructures, notamment l’hôtel, car les immeubles de quatre étages n’étaient pas permis.  

Conditions

Questionné par M. Boucher à propos de l’affluence d’automobilistes à l’entrée de la municipalité, notamment sur le boulevard de Bromont, le maire Louis Villeneuve s’est dit «préoccupé» par l’ensemble des enjeux de circulation sur le territoire.

«Évidemment qu’on ne veut pas voir la rue Shefford envahie chaque matin comme c’est le cas à L’Île-des-Sœurs», a-t-il répondu à l’homme d’affaires.

D’ailleurs, M. Villeneuve, ainsi que le directeur général de Bromont, Éric Sévigny, doivent rencontrer cette semaine le ministre des Transports et député de Granby, François Bonnardel, pour étudier le dossier et trouver des pistes de solution.

De plus, le maire a insisté sur l’aspect «conditionnel» de la résolution adoptée concernant le mégaprojet.

«Ce n’est pas un chèque en blanc. Peu importe ce qui [est prévu sur le site], si ça répond aux critères, on ne peut pas le refuser. Le conseil municipal a toujours l’option de décider qu’un projet ne cadre pas avec [notre vision] pour Bromont. On n’ira pas faire quelque chose qui va nous engorger.» 

Selon Louis Villeneuve, aucun projet n’a officiellement été déposé à la municipalité par M. Lapointe. Toutefois, nul doute que la Ville souhaite une autre vocation pour le vaste site.

«On veut trouver une façon de rentabiliser ces terrains à l’entrée de la ville. On ne peut pas dire qu’un stationnement de marché aux puces soit très attrayant», a noté le maire de Bromont.