Plusieurs dignitaires, commerçants locaux et citoyens sont venus découvrir le nouveau magasin, beaucoup plus moderne­.

Nouveau départ pour les frères cisterciens

Il y a tout près d’un an, le magasin de l’Abbaye cistercienne de Rougemont disparaissait sous les flammes. La communauté a toutefois relevé ses manches et c’est dans la bonne humeur que le nouveau bâtiment a été inauguré, mercredi.

Plusieurs dignitaires, commerçants locaux et citoyens sont venus découvrir le nouveau magasin, beaucoup plus moderne, auquel se sont greffés un entrepôt, un espace pour la transformation des pommes, un bloc sanitaire doté d’une douzaine de toilettes ainsi qu’un centre culturel où seront organisés camps, concerts, conférences et autres activités religieuses.

C’est dans la nuit du 17 au 18 septembre dernier qu’un incendie dont l’origine est encore inconnue à ce jour s’est déclaré dans le bâtiment utilisé notamment pour l’entreposage et la transformation des pommes en jus, en cidre et en tartes. L’édifice de 15 000 pieds carrés s’est avéré une perte totale, au petit matin, le feu ayant aussi emporté les équipements qui servaient à la préparation des produits qui y étaient vendus. Seul un écriteau en forme de pomme n’a pas péri, bien qu’il soit fait de bois.

La perte était d’autant plus grande pour les moines de l’abbaye, qui avaient eux-mêmes construit, rénové et aménagé l’endroit au fil du temps, en plus de voir le pan le plus important de leur économie partir en fumée en pleine saison forte.

Le sinistre, qualifié de « réveil brûlant » par le père abbé Dom Raphaël, responsable et porte-parole de l’Abbaye, n’avait heureusement pas fait de blessé. Une cinquantaine de sapeurs de Saint-Césaire, Marieville, Richelieu, Rougemont et Sainte-Angèle-de-Monnoir avaient été déployés sur place.

Dans la nuit du 17 au 18 septembre dernier, un incendie s’est déclaré dans le bâtiment utilisé notamment pour l’entreposage et la transformation des pommes.

Le verger de l’abbaye — qui compte quelque 13 000 pommiers et 3000 poiriers — ayant été épargné par l’incendie, la communauté avait lancé un appel à tous afin que les recettes de l’autocueillette permettent de financer la reconstruction du magasin, qui grâce à une fenestration abondante, permet de voir la montagne faisant la renommée du village et, le soir venu, la croix illuminée à son sommet.

Une leçon de résilience
C’est une leçon de résilience que l’ancien maire de la municipalité, Alain Brière, a tirée du sinistre. « Ça m’a fait beaucoup de peine, cet incendie, se rappelle-t-il. C’était un lieu saint, un lieu important pour la municipalité. Quand j’en ai parlé avec le père Raphaël, il m’a aidé à mieux l’accepter. Il m’a dit que c’était malheureux, mais que le nouvel édifice allait servir pour les prochaines générations. »

C’est d’ailleurs un message porté vers l’avenir qu’a livré le père Raphaël en présentant au public les installations au goût du jour, mais aussi adaptées aux besoins de demain. « Ce qui aurait pu être une tragédie s’est transformé en une merveilleuse occasion de renouveau », a-t-il lancé, mentionnant plus tard « que ce qui semblait d’abord une malédiction s’est transformé en bénédiction ».

Beaucoup plus grand que le précédent, le bâtiment imaginé par l’architecte Justin Viens et réalisé par l’équipe de l’entrepreneur Denis Rivard a été érigé en environ quatre mois, le chantier ayant été retardé en raison des pluies abondantes du printemps. « Tout ce chef-d’œuvre reste un rêve tant que les artisans ne lui donnent pas vie », a commenté le porte-parole de l’abbaye.

C’est un message porté vers l’avenir qu’a livré le père Raphaël en présentant au public les installations au goût du jour, mais aussi adaptées aux besoins de demain.

Ce faisant, la communauté cistercienne continuera d’œuvrer au développement agrotouristique de Rougemont, bien qu’elle ait choisi de renoncer à la confection de chocolat et de cidre pour se concentrer sur la production de jus et de moût de pommes. Le magasin ne sera, par ailleurs, pas ouvert toute l’année.

Le père Raphaël n’a pas manqué de souligner la « réconfortante solidarité de nos voisins », membres de la communauté rougemontoise venus en aide aux frères alors qu’ils en avaient le plus besoin. « Je suis fier d’être un citoyen de Rougemont et de faire partie d’un village d’artisans ayant le souci du beau, du véritable », a-t-il souligné avant de bénir les lieux.