Notre-Dame-de-Stanbridge a célébré ses 130 ans d’histoire avec la Fête dans l’rang, qui revenait pour une 8e année.

Notre-Dame-de-Stanbridge fête son passé et son avenir

C’était la fête à Notre-Dame-de-Stanbridge samedi. La petite municipalité de moins de 700 habitants a célébré ses 130 ans d’histoire avec la Fête dans l’rang, qui revenait pour une 8e année. Au cœur de ce récit historique, le marché Gendreault, qui a servi ses premiers clients il y a 75 ans.

Bien que le nom de l’événement laisse croire le contraire, la Fête dans l’rang avait bel et bien lieu au coeur du village, à l’arrière de l’école primaire Saint-Joseph.

« Les années précédentes, c’était organisé sur une ferme. Cette fois, on voulait mettre l’accent sur l’histoire de la municipalité, de l’église et du marché Gendreault », a souligné Carole Dansereau, membre du comité organisateur de l’événement.

Pourquoi mettre la petite PME au coeur des célébrations ? « C’est le plus vieux commerce du village ! Le seul qui a continué à travers les années », a noté Mme Dansereau.

Comme cette dernière, une trentaine de bénévoles provenant de diverses organisations se sont impliqués pour faire de l’événement un succès.

« Nous avons une équipe très dynamique. C’est sûr qu’au conseil on s’efforce aussi d’être dynamique, mais les bénévoles y sont pour beaucoup. C’est merveilleux de voir autant d’implication dans une municipalité comme la nôtre ! », s’est réjoui le maire de Notre-Dame-de-Stanbridge, Daniel Tétreault.

Le marché Gendreault, le plus vieux commerce du village, était au cœur des célébrations.

Marché Gendreault

Il y a toujours un va-et-vient constant au marché Gendreault, une petite épicerie qui fait affaire sous la bannière Axep. Mais en plus des clients habituels, une faune de visiteurs curieux a pu, samedi, prendre part à une visite historique et s’arrêter à l’entrée du commerce établi en bordure du chemin de Saint-Ignace. 

Les amateurs d’histoire pouvaient se considérer chanceux, puisque le petit tour guidé était animé par Ginette Simard Gendreault, ancienne copropriétaire du commerce, ancienne mairesse du village de 2009 à 2017 et, surtout, grande férue d’histoire.

« Le marché a beaucoup changé au fil des ans, a expliqué Gaétan Gendreault. Au début, on était dans un bâtiment de l’autre côté de la rue et ici, c’était un garage. Au début des années 80, nous avons déménagé ici et, il y a une vingtaine d’années, nous avons agrandi encore », se rappelait-il.

Le boucher représente la seconde génération de Gendreault à s’être occupé du commerce. Même s’il continue d’y travailler quotidiennement, il a déjà passé le flambeau à une troisième génération, plus précisément à sa fille Kim et son conjoint, Robert Jan Marini.

« Ils arrivent avec de nouvelles idées pour développer le commerce », a relevé Gaétan Gendreault, en faisant allusion au tournant écoresponsable entamé depuis quelque temps. En effet, le marché encourage les clients à apporter leurs propres contenants, notamment lors de leurs emplettes à la boucherie.

Les sacs de plastique ont également été complètement retirés du commerce samedi, pour concorder avec la fête au village.

Guillaume Tétreault a présenté l’histoire de l’église aux visiteurs samedi.

Fresques cachées

Impossible de parler de l’histoire de la municipalité sans aborder celle de son église qui trône massivement au centre de Notre-Dame-de-Stanbridge. Guillaume Tétreault, fier Stanbridgeois et mordu d’histoire, avait d’ailleurs une surprise pour ses concitoyens et les visiteurs.

Samedi matin, tous ont pu admirer, et ce pour la première fois, les fresques peintes sur les murs de leur église par le peintre Édouard Meloche à la fin du 19e siècle. L’histoire rocambolesque de leur création et de leur disparition a d’ailleurs été racontée par M. Tétreault.

Au lendemain de l’inauguration de l’église, le peintre Édouard Meloche avait obtenu le contrat de décorer ses murs et son plafond d’images à l’effigie des apôtres et d’autres éléments bibliques. Le résultat, qui donnait une forte impression, pouvait toutefois être intimidant au premier coup d’oeil.

« C’est peut-être pour ça que dans les années 70, après le deuxième concile qui demandait à l’Église de se rapprocher du peuple, que le prêtre de la paroisse a décidé de recouvrir les fresques de peinture », a raconté Guillaume Tétreault.

Heureusement, les peintures originales, probablement peintes à la peinture au plomb, ont été recouvertes d’un vernis au milieu des années 40. Cet ajout a permis leur restauration.

« J’ai commencé, il y a plusieurs années, à gratter la peinture qui les recouvre. C’est surprenant comment, avec simplement un grattoir, on peut avoir accès à l’oeuvre », a noté M. Tétreault.

Pour l’occasion de la Fête dans l’rang, Guillaume Tétreault a terminé de nettoyer un coin du plafond qui laisse aux visiteurs un aperçu de ce à quoi pourrait ressembler l’église après la restauration. Le projet complet pourrait se chiffrer à 100 000 $. La municipalité espère d’ailleurs pouvoir profiter de subventions venant des deux paliers de gouvernement pour aller de l’avant.

« C’est une œuvre qui a un grand intérêt historique. Si l’histoire n’a pas retenu le nom d’Édouard Meloche, les spécialistes d’art connaissent bien Toussaint-Xénéphon Renaud, qui était son apprenti. Il aurait, lui aussi, probablement travaillé sur le projet », a souligné Guillaume Tétreault.

Fête écoresponsable

Si les citoyens de Notre-Dame-de-Stanbridge aiment bien se rappeler leur histoire, ils ont résolument les yeux tournés vers l’avenir avec une grande préoccupation environnementale. Une préoccupation qui se retrouvait d’ailleurs au coeur de la Fête dans l’rang samedi.

La plupart des exposants se sont inscrits dans cette démarche et la programmation de la fête comprenait également divers ateliers sur le sujet.

« Depuis l’année passée, on invite les gens qui participent à notre souper à apporter leur propre vaisselle. L’an dernier, 60 % des gens l’avaient fait et on espérait que ce soit davantage cette année. La grosse nouveauté, c’est que nous avons invité des concessionnaires à venir avec des voitures électriques pour inciter les gens à les essayer et à se tourner vers leur utilisation dans le futur », a mentionné un des organisateurs de la Fête.

L’an prochain, le site où le chapiteau est normalement installé accueillera également un grand jardin intergénérationnel. Des élèves de l’école primaire étaient d’ailleurs présents samedi pour parler du projet.

Derrière l’initiative, André Forté, passionné de jardinage et ancien réalisateur de La semaine verte. Ce dernier n’espère rien de moins que de voir le projet s’intégrer au cursus scolaire à l’école primaire Saint-Joseph dès la rentrée 2020-2021.