Nos voisins les Bérets blancs: discrets, mais bien présents

Quelques personnes, attablées dans la grande salle de la Maison de l'Immaculée, jouent à un jeu de société qui ressemble au Monopoly. On nous explique qu'il faut compléter deux parties pour mettre fin au jeu. Lors de la première, on suit les règles du système économique capitaliste actuel. Rapidement, chaque joueur se retrouve en faillite. Tout le monde perd. On joue plutôt la seconde partie en fonction du crédit social. Tout le monde gagne.
Ils ne sont plus que 25 à vivre à temps plein dans la communauté des Pèlerins de Saint-Michel, qui s'est établie à Rougemont en 1962. La moitié moins qu'il y a quelques années à peine, et encore moins qu'il y a quelques décennies. Dans Les Bérets blancs à la croisée des chemins, étude parue en 1998, le sociologue retraité Jean-Guy Vaillancourt chiffrait à 2000 le nombre de membres québécois du mouvement à l'époque, une statistique qu'il estimait stable depuis une dizaine d'années.
Marcel Lefebvre, qui a agi comme guide lors du passage de La Voix de l'Est dans l'enceinte de la communauté, ne le nie pas: la communauté vieillissante peine à renouveler sa base militante au fur et à mesure que ses membres s'éteignent et le recrutement se fait de plus en plus difficile. La déconfessionnalisation des écoles et le mode de vie contemporain n'aident pas à mobiliser les nouvelles générations. «C'est un fait qu'ici, nos communautés religieuses ont du mal à recruter. Depuis une cinquantaine d'années, nos jeunes ont eu une formation qui les a portés davantage à se faire servir qu'à servir. Malgré tout, un certain nombre de jeunes de nos familles suivent nos activités et nos combats. D'autres se retirent pour fonder un foyer, mais demeurent quand même dans l'oeuvre pour nous aider.»
Coïncidence, au même moment, une jeune femme, peut-être âgée de la trentaine et modestement vêtue, traverse rapidement la pièce, en silence, non sans nous adresser un sourire. Une fillette fera de même quelques instants plus tard.
C'est surtout ailleurs dans le monde que le mouvement connaît un essor, où ils seraient un millier de pèlerins à prêcher pour une meilleure justice sociale en Europe et en Afrique.
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