La CPTAQ a refusé la demande de la MRC de la Haute-Yamaska qui souhaitait exclure du territoire agricole une partie du territoire de la ville de Granby pour la réalisation d'un mégaprojet commercial.

Non au mégaprojet commercial de 100 M$ à Granby

Nouveau revers pour le mégaprojet commercial La Place du marché à Granby. La Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) a refusé la demande de la MRC de la Haute-Yamaska, qui souhaite exclure du territoire agricole une partie du territoire de la ville de Granby pour permettre la réalisation de ce projet.
« La Commission considère toujours qu'il y a des sites de moindres impacts permettant de réaliser le projet tout en répondant aux critères de base établis par la demanderesse, tout en ayant des contraintes semblables à celles présentes sur le site visé », a fait valoir la CPTAQ dans sa décision rendue le 31 janvier 2017, dont La Voix de l'Est a obtenu copie. 
Le projet La Place du marché n'est pas nouveau. Il est dans les cartons depuis 2011. L'architecte granbyen Denis Favreau en est le promoteur. Selon la description qui en a été faite à la CPTAQ, ce projet, qui entraînerait des investissements de 100 millions $, se veut à l'image du Quartier Dix30, à Brossard. Il est souhaité de construire, sur un terrain en partie boisé situé au nord du boulevard David-Bouchard, en face du cinéma Élysée, un centre des congrès de 60 000 pieds carrés et un hôtel de 120 chambres. Un complexe commercial de 500 000 pieds carrés­ est aussi envisagé. 
En 2014, la Commission avait déjà déposé une orientation préliminaire défavorable au projet. La MRC de la Haute-Yamaska avait alors demandé une audience à la CPTAQ ; audience qui s'est finalement déroulée en mai 2016. L'organisme était en délibéré depuis ce temps, bien que la réflexion ait été suspendue momentanément l'automne dernier à la suite de la réception des observations écrites d'un Granbyen, Guillaume Malenfant­, dans le dossier.
Arguments
La MRC de la Haute-Yamaska, appuyée par la Ville de Granby, a pourtant bien tenté de faire la démonstration qu'aucun autre site ne peut accueillir le projet. Car différents critères de localisation et de superficie ont été établis, dont la proximité du pôle commercial de grandes surfaces existantes et du Zoo de Granby, de même qu'une superficie de 20 hectares d'un « seul tenant ». Plus d'une dizaine d'espaces ont ainsi été analysés, la majorité ne répondant toutefois pas aux critères­ pour différentes raisons. 
Lors de l'audience, un agronome, Daniel Labbé, a affirmé que la réalisation du projet commercial n'aurait pas d'incidence sur « le potentiel et les possibilités d'utilisation des lots voisins puisqu'ils cohabitent déjà avec le périmètre urbain ». Un ingénieur forestier, Christopher Chapman, a pour sa part assuré qu'il « n'y a pas de potentiel acéricole sur le site visé », selon la décision de la CPTAQ.
Également à cette occasion, le maire Pascal Bonin a déclaré qu'un « refus serait néfaste pour l'avenir de la ville et aurait un impact économique excessivement négatif à long terme dans plusieurs secteurs », lit-on encore dans le document de la Commission.
Devant la CPTAQ, le maire Pascal Bonin avait déclaré qu'un «refus serait néfaste pour l'avenir de la ville et aurait un impact économique excessivement négatif à long terme dans plusieurs secteurs».
Potentiel agricole
Mais tous ces arguments n'ont pas su convaincre les commissaires de la CPTAQ. Si le projet a plusieurs alliés, il a aussi suscité l'opposition de l'Union des producteurs­ agricoles (UPA). 
La CPTAQ semble sensible à cette position. « Ainsi, la Commission est toujours d'avis qu'une partie importante du site visé a un potentiel agricole intéressant et qu'il s'agit, pour la Commission, d'une ressource sol qui mérite d'être préservée pour l'agriculture », est-il notamment relevé dans son argumentaire détaillé.
La MRC de la Haute-Yamaska dispose de 30 jours pour contester la décision de la Commission devant le Tribunal administratif du Québec. Il n'a pas été possible d'obtenir des commentaires. Le conseil des maires sera saisi du dossier, possiblement à la séance de mars, a laissé savoir la coordonnatrice aux communications, Marlène Pawliw.
Le promoteur, Denis Favreau, n'a pas rappelé La Voix de l'Est.