« Ce livre est pour moi un plaidoyer en faveur de la relève agricole de proximité notamment bio qui permettra à l'agriculture d'exister bien au-delà de 2040 », note Noël Vinet, auteur et agriculteur.

Noël Vinet lance son nouveau livre sur l'agriculture

Noël Vinet, agriculteur, auteur et éditeur, a lancé mardi son tout nouveau livre retraçant l'évolution de l'agriculture à partir des années 1700. L'ouvrage aborde également l'avenir de l'agriculture qui, selon l'auteur, passe par la culture bio et de proximité.
« Pour savoir où tu vas, il faut savoir d'où tu viens », croit Noël Vinet, dont le procédé de rédaction est similaire d'un livre à l'autre. Il a ainsi réalisé une profonde recherche pour saisir l'histoire de l'agriculture depuis 1700. En plus de visites chez de nombreux agriculteurs, l'auteur a puisé dans sa propre expérience du milieu pour présenter les enjeux actuels du milieu agricole québécois. 
« Quand tu es connecté sur les tendances de l'industrie, sur les fournisseurs de produits, sur les produits en développement, tu connais déjà les tendances », juge-t-il. Et selon lui, l'avenir de l'agriculture passe d'abord par la culture bio et de proximité. « On est même en retard, dit-il. C'est les consommateurs qui nous poussent dans cette tendance-là. Les grands magasins, Metro et IGA, nous ouvrent les portes. Ils veulent des produits locaux et bios ». 
Le problème selon lui, est qu'il n'y a pas assez de maraîchers et de fermes bio au Québec. « On [les agriculteurs québécois bio] ne fournit même pas 2 % de ce qu'on pourrait fournir », dit-il. « Les jardiniers maraîchers, avec un hectare bien travaillé, peuvent approvisionner 200 familles. C'est une révolution ».
« Mais on ne veut jamais publier un livre en citant des problèmes. On est là pour proposer des solutions », précise-t-il. Ce qu'il propose : un modèle nouveau genre qui a pris forme à Bromont. 
Bromont avant-gardiste
« En agriculture, en ce moment, tu as beau avoir une terre de 100 ou 200 arpents, tu ne peux pas avoir deux habitations sur cette terre », explique l'agriculteur d'expérience. « Tu pourrais être trois familles pour exploiter la ferme, mais tu ne peux pas ».
Or, à Bromont, un projet avant-gardiste a vu le jour. L'agriculteur Pierre Vinet [aucun lien de parenté, ndlr], la Ville de Bromont et le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) ont fait changer les règlements. Résultat : les propriétaires des terres agricoles de Bromont peuvent sous-louer des parties de leurs terres, à condition que la personne sous-loue pour un minimum de 20 ans et travaille à plein temps sur sa culture maraîchère.
Une façon d'optimiser les terres agricoles locales. « C'est un modèle à copier partout au Québec et au Canada. C'est ça qui va permettre aux jeunes maraîchers qui n'ont pas d'argent d'éviter de s'endetter et de pouvoir opérer quand même », estime-t-il.
Les chevaux
« Les gens pensent que le cheval en agriculture, c'est fini et dépassé », déplore également Noël Vinet. Or, l'utilisation du cheval va de pair avec le modèle que le livre propose pour le futur. « Pour des fermes en bas de 100 arpents, il y a une niche avec les chevaux. L'investissement est faible, pas besoin de mettre un million en machinerie. Tu récupères le fumier pour faire de l'engrais, parce que l'engrais chimique coûte une fortune aujourd'hui », mentionne-t-il précisant qu'il « y a un retour vers ça ».
D'ailleurs, il ajoute que beaucoup d'entreprises ont commencé à développer des équipements modernes pour travailler avec les chevaux. Le principal problème avec les tracteurs - la compaction du sol - peut entraîner une réduction de la capacité productrice des terres de 50 % après quelques années.
« Ce livre est pour moi un plaidoyer en faveur de la relève agricole de proximité - notamment bio - qui permettra à l'agriculture d'exister bien au-delà de 2040 », résume M. Vinet.