Les changements climatiques accélèrent la dégradation de la chaussée et favorisent la multiplication de nids-de-poule, confirme le maire de Granby.

Nids-de-poule: difficile de réparer dans le contexte actuel, selon la Ville de Granby

Les épisodes de gel et de dégel favorisent l’apparition de nids-de-poule dans la chaussée. Mais le service des travaux publics de la Ville de Granby peine à trouver le bon moment pour procéder aux réparations.

« On essaie d’en faire quand on a de petites fenêtres d’opportunité. Mais elles ne sont pas présentes depuis deux semaines et les variations de température font en sorte que les nids-de-poule apparaissent plus vite. On essaie d’en faire le plus possible. Mais la priorité est vraiment d’éliminer l’eau le plus possible avant que ça gèle à nouveau », a fait valoir le directeur des travaux publics, François Méthot-Borduas.

Selon lui, des efforts étaient déployés mardi pour déglacer les puisards et permettre à l’eau de s’écouler ainsi que pour épandre des abrasifs sur les trottoirs, alors qu’une nouvelle chute du mercure était annoncée durant la nuit.

Au cours des derniers jours, ce sont des opérations de tassement et d’enlèvement de la neige qui étaient réalisées.

« On est conscients des nids-de-poule et on aimerait ça embarquer là-dedans et ne faire que ça, mais c’est difficile dans le contexte actuel », déplore François Méthot-Borduas.

Travaux de 1,5 million $

Le maire Pascal Bonin a affirmé, lors de la dernière séance du conseil municipal, que les changements climatiques — et le yoyo du mercure — accélèrent la dégradation de la chaussée. Certains axes sont « à bout de souffle », reconnaît-il.

Selon lui, toutes les villes sont dans la même situation. Elles doivent en plus composer avec la « hausse vertigineuse » des coûts du bitume, une des composantes de l’asphalte. « On n’arrive pas à freiner la dégradation, malgré les budgets qu’on y met », ajoute-t-il.

Alors que la Ville de Québec a retardé des chantiers l’été dernier face aux coûts en hausse, Granby n’en a stoppé aucun, dit le maire. Les élus ont d’ailleurs accepté en début de semaine la liste préliminaire des tronçons de rue qui feront l’objet de travaux de réfection et de rapiéçage mécanisé. Quelque 1,5 million de dollars seront investis cette année dans ces opérations.

Du rapiéçage mécanisé, qui consiste à sceller la chaussée avec l’application d’une mince couche d’asphalte pour ralentir la formation de trous et de fissures, devrait notamment être réalisé sur des segments des rues de Boisjoli, Irwin, Tracy, Paré, Dufferin, Moreau et Saint-Joseph. D’autres chantiers de plus grande envergure seront aussi mis de l’avant, dont la réfection de la rue Saint-Hubert Nord.

Alors que les critiques des citoyens se font nombreuses sur les réseaux sociaux sur l’état du déneigement ou la présence des nids-de-poule, Pascal Bonin croit cependant que les attentes de certains sont « irréalistes par rapport au climat ». Qui plus est, plusieurs n’adaptent pas suffisamment leur conduite aux conditions de la chaussée, croit-il.