Porte-parole de la Fédération autonome de l’enseignement, Nicolas Dionne croit que le changement doit s’opérer de l’intérieur.

Nicolas Dionne pour des changements concrets

Venant d’une famille très politisée et avec des parents ayant voté OUI lors des deux référendums, Nicolas Dionne n’attendait plus que le bon moment pour faire le saut avec le Parti québécois. « J’ai toujours voulu le faire ; je ne savais seulement pas où et quand », affirme le candidat investi dans Iberville.

L’occasion s’est présentée en 2016 lorsqu’il a tenté sa chance à la succession de Bernard Drainville dans Marie-Victorin. Défait par Catherine Fournier, le Longueuillois s’est tourné vers Iberville, ou il compte bien s’établir s’il est élu.

Négociateur et porte-parole de la Fédération autonome de l’enseignement pour la ronde de 2015, M. Dionne croit que le changement doit s’opérer de l’intérieur. « Pendant les négociations, on a eu affaire au Conseil du Trésor, note-t-il. C’est là que j’ai commencé à comprendre les rouages de l’État [...] Les syndicats peuvent tenter d’améliorer la situation des travailleurs, mais c’est le gouvernement qui tient les cordons de la bourse. C’est en passant par celui-ci qu’on peut faire des changements concrets. »

Priorités
Le père de cinq enfants a complété un baccalauréat en gestion de même qu’une maîtrise en droit social et du travail à l’Université du Québec à Montréal. Une carrière diversifiée de 18 ans dans le secteur de l’éducation fait en sorte que cette thématique lui tient beaucoup à cœur. « Je dirais même que c’est mon dada », confie-t-il.

M. Dionne souhaite également se faire le porte-voix des agriculteurs, qui n’ont pas d’écoute au gouvernement selon lui. « Je suis sur le terrain depuis septembre. J’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs producteurs agricoles et de prendre connaissance des enjeux qui leur tiennent à cœur », relève-t-il.

Les développements récréotouristique et économique de la région figurent aussi parmi ses engagements. « Ça ne se fait pas en criant ciseau, mais il faut accorder des ressources et de l’aide à ceux qui y contribuent », estime le candidat.

L’amélioration du transport en commun interurbain le préoccupe aussi. « [Les] gens se rendent au travail en voiture s’ils ne vont pas vers Montréal, parce qu’ils n’ont pas d’autre option », soutient-il.

Pas un « mandat parlementaire »
Au Parti québécois, M. Dionne succède à Marie Bouillé, qui avait représenté la circonscription à l’Assemblée nationale de 2008 à 2014, avant d’être défaite par l’actuelle députée Claire Samson.

S’il est élu, il compte être un député présent pour ses concitoyens. « Madame Samson vient d’effectuer un premier mandat que j’estime parlementaire. On ne l’a presque pas vue sur le terrain », affirme le candidat.

UNE PÉTITION POUR GARDER LE SANS RENDEZ-VOUS

Les candidats péquistes dans Iberville et Chambly, Nicolas Dionne et Christian Picard, militent activement pour renverser la délocalisation de certains services au CLSC de Richelieu. Une pétition a d’ailleurs été lancée.

Rappelons qu’à la fin mai, le CLSC a fait savoir sur son site Internet qu’il « réaménageait présentement certains services ». Ce faisant, l’accès aux consultations médicales deviendra exclusif aux patients y ayant un médecin de famille, et ce, à partir du 18 juin. On invitait du même coup les autres résidents du secteur à s’inscrire au guichet d’accès et à se rendre dans une superclinique de Saint-Jean-sur-Richelieu pour y voir un médecin.

En réaction, M. Picard a lancé le 28 mai la campagne « Non à la délocalisation des services de notre CLSC », avec l’appui de son collègue. Ils dénoncent entre autres que quelque 8000 personnes sans médecin de famille devront parcourir 20 kilomètres, et même plus s’ils doivent prendre le transport en commun, pour une consultation. Christian Picard affirme que ce trajet engendrera « des coûts, des délais et des tracas inutiles » pour cette clientèle, dont une partie est déjà vulnérable.

La campagne est assortie d’une pétition — disponible sur le site internet du Parti québécois — ayant recueilli, à ce jour, plus de 215 signatures. Tant M. Dionne que M. Picard comptent accentuer leur présence sur le terrain afin d’augmenter le nombre d’appuis à leur initiative.

Enjeu électoral

Les candidats sont d’avis que ce dossier constituera un enjeu au cours de la prochaine campagne électorale. Ils indiquent qu’un gouvernement formé par le Parti québécois rétablirait les services transférés de Richelieu à Saint-Jean-sur-Richelieu, en plus d’assurer l’ouverture des CLSC de 9 h à 21 h, chaque jour, et d’élargir le champ d’action d’autres professionnels de la santé, comme les infirmières et les pharmaciens. 

« On doit revenir à des services de proximité, martèle M. Dionne. On doit s’assurer qu’il y ait le moins d’obstacles possible dans l’accès aux soins. »

La semaine dernière, les députés caquistes de Chambly et d’Iberville, Jean-François Roberge et Claire Samson, ont eux aussi fait une sortie publique dénonçant la mesure. Ils étaient pour l’occasion accompagnés d’une dizaine d’élus de leur circonscription. 

« C’est dommage parce qu’ils sont sortis seulement après que nous on ait dénoncé et que ça s’est rendu dans les journaux, déplore M. Picard. De plus, ils ne nous ont pas invités à faire partie du front commun. Ça montre qu’ils ne travaillent pas pour la population ni en équipe. »

Les candidats péquistes dans Iberville et Chambly, Nicolas Dionne et Christian Picard, militent activement pour la restauration des consultations sans rendez-vous pour les patients orphelins au CLSC de Richelieu.