« Ce qui va régler le problème de façon définitive, c’est d’avoir un troisième neurologue à Granby », estime le Dr Guillaume Lafortune (à gauche sur notre photo). En octobre dernier, il avait lancé un appel à l’aide, de concert avec son collègue neurologue, le Dr Jean-Pierre Claude, réclamant plus de ressources.

Neurologie: des solutions sur la table

L’appel à l’aide des deux neurologues de Granby n’aura pas été vain. Le CIUSSS de l’Estrie travaille de concert avec les deux spécialistes pour trouver des pistes de solutions afin de leur donner un peu d’oxygène tout en allégeant la liste d’attente pour une consultation. Une réunion a eu lieu en ce sens mardi.

« Voir la liste d’attente allonger, c’était très inquiétant pour nous. Le feu était pris, a imagé le Dr Guillaume Lafortune. C’était dangereux pour certains patients. Le CIUSSS a bougé. C’est important de le souligner. »

En fait, depuis deux ans, le service de neurologie renaît à Granby avec l’arrivée du Dr Jean-Pierre Claude en 2015, puis de son collègue, le Dr Guillaume Lafortune, l’année suivante. Toutefois, malgré toute leur bonne volonté, ils ne suffisent pas à la tâche.

Pour garder la tête hors de l’eau, les spécialistes souhaitent entre autres être épaulés par une secrétaire, et possiblement par une infirmière clinicienne. Cette partie du dossier aux nombreuses ramifications est présentement à l’étude, a confirmé Marie-France Thibeault, du service des communications du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Estrie.

« L’aide de secrétariat des médecins, ça ne se fait pas dans le CIUSSS de l’Estrie-CHUS, a-t-elle mentionné. Y a-t-il des regroupements possibles entre les médecins ? On est en train de regarder ça. »

À ce chapitre, le Dr Lafortune entrevoit un dénouement positif. « Malgré les compressions et les déficits budgétaires, le CIUSSS a mis en place un comité qui dit que dans la première moitié de 2018, on devrait avoir de l’aide [de secrétariat]. »

En mode action
La Voix de l’Est rapportait en octobre que la liste d’attente pour une consultation en neurologie à Granby s’allongeait, étant passée de 494 à plus de 900 personnes en un an.

Pour stopper l’hémorragie, le CIUSSS de l’Estrie a transféré 103 de ces usagers vers une clinique privée en Montérégie afin qu’ils se soumettent à des examens d’électromyographie (EMG). Selon les plus récentes données, la liste d’attente est maintenant de 805 (nouveaux) patients.

De plus, une lettre a été envoyée à tous les usagers qui attendent depuis plus de 10 mois pour confirmer si une consultation en neurologie est toujours pertinente selon leur état de santé actuel, a indiqué Marie-France Thibeault.

Le Dr Lafortune qualifie ces deux mesures de « soupape pour faire baisser la pression ». « Tout reposait sur nos épaules, alors que l’on sait que l’on n’a pas les effectifs nécessaires. [...] Nos supérieurs à Sherbrooke ont trouvé des solutions pour que les patients soient vus dans les délais prescrits à l’extérieur de Granby. Ça offre une sécurité à la population. Ce n’est pas parfait, mais on est contents que les choses bougent », reconnaît-il.

Le CIUSSS de l’Estrie a également lancé des « cliniques spécialisées » pour simplifier le travail des deux neurologues. Cette approche consiste à regrouper les patients ayant des pathologies similaires pour assurer une meilleure fluidité des examens, a expliqué Mme Thibeault.

L’arrivée d’un collègue pour épauler les deux spécialistes permettrait de dénouer l’impasse, a réitéré le Dr Lafortune. « Ce qui va régler le problème de façon définitive, c’est d’avoir un troisième neurologue à Granby. On peut brasser la soupe autant que l’on veut, on est deux ici [en Haute-Yamaska]. Même des patients de Brome-Missisquoi veulent être vus par nous. C’est impossible de couvrir un aussi grand territoire », a-t-il fait valoir.

Bien que le Plan d’effectifs médicaux (PEM) ne prévoit pas l’ajout de neurologue dans notre région d’ici 2020, le ministre de la Santé a démontré de l’ouverture à corriger le tir en 2019.