Le député de Granby, François Bonnardel, réclame une action rapide du ministre de la Santé concernant l’aide demandée par les deux neurologues de Granby.
Le député de Granby, François Bonnardel, réclame une action rapide du ministre de la Santé concernant l’aide demandée par les deux neurologues de Granby.

Neurologie à Granby: «On joue avec la vie des gens»

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
Le SOS lancé au gouvernement du Québec par deux neurologues de Granby a eu un écho auprès du député de Granby, François Bonnardel. Celui-ci juge « inacceptable » et « alarmant » le fait que le nombre de personnes sur la liste d’attente pour ce service a presque doublé au cours de la dernière année.

La Voix de l’Est rapportait mercredi que les deux neurologues de Granby, Jean-Pierre Claude et Guillaume Lafortune, sont débordés. Alors que la liste d’attente pour une consultation s’allonge, passant de 494 personnes à 917 en un an, les deux spécialistes qui portent à bout de bras ce service dans la région réclament de l’aide. Ils souhaitent notamment qu’un collègue leur prête main-forte. Idem pour une secrétaire qui les délesterait de tâches administratives.

 Or, Québec ne prévoit pas ajouter de neurologue sur le territoire d’ici 2020. Ce qui a fait bondir le leader parlementaire de la Coalition avenir Québec. « Dans une société moderne, on devrait être capables de voir nos patients. Surtout les plus vulnérables. On ne peut pas laisser ces personnes sur une liste durant des mois, voire des années. On joue avec la vie des gens. Ça n’a pas de sens », dénonce François Bonnardel. 

Ce dernier a décoché au passage une flèche au ministre de la Santé. « Malgré toutes les réformes du Dr [Gaétan] Barrette, c’est encore une fois un constat d’échec. C’est indéniable que le ministre doit répondre à la demande des deux neurologues. » Le député de Granby indique qu’il doit rencontrer jeudi à ce sujet M. Barrette.

Urgence

L’urgence de Granby déborde depuis des mois. La situation est à ce point critique depuis plusieurs jours que les détournements d’ambulances vers d’autres hôpitaux de la région englobent même la clientèle locale, sauf les cas aigus, rapportait La Voix de l’Est, mardi. Du jamais-vu, selon des sources près du dossier. À bout de souffle, les effectifs médicaux tentent tant bien que mal de contenir l’hémorragie.

Une situation que déplore également François Bonnardel. « On a une urgence neuve. C’était un besoin important pour notre hôpital régional. Mais il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Le CIUSSS [Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux] doit trouver des solutions, et vite, a-t-il clamé. Ce n’est pas acceptable d’être obligés d’envoyer des ambulances ailleurs parce qu’on ne peut pas recevoir nos propres patients. »