Jean-Benoît et son père, Yves Mathieu, s'entraidaient à sortir des grandes bâches qui entravaient la circulation de l'eau.

Nettoyage des berges: «Il faut développer la fierté»

«Un avant-midi par année, c'est tout ce que ça coûte». Armé de hautes bottes de pluie, d'un chapeau et de bons gants, Richard Fecteau a mis la main... à l'eau, samedi, lors de la corvée annuelle pour le nettoyage du lac Waterloo et de ses berges.
M. Fecteau, qui était attitré au nettoyage d'une section de la rivière Yamaska Nord, près du lac, avec une équipe de bénévoles chevronnés, donne de son temps depuis 15 ans pour améliorer l'état du plan d'eau. «Je peux voir une différence, remarque-t-il. Il y a plus de batraciens, plus de lézards, de la faune qu'on ne voyait pas avant. C'est positif.»
«J'ai toujours pensé que si je veux améliorer mon milieu, je dois aider», confie pour sa part Claude Bernard, un véritable livre d'histoire vivant sur les cours d'eau de Waterloo. Ce dernier s'implique depuis plusieurs décennies, bien avant la formation des Amis du bassin versant du lac Waterloo (ABVLW), qui organisait la journée de corvée.
Selon ce dernier, il existe un projet sur la table à dessin visant à faire revivre le cours d'eau asséché en 1928, lorsque le bras actuel de la rivière Yamaska-Nord a été creusé. La pêche récréative pourrait y être pratiquée - tous les poissons pêchés vivants seraient relâchés dans leur habitat naturel - et un parc serait dédié aux pêcheurs.
Avec MM. Fecteau et Bernard, trois autres personnes s'acharnaient à sortir des pneus, des bâches et autres déchets de la petite rivière. Jean-Benoît et son père, Yves Mathieu, s'entraidaient à sortir des grandes bâches qui entravaient la circulation  de l'eau.
Selon Richard Fecteau, les entreprises situées près de l'eau devraient être conscientisées au sujet des déchets qu'elles laissent à tout vent. C'est de là que viennent les couvertures de plastique retrouvées dans l'eau.
«Ici, il faut développer la fierté, explique Richard Morasse, président des ABVLW. Il faut changer la culture des gens.» Une cinquantaine de bénévoles ont participé à la corvée. Un tel exercice permet à l'eau de mieux circuler jusqu'au lac Boivin et de diminuer les risques d'algues bleues en aval. Et les ABVLW en profitent pour faire du repérage pour les travaux à faire.
La journée de corvée s'inscrivait dans le cadre du printemps vert, à l'occasion duquel tous les organismes oeuvrant dans ce domaine s'appliquaient à nettoyer les berges, ajoute M. Morasse.
À Granby également
Une corvée du genre avait aussi lieu aux abords du lac Boivin et de la rivière Yamaska Nord, à Granby. La Fête de la rivière battait son plein au parc Daniel-Johnson, avant l'arrivée de la pluie et des orages. Des kiosques étaient installés pour informer et sensibiliser la population au sujet de l'environnement.
Vie culturelle et communautaire de Granby a invité les bénévoles à un léger dîner après la corvée et des prix de présence ont été tirés au sort. On invitait également les gens à participer à l'ensemencement de poissons et à une visite guidée à vélo pour découvrir les défis environnementaux de la rivière Yamaska Nord à travers son histoire.