Le sentier Marmite des sorcières se trouve sur la terre appartenant à Mont Sutton.

Négociations difficiles entre le P.E.N.S. et Mont Sutton

Le Parc d'environnement naturel de Sutton (P.E.N.S.) et la station de ski Mont Sutton négocient depuis plus d'un an la prochaine entente qui liera l'organisme à but non lucratif et la nouvelle administration de l'entreprise privée. L'actuelle arrive à échéance le 31 mars et il semble toujours y avoir des désaccords à régler.
«On n'a pas tout à fait la même perspective sur la situation, analyse la directrice du P.E.N.S., Patricia Lefèvre. Il y avait une entente depuis le début du P.E.N.S. et la nouvelle administration a décidé de changer certaines choses. Dans un sens, je pense que les deux organisations souhaitent s'entendre, mais elles ne sont pas d'accord sur les termes de l'entente.»
Mme Lefèvre a toujours espoir que le litige se règle avant le 31 mars, mais elle ne peut en avoir la certitude. La prochaine rencontre est prévue pour le 12 mars. Les propriétaires de Mont Sutton ont 20 % de l'emprise des sentiers pédestres du P.E.N.S., dont 8 % sont accessibles en hiver. On y trouve notamment le sentier de la Chute du Pékan, celui qui relie le chalet principal de la station de ski au poste d'accueil des sentiers, ainsi que la Marmite des sorcières. La boucle vers lac Mohawk passe aussi en partie sur une piste de ski en été.
L'entente qui prend bientôt fin comprenait un échange de services qui ne semble pas satisfaire les nouveaux propriétaires de la station de ski, croit Mme Lefèvre. «C'est là que ça ne va pas bien. On a l'impression que cet échange était équitable. Et puis Mont Sutton a l'impression que ça ne l'était pas et que le P.E.N.S. abusait de leurs services. La perception est différente- des deux côtés.»
Par exemple, les randonneurs peuvent utiliser une partie de l'un des stationnements de l'entreprise privée. Le chalet Altitude 840, propriété de la station de ski, est aussi utilisé en été pour de l'hébergement- de randonneurs. 
«Le P.E.N.S. gère ce chalet-là en saison estivale depuis 2002, ajoute la directrice de l'organisme. On ne paie pas de loyer, mais le fait de gérer le chalet diminuait les risques de vandalisme.»
Protection du milieu
Mme Lefèvre explique que de gérer des sentiers dans une forêt protégée - mis à part les sentiers sur le terrain de Mont Sutton-, l'essentiel des autres sont sur le domaine de la Ville de Sutton ou de Conservation de la nature du Canada permet de contrôler les secteurs où les marcheurs mettent les pieds. Ainsi, le reste de la réserve est protégé.
Elle compare la situation sur les montagnes Vertes à celle du mont Saint-Hilaire, qui accueille annuellement huit fois plus de marcheurs pour deux fois moins de kilomètres de sentiers. La capacité des chemins- est largement dépassée. 
Avec 40 000 visiteurs par année au Parc d'environnement naturel de Sutton, en incluant les membres et les randonneurs récurrents, «on pense qu'on a déjà pas mal atteint le maximum pour nos infrastructures. On ne pourrait pas avoir plus de monde pour que ça reste agréable dans les sentiers et pour que ça ne soit pas dommageable pour les aménagements. On croit que Mont Sutton a la clé.»
Selon l'architecte paysagiste de profession, il y a plusieurs traversées intéressantes dans les pistes de ski, dans la période estivale, avec les nombreux sous-bois de la station. Elle croit que le partenariat pourrait permettre de mettre à profit cette option afin d'augmenter le flux de visiteurs, sans causer de problème à la forêt. «Visiblement, on n'a pas réussi à faire bien passer notre message.»
Autre point sensible, la charte du Parc d'environnement naturel de Sutton, signée en 1979, se plie aux règlements fédéraux pour organismes à but non lucratif et de bienfaisance. Patricia Lefèvre relève que ce sont une minorité des organismes du Québec qui ont des chartes fédérales au cadre beaucoup plus strict, ce qui ne leur permet pas d'être entièrement libres.
Intention de s'entendre
Le président et directeur général de Mont Sutton, Jean-Michel Ryan, n'a pas souhaité commenter la situation et signifier ce qu'il recherche à travers ces négociations. Par contre, il assure «qu'on a toujours eu l'intention de conclure une entente. On est des partenaires de longue date et on a toujours poussé pour cette destination.»
L'entreprise n'a pas encore envisagé l'après 31 mars, lorsque l'entente sera échue.
Le P.E.N.S. a d'ailleurs conclu un nouvel accord avec la Ville de Sutton, le 31 janvier, au bout de six mois de négociations.