La présidente de la FIQ-SPSCE, Sophie Séguin, était de passage à Granby, lundi, pour mobiliser les troupes concernant les négociations de leur convention collective.

Négociations au point mort au CIUSSS

La pression est à son comble au sein des troupes du réseau de la santé dans la région. Alors que les quatre syndicats tentent de trouver un terrain d’entente avec le CIUSSS de l’Estrie pour ratifier leurs conventions collectives d’ici le 30 septembre, le spectre du temps supplémentaire obligatoire, le fameux « TSO », plane plus que jamais sur les effectifs médicaux à bout de souffle.

« L’été a été très difficile. Pire que l’an dernier. On ne croyait jamais pouvoir descendre si bas. Le moral des troupes est loin d’être maximal », a confié Sophie Séguin, présidente de la FIQ-SPSCE (Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec — syndicat des professionnels en soins des Cantons-de-l’Est), de passage lundi à l’hôpital de Granby pour mobiliser le personnel syndiqué dans le cadre des négociations en cours avec l’employeur.

Pour ajouter à toute cette pression, des infirmières commencent à recevoir des avis disciplinaires concernant le TSO, a clamé Mme Séguin. C’est le cas de deux membres de la FIQ-SPSCE. « Les deux personnes ont reçu un avis pour avoir refusé du TSO. Elles se disaient inaptes à rester. Mais on a voulu les obliger quand même. Avant, dans des occasions comme ça, ça se limitait à de l’intimidation et des menaces de sanctions en dénonçant la situation à l’Ordre des infirmières. Mais l’employeur pousse plus loin. Ça met un stress épouvantable sur tout le monde. »

De son côté, le CIUSSS nie toute forme d’abus concernant le TSO. « Aucun avis disciplinaire n’est donné à un employé qui refuse d’effectuer du temps supplémentaire obligatoire, si l’employé évoque une raison valable, a indiqué par courriel Geneviève Lemay, responsable des communications pour l’organisation, citant en exemple des obligations familiales. Si l’employé ne peut démontrer de raison valable d’effectuer du TSO, il peut retourner chez lui (personne n’est retenu de force au travail). Lorsque l’employé revient au travail, une rencontre a lieu avec son gestionnaire. Dépendamment de la situation, le gestionnaire pourrait donner un avis écrit à l’employé (note au dossier). »

Négociations
Parmi les principaux points qui achoppent dans les négociations entre la FIQ-SPSCE et l’employeur, on retrouve notamment les vacances. Selon Mme Séguin, la période de pointe acceptée s’échelonne du 1er juin au 30 septembre. Or, le CIUSSS de l’Estrie propose désormais celle du 1er mai au 30 octobre. « C’est inacceptable, a lancé Mme Séguin en entrevue. C’est un recul de 30 ans. [...] On nous dit qu’on a trop de difficulté à trouver des remplaçants l’été. Mais, ce ne sera pas mieux si les gens veulent prendre leurs vacances l’hiver avec les pics de gastro et d’influenza. Et comme on le sait, les gens ont besoin de leurs vacances estivales dans le réseau de la santé. C’est une soupape primordiale. »

La question du « port d’attache » à un territoire, par exemple le Réseau local de services de la Haute-Yamaska, est aussi au cœur du bras de fer. « Si l’employeur fusionne les centres d’activité, comme il veut le faire, les gens pourraient être appelés à travailler n’importe où en Estrie plutôt que seulement à Granby. Ce qui n’a pas de sens », a déploré la présidente syndicale.

Sophie Séguin évoque même la possibilité d’un exode des effectifs. « S’il y a une détérioration des conditions dans notre convention collective, on va perdre du monde. Les gens vont quitter la profession ou l’Estrie et déménager pour aller dans un autre CISSS ou un CIUSSS », a-t-elle fait valoir. « On demande presque le statu quo, a renchéri Mme Séguin. Il n’y a aucune demande farfelue. Alors, on ne signera pas au rabais. Encore moins avec un couteau sur la gorge. On préfère aller en médiation plutôt que d’accepter un recul. »