Une fois arrivés à destination, les visiteurs avaient le choix de passer toute la journée à l’un des trois sites agrotouristiques rattachés à l’un des trois circuits prédéterminés ou de tous les visiter.
Une fois arrivés à destination, les visiteurs avaient le choix de passer toute la journée à l’un des trois sites agrotouristiques rattachés à l’un des trois circuits prédéterminés ou de tous les visiter.

Navettes touristiques à Rougemont: une initiative qui fait son chemin

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Le projet pilote de Navette nature permettant à des visiteurs montréalais d’explorer Rougemont durant ses Week-ends gourmands s’est avéré un franc succès, aux dires de ses organisateurs.

Les Navettes nature émanent de la demande d’une certaine clientèle n’ayant pas de véhicule et qui désirait se rendre dans plusieurs sites touristiques en région.

Le projet pilote, soit la toute première navette agrotouristique de la province, est issu d’un partenariat entre Tourisme Rougemont, Tourisme au Cœur de la Montérégie et La Montérégie, le Garde-manger du Québec. 

Un total de 226 personnes ont voyagé entre le Square Dorchester, à Montréal, et la capitale de la pomme, à bord de l’une des six navettes réservées pour l’occasion. 

Selon Nancy Morin, consultante créative en développement et promotion touristique au cabinet Flanagan relations publiques, chaque navette était au moins remplie à 80 % de sa capacité.

Selon des statistiques contenues dans un rapport de cette première expérience, déposé en décembre à la MRC de Rouville, la clientèle était somme toute bien répartie entre plusieurs groupes d’âge, alors que les millénariaux et les membres de la génération X comptaient respectivement pour 35 % et 40 %, tandis que les 25 % des visiteurs restants étaient des familles. De plus, 80 % des personnes ayant réservé une ou plusieurs places à bord d’une navette étaient des femmes, apprend-on également.

Certains passagers ont d’ailleurs fait le voyage à plus d’une occasion, relève Mme Morin.

« On a reçu beaucoup de commentaires de la part d’utilisateurs qui se sont dits satisfaits du service », indique Francis-Hugues Lavoie, président de Tourisme Rougemont et propriétaire de La Pommeraie d’Or.

Un périple dont vous êtes le héros

Une fois arrivés à destination, les visiteurs avaient le choix de passer toute la journée à l’un des trois sites agrotouristiques rattachés à l’un des trois circuits prédéterminés, ou de tous les visiter. « Avec la navette, ça fonctionnait en hop in, hop off [monter et descendre] », explique Mme Morin.

Certains ont aussi marché dans les rues de Rougemont afin de découvrir d’autres producteurs et marchands locaux, qui ont également bénéficié de l’intérêt de cette clientèle nouvelle et des retombées économiques de l’initiative. 

Selon un sondage réalisé a posteriori auprès des entreprises agrotouristiques de la municipalité, la valeur des achats de chaque passager de la navette variait entre 8 $ et 250 $, pour une dépense moyenne de 25 $ par personne.

Le projet pilote a aussi fourni l’occasion à une clientèle n’ayant jamais connu la traditionnelle cueillette de pommes de s’initier à cette coutume bien québécoise. « Pour nous, ça a été une manière d’offrir l’expérience d’aller aux pommes à des gens qui n’en ont pas l’opportunité, notamment parce qu’ils n’ont pas de voiture », explique M. Lavoie.

« Ce qui est le fun, aussi, c’est que c’est une activité ouverte à tout le monde, peu importe son origine ou sa religion. Beaucoup de nouveaux arrivants ont ainsi pu découvrir c’était quoi, aller aux pommes », renchérit Mme Morin.

Désir de récidive

Le retour des navettes l’automne prochain n’est toutefois pas encore garanti, selon Mme Morin.

« C’était une première expérience très positive, un beau succès pour nous, reconnaît M. Lavoie. On a réussi à faire parler de Rougemont grâce à ça. Alors oui, on aimerait que le service revienne, parce que la formule est intéressante, mais ça coûte assez cher compte tenu du nombre de personnes qui sont venues. »

La facture totale du projet pilote avoisinait les 7000 $, montant duquel la MRC de Rouville et le Garde-manger du Québec ont essuyé 1500 $ chacun, le reste étant assumé par Tourisme Rougemont. De plus, si au départ le trajet était offert gratuitement, un tarif de 9,50 $ par adulte pour l’aller-retour a par la suite, été imposé pour éviter les annulations de dernière minute, sans décourager l’accès au service pour des clients à plus faible revenu. 

La MRC de Rouville, enthousiasmée par les résultats de cette première année, souhaite toutefois revoir les autobus arpenter les routes de Rougemont et, peut-être même, d’autres municipalités. « Rougemont, c’est un pôle gourmand de la Montérégie et de l’agrotourisme dans notre MRC, mais nous avons aussi Saint-Paul-d’Abbotsford qui aurait beaucoup à donner, par exemple, souligne le préfet Jacques Ladouceur. Avec nos partenaires, on va réfléchir à savoir si ce serait possible de jumeler des tours ou d’en créer des nouveaux. »