Le lancement du projet commercial du Groupe Quint, rue Principale, dans le secteur du Canac, n’est pas passé inaperçu au cours des derniers mois.

Multiplication des chantiers à Granby

Début d’année vigoureux dans le secteur de la construction à Granby. La valeur des investissements déclarés au cours du premier semestre a bondi de près de 25 %, comparativement à la même période l’an passé, selon les statistiques de construction compilées par la Ville.

« C’est très bon. On est en hausse un peu partout. On a eu un mois de janvier un peu plus tranquille, mais, après, le nombre de permis et de certificats émis n’a pas cessé d’augmenter. Au 30 juin, il y avait 2108 permis émis et on va sûrement se rendre à 3000 d’ici la fin de l’année », a fait valoir l’urbaniste senior et chargé de projets au service de la planification et de la gestion du territoire à la Ville, Dominique Desmet.

La valeur totale des investissements déclarés dans le cadre de l’émission de ces permis a atteint 83,6 millions de dollars au cours des six premiers mois de l’année, alors qu’ils étaient de 63,8 millions l’an dernier. Au 30 juin 2019, des permis permettant la construction de 248 logements ont aussi été comptabilisés, comparativement à 223 à pareille date en 2018.

Au cours des cinq dernières années, seule l’année 2016 avait connu un départ aussi occupé, avec des investissements déclarés de 84,7 millions de dollars et l’ajout de 481 unités de logement au 30 juin. La construction du complexe pour retraités de Réseau Sélection, à l’angle des rues Racine et Saint-Charles Sud, avait toutefois fait grimper à elle seule les statistiques à l’époque.

« La conjoncture est intéressante actuellement. On maintient un bon rythme dans le secteur industriel et un excellent rythme dans le résidentiel. Et ce qui demeure surprenant, c’est le rythme dans le commercial. On entend partout que le commerce de détail est mort. Mais chez nous, les commerces poussent comme des champignons », lance le maire, Pascal Bonin.

Permis d’impact

L’émission de quelques permis, dont certains dans le secteur commercial, a effectivement eu un effet certain sur les statistiques.

Le lancement du projet commercial du Groupe Quint, rue Principale, dans le secteur du magasin Canac, n’est pas passé inaperçu au cours des derniers mois. Quatre permis, dont la valeur déclarée des travaux totalise 3 millions de dollars, ont été délivrés pour la construction d’autant d’immeubles.

Un permis a aussi été accordé à Granby Volkswagen pour des travaux de rénovation évalués à 2,6 millions. La transformation de l’endroit est en cours.

Une flopée de permis a aussi été accordée pour divers travaux de rénovation de plus petite ampleur réalisés à différentes adresses au centre-ville. La mise en place l’an dernier d’un programme de subventions pour attirer de nouveaux commerces dans les locaux vacants n’y est pas étrangère.

Parmi les autres permis « d’impacts » en 2019, selon Dominique Desmet, figure celui pour la construction du centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD), boulevard Leclerc. Un premier permis a été délivré pour la coquille extérieure de l’immeuble de six étages, qui permettra l’ajout de 176 places. La valeur des travaux a été estimée à 10 millions de dollars. Une nouvelle demande de permis devrait éventuellement suivre pour les divisions intérieures, précise l’urbaniste senior.

Un projet d’agrandissement de ses installations dans ses cartons, Innova, une entreprise du parc industriel, a obtenu un permis pour des travaux estimés à 2 millions.

La construction projetée d’un immeuble multifamilial de 33 logements, rue Gatien, a aussi un impact sur les données compilées. La valeur des travaux inscrite au permis est de 2,7 millions de dollars, relève l’urbaniste senior et chargé de projets.

Programme populaire

La popularité du programme de rénovation résidentielle mis en place par la Ville de Granby au début de l’année a aussi contribué à la vigueur dans le secteur de la construction, font par ailleurs valoir Dominique Desmet et Pascal Bonin.

En vertu de ce programme — qui a bénéficié d’un budget global de 2 millions —, les propriétaires de résidences d’un ou deux logements, construites depuis au moins 20 ans et ayant une valeur foncière maximale de 120 000 $ (valeur du terrain exclue), peuvent obtenir une aide financière maximale de 10 000 $ par logement pour des travaux d’amélioration et de rénovation. Pas moins de 50 % des travaux admissibles peuvent être remboursés. La valeur des travaux doit toutefois être supérieure à 5000 $.

« L’économie roule à fond de train. Mais au-delà des colonnes de chiffres, ce qui nous rend le plus heureux, ce sont les sourires des gens qui attendaient depuis des années pour faire des travaux parce qu’ils n’avaient pas les moyens. Là, quand on se promène dans les vieux quartiers, il y a des travaux à plein d’endroits », affirme Pascal Bonin.

« Le conseil municipal a voulu aider son monde en faisant ça », ajoute le maire.

Ce dernier affirme que l’exercice de planification stratégique lancé par l’administration municipale incite en outre les élus à faire une lecture différente des statistiques.

« Je pense qu’on est dans une situation financière très enviable. Mais je pense qu’on est aussi à une époque où le sacrifice de terrains qui ont de la valeur ne cadre plus avec la vision qu’on a, comme conseil de ville. [...] On est plus engagés dans une réflexion qui vise à protéger et à maintenir nos espaces naturels, avec le développement de la Ville par l’intérieur, qu’à obtenir des chiffres époustouflants et un nombre époustouflant de nouveaux logements si c’est pour sacrifier des hectares et des hectares de forêts ou de milieux naturels », souligne le maire Bonin.