À l’image du Roxtonais Richard Vadnais, plusieurs passionnés ont commencé tôt cette année à circuler dans les sentiers aux commandes de leur motoneige.

Motoneige dans la région: enfin une saison prometteuse

Après trois années pour le moins frustrantes, les motoneigistes de la région devraient enfin être comblés lors de la saison 2018. Les conditions sont déjà bonnes dans la majorité des pistes entretenues par les clubs locaux.

« En ce moment, on a un super beau fond. Il a fait tellement froid que les zones humides et marécageuses ont gelé. On a eu une belle petite neige au cours des derniers jours, et ça va nous aider à stabiliser nos sentiers. Ça va bien partir la saison », a indiqué Jean-Maurice Saumier, ex-président et membre depuis une trentaine d’années des Motoneigistes du corridor permanent. 

Le Granbyen œuvre aujourd’hui comme responsables des relations publiques pour le club, qui compte plus de 500 membres et propose près de 275 kilomètres de sentiers allant de Valcourt à Saint-Paul-d’Abbotsford, en passant notamment­ par Granby et Acton Vale. 

« Au moment où on se parle, dans l’ensemble du Québec, pas mal tous les sentiers sont ouverts et fonctionnels. Avec une qualité allant de moyenne à extrêmement bonne, dépendamment des secteurs où on va », a ajouté M. Saumier­, en entrevue avec La Voix de l’Est samedi avant-midi. 

Une situation qui détonne par rapport à celles observées de 2015 à l’hiver 2017. « Les trois dernières années ont été très difficiles, a confirmé le motoneigiste de 52 ans. On a eu des conditions variant entre la pluie et des grosses tempêtes de neige. À ce moment-là, on vient jamais à bout de faire des sentiers solides. L’année passée, on a eu une seule semaine complète de fonctionnement dans une portion du club... » Le secteur de Granby a été particulièrement­ problématique. 

« Dans la région, on a vraiment des cycles de quatre ans. Là, on a de la neige. Et après, on devrait avoir des années où ça joue au yo-yo. »

Président du club de motoneige Baie Missisquoi, qui couvre notamment Bedford et Cowansville, Jean Richard parle également d’une saison fort prometteuse. « C’est assez exceptionnel d’ouvrir avant Noël. Normalement, ça se fait toujours dans la deuxième semaine de janvier », a-t-il rapporté. Les bénévoles du club s’affairaient samedi à réparer les dommages causés par de forts vents.

Malgré le froid

Les motoneigistes affluent donc dans les sentiers depuis près de deux semaines, et ce, malgré que le mercure soit fréquemment descendu sous la barre des -20 °C ces derniers temps. « C’est comme pour toutes les activités hivernales : si tu es bien équipé, tu vas aimer ça. Sinon, tu vas te tanner en l’espace de quelques minutes. Maintenant, on a des vêtements très chauds, qui sont fabriqués avec des fibres spécifiques », a souligné Jean-Maurice Saumier. 

« Ce qui fait aussi la différence, c’est la qualité des pare-brise que les gens mettent sur leur motoneige. »

S’ils sont en mesure de résister au froid, les adeptes de ce sport motorisé doivent néanmoins se méfier de la glace et des forts vents, qui peuvent réduire considérablement le niveau de visibilité. « Quand on tombe sur des grands champs ouverts, parfois on ne voit même plus les balises et les sentiers tellement ils sont “lavés” par le vent », a observé le Granbyen.

De bonnes affaires

M. Saumier souligne par ailleurs que les Motoneigistes du corridor ne pourraient offrir un tel réseau sans la collaboration de nombreux concessionnaires, qui joue un rôle-clé dans la vente de cartes de membres, en plus de prêter de l’équipement nécessaire à l’entretien des pistes. « Vendre des passes, on fait ça de façon bénévole. Mais si eux ont des beaux sentiers, nous, on vend des motoneiges et des accessoires », a convenu Dominic Picotte, copropriétaire de Picotte Motosport. 

Les deux parties y trouvent donc leur compte. « J’ai pas les chiffres, mais c’est bien très parti. Le début de saison a été très bon. D’autres années, les gens attendaient plus à la dernière minute (avant de faire des achats). Là, ils se sont préparés à l’avance », a relevé M. Picotte.

« En ce moment, on a un super beau fond. Il a fait tellement froid que les zones humides et marécageuses ont gelé. On a eu une belle petite neige au cours des derniers jours, et ça va nous aider à stabiliser nos sentiers. Ça va bien partir la saison », a indiqué Jean-Maurice Saumier, ex-président des Motoneigistes du corridor permanent.

BESOIN DE RELÈVE

Une douzaine de bénévoles des Motoneigistes du corridor permanent se démènent afin d’entretenir les sentiers, douze mois par année. Jean-Maurice Saumier estime qu’un coup de pouce supplémentaire serait le bienvenu. « On ne demande à personne de s’impliquer 20 heures par semaine. Mais si tout le monde pouvait donner quatre ou cinq heures dans l’année, ça ferait toute une différence. Parce que 275 kilomètres de sentiers, ça ne se prépare pas tout seul... », a-t-il plaidé.

Comme c’est le cas pour de nombreux organismes soutenus par des bénévoles, la pérennité des clubs de motoneigistes passera assurément par une relève plus abondante.