«Peu importe son apparence, sa couleur de peau, ses tatouages, ses vêtements, le plus important, c’est cet humain prêt à vous aider à traverser la rue», affirme le directeur général de SERY, Frey Guevara.
«Peu importe son apparence, sa couleur de peau, ses tatouages, ses vêtements, le plus important, c’est cet humain prêt à vous aider à traverser la rue», affirme le directeur général de SERY, Frey Guevara.

Mort de George Floyd: appel à «découvrir l’humain derrière la couleur»

Billie-Anne Leduc
Billie-Anne Leduc
La Voix de l'Est
«C’est incroyable que des situations comme ça se passe en 2020», se désole Frey Guevara, directeur général de l’organisme Solidarité ethnique régionale de la Yamaska, à propos de la mort de George Floyd sous le genou d’un policier, aux États-Unis.

Le 25 mai, dans l’État du Minnesota, George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, est mort en raison de la pression exercée sur son cou pendant 8 min 46 s par le genou de Derek Chauvin, un policier blanc voulant l’arrêter. Ce dernier a été accusé de meurtre non prémédité.

La tragédie, devenue tristement célèbre, soulève depuis plusieurs jours une indignation massive dans plusieurs États et pays, mais a aussi donné lieu à une manifestation à Montréal, dimanche dernier.

Des milliers de personnes solidaires ont répondu à l’appel pour dénoncer la brutalité policière et le profilage racial. « On a besoin de tout le monde. On a besoin d’alliés. Cette lutte-là, on ne peut pas la faire tout seuls. Ce n’est plus le temps de fermer les yeux », avait dit Stéphanie Germain, l’animatrice de la marche.

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Une solidarité et une ouverture d’esprit « nécessaires », selon Frey Guevara, qui n’a pas eu vent qu’un tel mouvement était organisé dans la région.

Son équipe et lui, toujours en télétravail, s’efforcent d’entendre, d’écouter et d’informer leurs membres par des suivis téléphoniques réguliers. « On n’a jamais arrêté. »

Du racisme à Granby ?

À savoir si celui-ci croit que des personnes de la région peuvent vivre du racisme au quotidien, M. Guevara répond « qu’il y a parfois des commentaires désagréables, oui, mais je ne crois pas qu’on peut nommer ça du racisme. Je dirais que c’est plutôt de l’ignorance. Lorsqu’on comprend mieux la situation, on est plus ouvert et accueillant. »

Le DG de SERY insiste d’ailleurs sur l’importance de combattre l’ignorance, et promeut l’élan vers l’autre, une « richesse que le Canada et le Québec doivent préserver ».

« La peur de l’inconnu existe dans n’importe quel pays. C’est quelque chose de réel. Mais, une fois qu’on comprend, qu’on laisse tomber les préjugés, et qu’on regarde avec notre cœur, la peur tombe. Il suffit d’entretenir une curiosité. Il faut mettre l’ignorance de côté et aller découvrir l’autre, aller découvrir l’humain derrière la couleur. »

M. Guevara donne l’exemple d’une personne aveugle ayant besoin d’aide pour traverser la rue. « Peu importe son apparence, sa couleur de peau, ses tatouages, ses vêtements, le plus important, c’est cet humain prêt à vous aider à traverser la rue. »

Sensibilisation

Frey Guevara déplore que des personnes vivent toujours du profilage racial en 2020. Il entend encore que des personnes ayant un nom à connotation étrangère se font refuser des emplois.

« Ça a toujours existé. D’où l’importance de faire de la sensibilisation auprès des employeurs, surtout qu’il manque de main-d’œuvre à plusieurs endroits. J’ai même entendu parler de personnes qui se sont résignées à changer de nom. »

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Solidarité ethnique régionale de la Yamaska est un organisme à but non lucratif créé en 1992. Son mandat est d’accompagner les immigrants qui s’installent en Haute-Yamaska et dans Brome-Missisquoi.

Une cérémonie à la mémoire de George Floyd est prévue samedi à Raeford, en Caroline du Nord, dans son État natal. Ses funérailles suivront lundi à Houston, au Texas, où il a grandi.