L’accusée, Cathy Lemieux, à son arrivée au palais de justice de Saint-Hyacinthe.
L’accusée, Cathy Lemieux, à son arrivée au palais de justice de Saint-Hyacinthe.

Mort de Francis Wadieh Badir : un crime ou un accident?

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
La mort de Francis Wadieh Badir, survenue sur l'autoroute 10 à Saint-Césaire en octobre 2017, est-elle le fruit d’un crime ou d’un accident? C’est ce que le tribunal entend éclaircir, cette semaine, au procès d’une femme de Longueuil accusée d’avoir causé la mort de l’agent correctionnel de 43 ans avec sa voiture.

Selon la poursuite, Cathy Lemieux, 50 ans, était alors en état d’ébriété, ce que conteste la défense.

M. Wadieh Badir a péri quand sa voiture en a frappé une autre dans la voie inverse sur l’autoroute 10, ce soir-là, après avoir traversé le terre-plein central. Peu avant, le Granbyen avait heurté une glissière de sécurité d’une trentaine de pieds de largeur qui s’était retrouvée dans sa voie.

Le débris avait été sectionné quelques secondes plus tôt par l’automobile conduite par Mme Lemieux , qui circulait en direction ouest. Selon les premiers témoins entendus lundi au palais de justice de Saint-Hyacinthe, la mort de la victime a été quasi immédiate.

Des automobilistes s’étant immobilisés après la collision ont été à sa rencontre et constaté qu’il ne respirait déjà plus.

«J’ai dit un petit mot simple et j’ai refermé la porte», a indiqué avec émotion Steve Larivière, aussi appelé à la barre.

La mort du Granbyen Francis Wadieh Badir, survenue sur l'autoroute 10 à Saint-Césaire en octobre 2017, est-elle le fruit d’un crime ou d’un accident?

Confusion

Quant à Mme Lemieux, elle était «confuse», mais rien dans son comportement n’affichait un état d’ivresse, a dit un autre témoin, Joshua Massia Dugas.

«Elle ne comprenait pas ce qui venait de se passer», a-t-il indiqué. Selon M. Dugas, l’accusée a dit avoir voulu dépasser l’automobile qui la précédait.

Sa voiture est «vraiment partie en diagonale» avant d’heurter la glissière, a ajouté le témoin.

Son véhicule a ensuite «levé de terre, fait un tour sur lui-même et est retombé» sur le terre-plein central.

Après être sortie de sa voiture, Mme Lemieux y est retournée en voulant repartir, mais son bolide était trop endommagé pour ça.

Aussi appelée à la barre, l’agente Cindy Minier, de la SQ, a décrit que l’accusée a d’abord refusé de passer l’alcootest, avant de se raviser en apprenant les conséquences légales d’un tel refus.

Elle a affiché des taux supérieurs au double de la limite permise, en plus de sentir l’alcool, a dit l’agente Minier.

Mme Lemieux, qui a aussi hésité à faire prendre ses empreintes digitales, a toutefois mentionné que sa dernière consommation remontait à 14h30 cet après-midi-là.

Un récipient rempli au quart de vin a aussi été trouvé dans sa voiture, tout comme une bouteille de bière non entamée et un médicament.

Maintenant Yaël

Depuis l’accident, Cathy Lemieux a légalement changé son prénom pour Yaël en prévision d’un changement de sexe. Elle n’a pas d’antécédent judiciaire.

Elle est représentée par Me Valérie Riendeau et Me Anne-Geneviève Robert, de Riendeau avocats, tandis que Me Sabrina Labrie mène la poursuite pour le Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Cinq jours ont été réservés pour cette cause présidée par le juge Benoît Gariépy, de la Cour du Québec. Le procès se poursuivra ensuite en décembre puisqu’un témoin expert ne pourra venir à la barre qu’à ce moment.