Lorsqu’une morsure de chien est signalée au Service de police de Granby, un protocole strict est déclenché pour évaluer l’animal, en collaboration avec la SPA des Cantons.

Morsures de chiens: un protocole strict pour évaluer l'animal

Lorsqu’une morsure de chien est signalée au Service de police de Granby, un protocole strict est déclenché pour évaluer l’animal, en collaboration avec la SPA des Cantons, afin de s’assurer que pareil incident ne se reproduise plus. Des conditions de garde de l’animal sont imposées à son maître, mais l’euthanasie est rarement recommandée.

« C’est toujours une question de sécurité publique. Le but est qu’une deuxième fois n’arrive jamais », explique Marc Brien, capitaine à la surveillance du territoire et des relations communautaires au Service de police de Granby, qui chapeaute ces dossiers.

Lorsque les policiers sont avisés qu’un chien a mordu un humain — ou un autre chien dans certaines situations —, la personne blessée est prise en charge. En vertu de la réglementation municipale, ils ont le pouvoir de procéder à la saisie du chien qui a commis l’agression. La bête est ensuite confiée à la SPA des Cantons, la ressource spécialisée en évaluation du comportement animal dans la région.

Le chien est d’abord placé en quarantaine et les interventions sont réduites au maximum pendant trois jours afin de lui permettre de décompresser. Deux évaluations, réalisées par deux spécialistes distincts, sont ensuite réalisées. « On ne veut pas prendre une décision à la légère », explique Carl Girard, directeur de la SPA des Cantons.

À LIRE AUSSI: Un husky attaque une femme et son chien

À LIRE AUSSI: Attaque de chien à Granby: le husky a été euthanasié

Le comportement de l’animal et l’environnement dans lequel l’incident s’est produit sont notamment examinés. « On évalue tout, poursuit M. Girard. On fait au moins deux évaluations par deux personnes différentes. On veut être sûr que les deux voient les mêmes choses. S’il y a une grosse différence, on en fait une troisième. Une évaluation, c’est une photo du tempérament du chien à un moment précis. »

L’évaluation permet de déterminer si l’animal doit être euthanasié, ce qui est plutôt rare, à moins qu’il soit imprévisible ou que l’agression ait été d’une grande violence, comme ce fut le cas à Saint-Césaire où une dame a subi de graves blessures quand deux chiens l’ont attaquée sur une propriété de la route 112, en juin. « Le niveau d’agression était tellement élevé qu’on ne peut pas laisser la chance de les laisser aller dans le public », explique M. Girard.

Le capitaine à la surveillance du territoire et des relations communautaires au Service de police de Granby, Marc Brien.

Rare euthanasie

Au terme des évaluations, la SPA des Cantons présente ses recommandations au corps policier. Dans la plupart des cas, des conditions de garde de l’animal sont imposées au propriétaire de la bête. Il peut notamment lui être imposé de faire porter une muselière à son chien, de le garder en cage ou même de contracter une assurance-responsabilité.

S’il refuse de les appliquer, il peut opter pour l’euthanasie de son chien.

« Le propriétaire a un choix à faire. On se retrouve plus souvent avec une panoplie de conditions. Souvent, c’est le propriétaire qui choisit d’arriver à l’euthanasie. Certains craignent aussi que leur animal recommence [à mordre de nouveau] et font ce choix », explique le capitaine Brien.


«  C’est toujours une question de sécurité publique. Le but est qu’une deuxième fois n’arrive jamais.  »
Marc Brien, capitaine à la surveillance du territoire et des relations communautaires au Service de police de Granby

Les frais de garde de l’animal, les évaluations du chien et l’euthanasie — si cette avenue a été choisie — sont à la charge du propriétaire.

Réglementation municipale

Le service de police constate que dans la plupart des cas de morsures qui lui sont rapportés, la réglementation municipale n’a pas été respectée.

« Les derniers dossiers que nous avons eus, ce sont de gros chiens qui s’en sont pris à des petits chiens et il y en a toujours un qui n’était pas en laisse. Si les deux propriétaires les tiennent en laisse, il n’arrive rien. La réglementation municipale est faite pour éviter que ces situations-là arrivent. C’est dans un but de sécurité publique, c’est pour ça que les règlements sont là », rappelle le capitaine Brien.

Si un propriétaire contrevient à la réglementation municipale, que ce soit parce que son chien n’est pas tenu en laisse, qu’il n’est pas détenteur d’une licence délivrée par la Ville ou parce que quelqu’un a été mordu par son animal, des contraventions lui sont délivrées. Les montants sont de 100 $ pour la plupart des infractions, mais grimpent en cas de récidive.

Les policiers de Granby ont jusqu’ici ouvert cinq dossiers pour des morsures en 2019. Six dossiers avaient été ouverts en 2018 et cinq en 2017.

Ils précisent que ce ne sont pas tous les cas qui leur sont rapportés. Souvent, disent-ils, lorsque la morsure survient dans un milieu familial et que les blessures sont mineures, elle n’est pas signalée.

Il en est de même pour les personnes qui, malgré l’avertissement du propriétaire de la bête de ne pas approcher celle-ci, tentent de le flatter.

« Si le chien est dans son enclos et que la personne est avisée de ne pas le toucher, le touche quand même et se fait mordre, on n’en entend pas parler parce que c’est la personne qui est en cause », explique le capitaine Brien.