«On a peur d’avoir juste de la cryptomonnaie et de grosses boîtes avec de l’équipement informatique, sans personnel. On ne veut pas de ça. On veut des entreprises créatrices d’emplois de qualité qui requièrent des cerveaux qui habiteront à Bromont», indiqué le directeur général de Bromont, Éric Sévigny.
«On a peur d’avoir juste de la cryptomonnaie et de grosses boîtes avec de l’équipement informatique, sans personnel. On ne veut pas de ça. On veut des entreprises créatrices d’emplois de qualité qui requièrent des cerveaux qui habiteront à Bromont», indiqué le directeur général de Bromont, Éric Sévigny.

Moratoire sur les centres de crytomonnaie: Bromont demande une révision

Près de deux ans après l’imposition d’un moratoire sur l’implantation de centres de traitement de données dans la MRC Brome-Missisquoi, il est temps de réviser le règlement de contrôle intérimaire. Une demande en ce sens vient d’être entérinée par les élus à Bromont.

«On pense qu’une longue période s’est écoulée depuis l’adoption du règlement de contrôle intérimaire à la MRC, en urgence, on doit maintenant amorcer une révision pour le rendre un peu plus agile. Ou du moins démystifier certains éléments», a fait valoir en entrevue le directeur général de Bromont, Éric Sévigny.

Cette volonté des élus bromontois de revoir le cadre législatif découle de la planification de la relance du parc scientifique, qui est en cours, a-t-il spécifié. À ce chapitre, la Ville a notamment prolongé les services municipaux dans ce secteur pour mettre à la disposition de compagnies des terrains à vocation industrielle, totalisant plusieurs millions de pieds carrés. La microélectronique est au coeur des activités que priorisera la Société de développement économique de Bromont.

Balises

Le règlement de contrôle intérimaire, approuvé à l’unanimité par les maires, empêche toute compagnie de cryptomonnaie de s’établir dans les 21 municipalités de la MRC. Les centres de traitements des données déjà implantés avant le moratoire conservent le droit de poursuivre leurs activités. Ils ne peuvent toutefois pas prendre de l’expansion dans les locaux qu’ils occupent. Des compagnies sont notamment présentes à Farnham, Cowansville, Bedford et Notre-Dame-de-Stanbridge.

Bromont ne ferme pas la porte à accueillir des entreprises dans le domaine de la cryptomonnaie. «On ne dit pas non, a mentionné Éric Sévigny. On sait qu’il y a de gros joueurs qui pourraient être tentés de s’implanter à Bromont. Ce qu’on a en tête, ce sont des centres de traitement d’entreposage de données et des centres de soutien informatique. [...] On veut une règlementation à la fine pointe qui démystifie le fonctionnement de ces entreprises. On ne veut pas les évacuer d’emblée. On veut un règlement qui agira comme un levier et non comme un frein au développement.»

Les élus de Bromont sont toutefois conscients qu’il s’agit d’un marché à la fois énergivore et volatil. Il n’est donc pas question d’accueillir une compagnie qui «aurait peu de retombées positives».

«On a peur d’avoir juste de la cryptomonnaie et de grosses boîtes avec de l’équipement informatique, sans personnel. On ne veut pas de ça. On veut des entreprises créatrices d’emplois de qualité qui requièrent des cerveaux qui habiteront à Bromont», a fait valoir Éric Sévigny.

Longue haleine

Selon Éric Sévigny, le processus de révision du règlement de contrôle intérimaire sera «de longue haleine» et devrait s’échelonner sur six à huit mois.

De son côté, le directeur général adjoint de la MRC Brome-Missisquoi, Francis Dorion, a indiqué qu’«aucune discussion» à ce sujet n’a eu lieu jusqu’ici. Le comité d’aménagement de la MRC devrait se pencher sur le dossier en août, a-t-il mentionné.

«Si actuellement, la formule du cadre est restrictive pour des compagnies de haute technologie qui ne gèrent pas de serveurs de cryptomonnaie, a dit M. Dorion, je crois que la demande peut être recevable.»