Jacques Ouellet, président, Francis Laperle, vice-président, et Maxime Corriveau, directeur des TI, estiment répondre à un besoin dans le secteur de l’aérospatial avec Moovinv.

Moovinv est prête à décoller

Une nouvelle PME technologique de Granby souhaite devenir le plus gros entrepôt 4.0, mondial et virtuel, de matières premières. Son objectif: résoudre la problématique d’approvisionnement dans le domaine aérospatial.

Moovinv, fondée par Jacques Ouellet et Francis Laperle, est axée sur le principe de l’économie collaborative. Elle se veut une plate-forme qui permettra aux grands donneurs d’ordre de vendre leurs surplus d’inventaires aux plus petites entreprises à la recherche de différents matériaux et autres produits de quincailleries.

C’est après avoir roulé sa bosse durant près de trois décennies dans le domaine de l’aérospatial, notamment à titre de directeur général de NSE Automatech à Granby, que M. Ouellet a ciblé cette lacune. « On vivait souvent ce même problème d’approvisionnement en matières premières certifiées, produits de quincailleries, scellants, peintures, etc. », explique-t-il.

A contrario, il observait que certaines entreprises avaient des surplus d’inventaires. « Au lieu de les vendre à la scrap à des prix dérisoires, elles peuvent les vendre à meilleurs prix à des compagnies dans le même domaine, ce qui permet de mieux contrôler les délais d’approvisionnement et de produire plus rapidement », fait valoir Jacques Ouellet.

Ce dernier s’est associé à Francis Laperle, qui a effectué un changement de domaine pour se lancer dans l’aventure Moovinv (prononcer Mouvinevi), un nom aux consonances anglophones qui illustre les mouvements d’inventaires, tandis que le v final évoque le vol en V des oiseaux et l’entraide qui leur permet d’aller plus loin.

Intérêt
La PME, qui a pignon sur la rue Cowie, veut ainsi jouer les intermédiaires entre les entreprises qui ont des surplus dans leurs entrepôts et celles qui ont des besoins à combler. L’outil est offert gratuitement aux vendeurs, tandis que les acheteurs ont droit à un service clé en main. « L’avantage pour l’acheteur, c’est qu’on centralise l’offre et la demande aéronautique. On s’occupe de la vente, de la facturation, de la livraison. C’est très simple pour les acheteurs et les vendeurs », assure Francis Laperle, vice-président de l’entreprise.

Moovinv lancera officiellement ses opérations en septembre, mais elle peut déjà compter sur un premier client, Thyssenkrupp, note Jacques Ouellet, président. Il s’agit d’un important fournisseur de matières premières pour Bombardier aéronautique. Plusieurs donneurs d’ordre auraient aussi démontré de l’intérêt pour la plate-forme, qui suscite de l’enthousiasme dans le secteur. « Il n’y a rien de semblable. On a été très bien accueilli parce que la gestion des inventaires est vraiment un problème pour la plupart des entreprises », dit M. Ouellet.

Une entreprise peut, par exemple, avoir besoin d’un morceau de titanium. Pour s’approvisionner, elle doit actuellement contacter un fournisseur en Californie et assumer des frais de livraison importants. « Mais peut-être que son voisin a ça en inventaire et ne sait pas quoi faire avec », ajoute le président. D’où l’entrée en scène de Moovinv.

« On a travaillé très fort pour avoir un modèle d’affaires unificateur, qui permet aux petites PME d’avoir accès à des matières premières en quantité désirée pour un contrat spécifique », renchérit Francis Laperle.

Dans la mire
Le démarrage de l’entreprise, qui compte sept employés à l’heure actuelle, a retenu l’attention de l’Association des industries aérospatiales du Canada (AIAC), selon Jacques Ouellet. Des représentants de l’organisme sont déjà venus à Granby rencontrer les dirigeants de Moovinv. L’AIAC devrait aussi participer au lancement officiel de l’entreprise.

Moovinv lancera d’abord ses activités à l’échelle de l’Amérique du Nord. Mais l’Europe, l’Amérique du Sud et le reste de la planète sont dans sa mire à plus long terme. Déjà, la PME travaille à l’implantation d’une place d’affaires en Alabama, où les avions de la C Series seront assemblés, pour faciliter les transactions en sol américain.

« C’est une belle aventure. On y croit beaucoup parce qu’on vient combler un besoin », dit Jacques Ouellet.

Le démarrage de l’entreprise a nécessité des investissements de près de 400 000 $, selon les associés. La Ville de Granby lui a accordé une aide financière de 10 000 $. Les promoteurs se sont toutefois engagés à remettre la totalité de la somme, s’ils devaient déménager leur entreprise à l’extérieur de Granby d’ici cinq ans.