Des assises montérégiennes, on espérait dégager une vision commune quant à l'avenir des neuf montagnes de la région, dont le mont Rougemont, pour en arriver à une concertation interrégionale.

Montérégiennes: de la concertation à l'action

Faire rayonner les Montérégiennes et protéger leur héritage, sans pour autant empêcher leur développement. Voilà qui résume le mandat qui ressort des Assises sur les Montérégiennes s'étant tenues à Saint-Bruno-de-Montarville en octobre dernier, et dont le plan d'action a été rendu public en milieu de semaine.
De cette journée, on espérait dégager une vision commune quant à l'avenir des neuf montagnes (le mont Royal, le mont Saint-Bruno, le mont Saint-Hilaire, le mont Rougemont, le mont Saint-Grégoire, le mont Yamaska, le mont Shefford, le mont Brome et le mont Mégantic), pour en venir à une concertation interrégionale. 
Les participants avaient alors évoqué certaines préoccupations, notamment la banalisation et la dégradation du paysage, menant à une perte de biodiversité sur le territoire, de même que le développement d'un sentiment d'appartenance et de fierté.
Pour y parvenir, la création d'une image de marque touristique distinctive a été proposée et retenue par le plus grand nombre. L'idée de développer un projet de découverte de chaque Montérégienne a aussi été soulevée, tout comme celles d'une ceinture verte et d'un programme d'éducation à l'importance et à la valeur des montagnes. On a également suggéré plusieurs types de circuits touristiques afin de découvrir les différents sommets de la Montérégie, dont des circuits cyclables et un rallye vélo. 
Ces suggestions rejoignaient celles des participants qui s'étaient penchés sur l'enjeu lié au patrimoine naturel, culturel, historique et bâti des collines. Ils ont notamment déploré un manque de sensibilisation à la valeur de ce patrimoine et la méconnaissance des obligations de protection qui en découlent. Les moyens pour rencontrer celles-ci sont en outre laborieux à monter et à maintenir, a-t-on souligné, alors que l'entretien et la réutilisation des patrimoines bâtis représentent un défi, tout comme le développement urbain et la gestion de la fréquentation des lieux patrimoniaux.
Pour y remédier, on a proposé de dresser d'abord l'inventaire des différents patrimoines des Montérégiennes afin de mettre en lumière tout le savoir-faire lié à ceux-ci. Les propositions de gérer et de surveiller les propriétés protégées, tout en accompagnant celles voulant s'engager en conservation, et la détermination d'une formule de taxation pour ces propriétés protégées figurent parmi les idées retenues au terme de la journée. 
Plan d'action
Pour répondre à la vision commune dégagée de ces assises, cinq pistes d'intervention ont été ciblées et déclinées en 21 recommandations. Le tout servira de plan d'action.
Une première piste consiste à permettre l'appropriation de la vision commune par tous les intervenants concernés. Cela se traduira par la reconnaissance officielle des Montérégiennes comme « un ensemble du patrimoine » québécois et par la reconnaissance des « perspectives de développement durable des secteurs agricoles, acéricoles, forestiers et touristiques qui forment l'identité propre des collines ».
On souhaite par ailleurs mettre en place une table de concertation sur la protection et la mise en valeur des Montérégiennes ; on y développera une stratégie à la fois pour chaque colline, mais aussi pour toutes en tant qu'ensemble. Enfin, l'implication et la concertation locale pour promouvoir et protéger les montagnes seront encouragées.
Une troisième piste d'intervention cherche à mettre en oeuvre des actions protégeant davantage les Montérégiennes, dont la détermination de cibles de protection du territoire, le rétablissement et la consolidation de la connectivité entre les montagnes, l'implantation d'outils pour protéger le patrimoine et des paysages identitaires, et maintenir la biodiversité. On souhaite enfin « instituer des statuts légaux de protection pour les sites sensibles qui permettent une utilisation durable de ces ressources. »
La mise en valeur des Montérégiennes, à titre de quatrième piste d'intervention, est davantage axée sur les moyens touristiques et économiques. Elle se traduit par des programmes d'aide et des « incitatifs techniques, fiscaux et financiers », des « activités écotouristiques, récréotouristiques et agrotouristiques réalisées dans une perspective durable » et par la promotion des biens culturels, patrimoniaux et historiques des collines.
La dernière piste vise un aménagement durable du territoire, notamment en incluant les Montérégiennes dans le Plan métropolitain d'aménagement et de développement de la Communauté métropolitaine de Montréal, de même que dans l'agenda de planification des schémas d'aménagements des MRC et agglomérations. 
La suite
Un comité d'élus piloté par la municipalité de Saint-Bruno-de-Montarville devrait prendre forme sous peu afin de voir à la mise en application de plusieurs actions, notamment celles ayant été priorisées dans le cadre d'un sondage auquel ont répondu les participants aux assises après coup. 
« Avec la mobilisation des élus, on pourra aller chercher les ressources financières pour mettre en place le plan d'action », a fait savoir Martin Duchesneau, chargé de projet des Assises sur les Montérégiennes.
Un autre grand rendez-vous pour faire le point sur le travail accompli est prévu au printemps 2018.