Les roches et les racines sont reines sur le sentier qui mène au sommet du mont Singer.
Les roches et les racines sont reines sur le sentier qui mène au sommet du mont Singer.

Mont Singer: bienvenue dans la forêt enchantée

Pendant que la pandémie empêche les Québécois de s’évader à l’étranger, nombreux sont ceux qui se tournent vers les sports de plein air pour profiter de leurs vacances estivales. Adeptes de plein air, les journalistes Cynthia Laflamme et Karine Blanchard vous proposent des sentiers à découvrir — ou redécouvrir — aux quatre coins de la région, en randonnée, à la course, ou en vélo de montagne. Suivez le guide !

Roches, racines, roches, racines, roches, racines. Vous l’aurez deviné, il y a de la roche et des racines sur ce sentier ! Ne grimpe pas le mont Singer qui veut. Ce sentier est technique et requiert de bonnes chaussures, beaucoup d’eau, des collations et de la persévérance. Le sommet n’offre pas de points de vue, mais quelques belvédères avant de l’atteindre permettent de rassasier les amateurs d’horizons.

Adepte de randonnée et de course en montagne, Anne St-Pierre a découvert le sentier du mont Singer récemment grâce à un ami qui le lui a chaudement recommandé. Il est rapidement devenu son sentier coup de cœur dans la région.

« La même journée qu’on faisait le mont Chauve, Claude (Gobeil) et Ann (Thibault) faisaient le mont Écho. Il nous a dit que peu de personnes connaissaient et fréquentaient les monts Singer et Écho, donc que c’était beaucoup moins achalandé, et que les deux sentiers étaient tout aussi beaux. »

Sans trop attendre, elle a fait les deux sommets en une même sortie avec son conjoint. Même si les deux sentiers sont magnifiques, celui qui mène au sommet du mont Singer est son préféré.

Les deux monts voisins, qui font partie de la Réserve naturelle des Montagnes-Vertes, sont reliés par le tracé principal des Sentiers de l’Estrie. On peut y accéder par un sentier d’environ deux kilomètres dont l’entrée se trouve sur le chemin de la Falaise, à Sutton, mais quelques autres voies parcourent son flanc, à Bolton-Est.

Ensemble, nous sommes allées grimper le mont Singer à la marche pour ensuite le redescendre à la course — lorsque c’était possible puisque les roches et les racines étaient glissantes.

Un champ de fougère surprend, au sommet du mont Singer.

Un autre monde

Dimanche dernier, dans les nuages et sous une menace de pluie, le sac alourdi par l’eau et les collations, nous avons franchi d’un bon pas le champ qui mène à l’entrée du sentier d’accès.

Celui-ci offre déjà un bel aperçu de ce qui nous attend. Il est parsemé de pierres, de parois rocheuses, de mousses et de racines. Il y est facile de se laisser emporter par l’émerveillement malgré certaines sections pentues. La déconnexion avec le monde urbanisé se fait automatiquement.

Au bout de ce sentier, le randonneur a deux choix : se diriger à gauche vers le mont Singer ou à droite vers le mont Écho. C’est à ce moment que nos pieds se posent sur les sauvages et étroits Sentiers de l’Estrie.

La météo nous a offert une ambiance féérique pour la montée de la montagne.

Conte de fées

Avec le taux d’humidité élevé, les nuages et les risques de pluie, nous savions d’emblée que nous ne pourrions pas profiter de la vue sur les montagnes américaines, près du sommet. Par contre, ces conditions météo nous offrent un tout autre spectacle.

« C’est une forêt enchantée. Dès que j’ai mis les pieds dedans, j’ai découvert que cette montagne avait quelque chose d’exceptionnel par rapport aux autres montagnes que j’ai faites au Québec, raconte Anne. Elle a un charme. Elle vient combler mon besoin de trail : de la roche, des racines, un dénivelé important, le fait d’entendre la nature. Elle a un appel qui est différent des autres. C’est un coup de cœur par ce qu’elle dégage elle-même. »

Ce sentier se rapproche beaucoup plus du terrain que l’on retrouve dans les compétitions de course en montagne. Il devient alors un excellent terrain de jeu pour s’entraîner.

Et pour être une forêt enchantée, elle l’est. La brume lui confère un air mystérieux, digne des contes de fées. Et sous cette lumière tamisée, les feuilles et la mousse sont d’un vert vif, tandis que la terre propose un contraste frappant.

Les sentiers étroits permettent à la forêt d’être plus près des marcheurs et, malgré le silence qui parfois s’installe, lorsque les oiseaux se taisent, procurent une sensation apaisante.

Par contre, la discussion est de mise puisque le bruit permet d’éloigner les animaux sauvages et d’éviter les rencontres surprenantes.

Contrairement à bien des montagnes de cette altitude (809 mètres), la forêt y est quand même dense au sommet. On y trouve même un champ de fougères à couper le souffle.

C’est d’ailleurs une de nos sections favorites. « Être si haut et dans les fougères, je n’ai jamais vu ça ! »

Les randonneurs passent aussi près d’un petit lac et d’un barrage de castors. Suffit de prendre un moment pour dévier du sentier principal afin de se rendre aux points de vue bien identifiés. De toute façon, ces petites pauses sont bienvenues.

Pour plus d’aventure, il est aussi possible d’aller camper sur l’une des plateformes construites et louées par les Sentiers de l’Estrie.

La randonnée totalise environ 13 km et 900 mètres de dénivelé positif. À bon rythme, et avec les pauses, nous y avons mis un peu moins de 4 h.