Le directeur du service des incendies de Waterloo, Patrick Gallagher

Monoxyde de carbone dans les écoles: les pompiers de Waterloo en mode proactif

Les pompiers de Waterloo n’ont fait ni une ni deux, cette semaine, en apprenant que des élèves et du personnel d’une école primaire de Montréal avaient été incommodés par des émanations de monoxyde de carbone. De leur propre chef, ils ont immédiatement visité tous les établissements scolaires de Waterloo, Saint-Joachim-de-Shefford et Sainte-Anne-de-la-Rochelle pour s’assurer que tout y était conforme.

« On a choisi la proactivité. On suivait la situation de Montréal de près aux informations et on a jugé que ça valait la peine d’aller immédiatement faire un tour dans nos écoles, même si on procède chaque année à une inspection », explique le directeur du service des incendies de Waterloo, Patrick Gallagher. Son service de prévention a donc envoyé aux directions des cinq établissements primaires du territoire ainsi que de celle de la polyvalente Wilfrid-Léger un courriel « pour une visite de courtoisie urgente », ajoute M. Gallagher.

Tenues mardi après-midi, les inspections ont visé l’état des chaufferies, la condition des appareils de chauffage et celle des appareils de détection. « La plupart des écoles chauffent au gaz naturel. Et quand on parle d’appareils à combustion, il y a des risques de défectuosités. »

Rappelons que lundi, à l’école des Découvreurs de l’arrondissement LaSalle à Montréal, les pompiers appelés d’urgence avaient détecté des niveaux de monoxyde de carbone beaucoup plus élevés que les seuils tolérés. Souffrant de malaises, plusieurs enfants et adultes avaient dû être hospitalisés. L’incident avait rapidement été attribué au bris d’un joint dans le système de chauffage. Et malgré une inspection récente, le détecteur de monoxyde de carbone n’avait pas fonctionné. L’institution a rouvert ses portes mercredi.

Les vérifications menées par le service des incendies de Waterloo ont été rassurantes. Les appareils de chauffage et les détecteurs étaient en bonne condition. Certains établissements, cependant, ne disposaient pas d’avertisseurs de monoxyde de carbone.

Or, leur présence n’est pas obligatoire dans les écoles, apprend-on, à moins que celles-ci soient chauffées par combustion et qu’elles servent de lieu de sommeil. « Mais à Waterloo, on s’est donné le pouvoir d’exiger des actions si on considère qu’il y a un risque. C’est ce qu’on va faire avec la commission scolaire dans nos recommandations transmises aujourd’hui », affirme M. Gallagher, en précisant que l’école de Sainte-Anne-de-la-Rochelle appartient à la commission scolaire des Sommets.

Ce dernier croit qu’un incident comme celui de LaSalle peut arriver n’importe où. « C’est pour cette raison qu’il faut être doublement prudent. Désormais, on va retourner dans nos écoles en janvier ou février, en plus de l’inspection régulière de l’automne.

Val-des-Cerfs veut prévenir

À la commission scolaire du Val-des-Cerfs, le directeur des ressources matérielles, Mario Beauvais, n’avait pas encore reçu le rapport des pompiers de Waterloo, mercredi après-midi. Mais il assure que l’organisation suit les recommandations émises par les divers services de prévention des incendies.

Par ailleurs, des inspections sont faites sur les fournaises et les détecteurs de fuites de gaz et de monoxyde de carbone « plusieurs fois par année » dans les écoles, dit-il. Les écoles de Val-des-Cerfs chauffent soit au gaz naturel, soit à l’électricité, soit au mazout, et souvent en biénergie.

M. Beauvais affirme que ces systèmes de chauffage sont généralement en bonne condition. « Ils ne sont pas dans un état de vétusté très avancé. On a mis beaucoup d’argent ces dernières années dans ces équipements ; on a remplacé plusieurs chaudières. »

Quant aux détecteurs, ceux-ci sont installés de façon systématique dès qu’une modernisation de chaudière et de ventilation est effectuée, avance le directeur. « Nous, on met l’accent sur l’entretien préventif et sur les systèmes de chauffage performants. Et on a de plus en plus d’écoles équipées de détecteurs. »

À sa connaissance, aucun incident semblable à celui de cette semaine n’est jamais survenu sur le territoire de Val-de-Cerfs.