À l’occasion d’une table ronde organisée la semaine dernière à la Maison Blanche sur les «villes sanctuaires», M. Trump avait longuement dénoncé la cruauté du MS-13.

Washington qualifie les membres de MS-13 d’animaux violents

WASHINGTON — La Maison Blanche a diffusé lundi un communiqué au ton particulièrement virulent concernant les membres du gang MS-13 qu’elle qualifie d’«animaux violents», reprenant une formulation employée à l’oral par Donald Trump il y a quelques jours.

«Ce que vous devez savoir sur les animaux violents du MS-13»: sous ce titre, la présidence américaine détaille, dans un communiqué de près de 500 mots dans lequel le mot «animaux» est mentionné dix fois, plusieurs crimes dont ce gang ultra-violent est accusé, du Maryland au Texas.

«Trop d’Américains innocents ont été les victimes de la violence inimaginable de ces animaux du MS-13», affirme le texte en introduction.

«Toute l’administration du président Trump travaille sans relâche pour que ces animaux violents soient traduits en justice», conclut-il.

À l’occasion d’une table ronde organisée la semaine dernière à la Maison Blanche sur les «villes sanctuaires», M. Trump avait longuement dénoncé la cruauté du MS-13, dont la plupart des membres sont d’origine salvadorienne.

«Nous expulsons des gens du pays [...] vous ne pourriez pas croire à quel point ces gens sont méchants», avait-il affirmé. «Ce ne sont pas des hommes, ce sont des animaux», avait-il ajouté, suscitant de vives réactions de la part de nombreux élus à travers les Etats-Unis.

Reprenant l’un de ses thèmes favoris, le président américain avait par ailleurs estimé que l’afflux d’immigrants illégaux résultait du fait que les États-Unis disposent «des lois sur l’immigration les plus stupides au monde».

La Californie, État le plus peuplé du pays et bastion démocrate, est engagée dans un bras de fer légal et politique avec l’administration fédérale sur l’immigration.

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Washington menace l’Iran de sanctions «sans précédent» 

Les États-Unis ont menacé l’Iran de sanctions «sans précédent» si Téhéran ne se plie pas à leurs conditions draconiennes pour conclure un «nouvel accord» beaucoup plus vaste, après le retrait américain controversé du texte de 2015 sur le nucléaire iranien.

«L’Iran n’aura plus jamais carte blanche pour dominer le Moyen-Orient», a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo en présentant la «nouvelle stratégie» des États-Unis après la décision fracassante annoncée le 8 mai par Donald Trump.

Le «non» américain à l’accord conclu il y a trois ans par les grandes puissances avec le régime de Téhéran pour l’empêcher de se doter de la bombe atomique a suscité la colère des Européens, qui avaient tenté, en vain, de négocier avec Washington des solutions pour «durcir» le compromis de 2015 et s’attaquer aux autres comportements iraniens jugés «déstabilisateurs» dans la région.

Les alliés européens des États-Unis sont d’autant plus agacés que cette décision induit le rétablissement total des sanctions américaines, avec un effet collatéral qu’ils dénoncent: les entreprises européennes présentes en Iran n’auront plus accès au marché américain, et seront donc la plupart du temps obligées d’abandonner leurs investissements iraniens.

L’Union européenne, et en premier lieu Paris, Londres et Berlin, attendaient donc le discours de Mike Pompeo qui avait promis d’esquisser sa vision pour l’après.

Or le secrétaire d’État américain, connu pour sa ligne dure, ne leur a pas vraiment tendu la main. Il a réclamé le «soutien» des alliés des Etats-Unis à sa stratégie, et, tout en reconnaissant les difficultés des entreprises européennes, il a fermement prévenu: celles qui continueront de faire affaire en Iran dans des secteurs interdits par les sanctions américaines «seront tenues responsables».

Dans son discours, critiquant le laxisme de l’accord de 2015 comme Donald Trump avant lui, l’ex-directeur de la CIA a assuré que les États-Unis allaient exercer une «pression financière sans précédent sur le régime iranien», avec «les sanctions les plus fortes de l’Histoire». Les récentes annonces ne sont «que le début».

Il a aussi promis de «traquer les agents iraniens et leurs supplétifs du Hezbollah à travers le monde pour les écraser».

Douze conditions

Allié du régime de Bachar al-Assad en Syrie, du mouvement islamiste Hezbollah au Liban et soutien des rebelles Houthis dans le conflit au Yémen, Téhéran est la bête noire de Washington.

Mike Pompeo a aussi fait mine d’ouverture à l’égard du régime iranien, se disant prêt à négocier avec lui un «nouvel accord» beaucoup plus vaste et beaucoup plus stricte pour qu’il «change d’attitude».

«En échange de changements majeurs en Iran, les États-Unis sont prêts» à lever, à terme, leurs sanctions. mais aussi à «rétablir l’ensemble des relations diplomatiques et commerciales avec l’Iran» et à «soutenir» l’économie iranienne. Cela n’interviendra qu’après des «évolutions concrètes, prouvées et sur la durée».

Surtout, Mike Pompeo a dressé une liste de douze conditions draconiennes pour ce «nouvel accord».

Sur le volet nucléaire, les demandes américaines vont bien au-delà de l’accord de 2015, que Washington n’entend pas «renégocier».

L’Iran doit cesser tout enrichissement d’uranium et fermer son réacteur à eau chaude; donner aux inspecteurs internationaux accès sans conditions à tous les sites du pays.

Téhéran, a-t-il poursuivi, doit aussi mettre fin à la prolifération de missiles balistiques et aux tirs ou développement de missiles à capacité nucléaire. Enfin, la République islamique doit se retirer de Syrie et cesser de s’ingérer dans les conflits de la région (Yémen), de soutenir les groupes «terroristes» (Hezbollah, Jihad islamique paslestinien, talibans afghans et Al-Qaïda), et de s’ingérer dans les affaires de ses voisins, comme en Irak ou au Liban, ou d’en menacer d’autres, comme Israël ou l’Arabie saoudite, a énuméré Mike Pompeo.

Ces douze conditions «peuvent sembler irréalistes», mais ce sont des demandes «basiques», a-t-il plaidé.

«Au bout du compte, le peuple iranien devra faire un choix sur ses dirigeants», a-t-il lancé, dans un nouvelle allusion au désir de changement de régime qui anime une partie de l’administration américaine.