Le compte à rebours est enclenché avant ce rendez-vous crucial prévu fin février, dont le président américain a promis de dévoiler au «début de la semaine prochaine» la date précise et la ville asiatique qui l’accueillera.

Washington détaille ses attentes avant le sommet Trump-Kim

WASHINGTON — Les États-Unis ont détaillé jeudi leurs attentes avant le nouveau sommet entre Donald Trump et Kim Jong Un: un «inventaire exhaustif» de l’arsenal de la Corée du Nord et une «feuille de route» en vue de son désarmement nucléaire.

En échange, ils sont prêts, à terme, à signer la fin de la guerre, rétablir des relations diplomatiques et favoriser le développement économique du pays étranglé par les sanctions internationales.

Le compte à rebours est enclenché avant ce rendez-vous crucial prévu fin février, dont le président américain a promis de dévoiler au «début de la semaine prochaine» la date précise et la ville asiatique qui l’accueillera.

«Je pense que la plupart d’entre vous savent où ça aura lieu», a ajouté Donald Trump. Le Vietnam est le pays hôte le plus probable, même si la Thaïlande restait encore en début de semaine une option envisagée.

Lors de leur premier sommet, historique, du 12 juin à Singapour, les deux hommes ont évoqué la dénucléarisation de la Corée du Nord, mais, depuis, les négociations se sont enlisées et ce nouveau tête-à-tête doit donc permettre de réaliser des progrès concrets nécessaires pour ne pas se retrouver comme en 2017 au bord d’une guerre atomique.

A environ un mois de l’échéance, le représentant spécial des États-Unis pour la Corée du Nord Stephen Biegun a dressé l’état des lieux le plus complet à ce jour de la stratégie américaine.

Il a assuré que Washington restait «lucide» sur les chances de succès -- au moment où des divergences sont apparues au grand jour entre l’optimisme affiché par Donald Trump et le scepticisme de ses agences de renseignement.

«Nous devons préparer un plan B si le processus diplomatique échoue, et nous le faisons», a lancé l’émissaire lors d’un discours à l’université californienne de Stanford, reconnaissant que le chemin à parcourir était plus long que celui qui a été parcouru depuis un an.

Pour autant, il a préféré se concentrer sur l’objectif des Américains: la «dénucléarisation définitive et entièrement vérifiée» du régime reclus.

Le diplomate a fait le point sur les acquis de ce processus inédit engagé par les plus hauts dirigeants des deux pays, techniquement toujours en conflit malgré l’armistice de 1953 au terme de la guerre de Corée.

«Démanteler et détruire» 

Selon lui, Kim Jong Un s’est notamment engagé, en octobre auprès du chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, à «démanteler et détruire» l’ensemble des installations d’enrichissement de plutonium et d’uranium de la Corée du Nord, et non seulement le complexe de Yongbyon, le plus connu.

Mais le numéro un de Pyongyang a fait cette promesse à la condition d’obtenir des «mesures correspondantes» de la part des États-Unis.

«De quoi s’agit-il exactement, je compte en discuter avec mon homologue nord-coréen lors de nos prochaines réunions», a dit Stephen Biegun, qui se rend à partir de dimanche dans la région pour rencontrer un émissaire sud-coréen puis poursuivre les tractations avec les négociateurs de la Corée du Nord.

Washington n’arrivera pas les mains vides.

«Le président Trump est prêt à mettre fin à cette guerre. C’est fini. Nous n’allons pas envahir la Corée du Nord. Nous n’avons pas l’intention de renverser le régime», a martelé le diplomate, laissant entendre qu’une déclaration de paix était sur la table.

Il a en revanche assuré que le retrait des soldats américains déployés en Corée du Sud n’était pas une option envisagée.

Les Nord-Coréens ont fait savoir qu’ils étaient davantage intéressés par une levée des sanctions, que les États-Unis n’envisagent qu’en toute fin de processus.

«Nous ne lèverons les sanctions que lorsque la dénucléarisation sera terminée», mais «nous n’avons pas dit: +nous ne ferons rien tant que vous n’aurez pas tout fait+», a expliqué Stephen Biegun, laissant entendre qu’une marge de négociation était possible.

Les Américains, eux, restent fermes sur leurs attentes, réitérant notamment une demande qui semblait être passée au second plan, celle d’un «inventaire exhaustif» de l’arsenal nord-coréen, préalable à «l’accès d’experts» pour des «inspections des sites-clés, conformément aux standards internationaux».

In fine, ils exigent «l’élimination ou la destruction des stocks de matériaux fissiles, d’armes, de missiles, de lanceurs et d’autres armes de destruction massive», a ajouté le négociateur, confirmant une définition très stricte de la dénucléarisation.

Pour cela, le prochain sommet doit permettre d’établir «une feuille de route de négociations», avec des «progrès significatifs et vérifiables sur la dénucléarisation», «des actes courageux et réels».

+

TRUMP DIT FINALEMENT ÊTR EN ACCORD AVEC LES CHEFS DE RENSEIGNEMENTS

WASHINGTON — Donald Trump a assuré jeudi être en accord, sur les grands dossiers internationaux, avec les responsables des services de renseignement américains après les avoir traités de «naïfs» et leur avoir conseillé de «retourner à l’école».

Accusant les médias d’avoir déformé les propos de ces derniers lors d’une audition publique au Congrès en début de semaine, M. Trump a assuré que tout allait pour le mieux.

«Je viens de terminer une excellente réunion dans le Bureau ovale avec mon équipe de renseignement qui m’a dit que ce qu’ils avaient dit mardi devant le Sénat avait été mal interprétés par les médias», a-t-il tweeté.

«Nous sommes tout à fait en accord sur l’Iran, le groupe État islamique, la Corée du Nord etc. Leur témoignage a été déformé par la presse.»

Mardi, lors d’une audition retransmise en direct sur les principales chaînes de télévision américaines, Gina Haspel, directrice de la CIA, et Dan Coats, directeur du renseignement, tous les deux nommés par Donald Trump, ont dressé un tableau des grandes menaces mondiales reflétant des divergences marquées avec l’analyse du locataire de la Maison Blanche. Leurs différences portaient en particulier sur l’Iran mais aussi sur les chances d’obtenir une dénucléarisation de la Corée du Nord.

Piqué au vif, Donald Trump avait vivement réagi. «Les membres des services de renseignement devraient peut-être retourner à l’école!», avait-il notamment tweeté.

Si ce n’est pas la première fois que Donald Trump s’en prend à ces grandes agences fédérales très respectées aux États-Unis, cette rafale de tweets avait surpris par son ton particulièrement agressif et ironique.

+

«D'ÉNORMES PROGRÈS» POUR TRUMP DANS LES NÉGOCIATIONS COMMERCIALES AVEC PÉKIN

WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a estimé jeudi que «d’énormes progrès» avaient été réalisés dans les tractations commerciales entre les États-Unis et la Chine qui s’efforcent de trouver un accord pour mettre fin à leur guerre commerciale.

Dans une lettre, lue dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche par un membre de la délégation chinoise, le président chinois Xi Jinping estime que les relations commerciales entre les États-Unis et la Chine sont à une étape «capitale».

«J’espère que les deux parties vont continuer à travailler dans un respect mutuel» et «j’espère que nous maintiendrons un contact étroit de différentes manières», a-t-il ajouté.

De son côté, Donald Trump, qui a qualifié cette lettre de «magnifique», a souligné que les deux parties, réunies depuis mercredi à Washington, avaient progressé dans leurs discussions.

Se tournant vers le négociateur en chef américain, Robert Lighthizer, il a en outre annoncé que les négociateurs américains se rendraient en Chine «début février».

Donald Trump a par ailleurs indiqué qu’il n’y avait pas eu de discussions sur une éventuelle prolongation de la trêve dans la guerre commerciale, fixée actuellement au 1er mars.

Il a aussi précisé que la rencontre envisagée avec Xi Jinping n’était «pas encore organisée». Plus tôt jeudi, il avait déclaré dans un tweet qu’il allait rencontrer le dirigeant chinois «dans un avenir proche» afin de résoudre «certains des points les plus difficiles».