Therese Okoumou était parvenue mercredi à escalader le piédestal de la statue, mercredi, obligeant les responsables du National Park Service à évacuer Liberty Island, l’île où se trouve le monument, traditionnellement fréquentée par des milliers de visiteurs le jour de la fête nationale américaine.

Une femme opposée à Trump gravit la Statue de la Liberté

NEW YORK — Une militante anti-Trump a été inculpée jeudi puis remise en liberté, après avoir escaladé la veille le piédestal de la Statue de la Liberté pour protester contre la politique migratoire de Washington.

La femme, identifiée par la police comme Therese Okoumou, une femme naturalisée américaine qui vit à Staten Island, une île new-yorkaise proche de la statue de la Liberté, a été inculpée de trois chefs d’accusation, dont violation de propriété privée et trouble à l’ordre public, selon un communiqué du procureur fédéral de Manhattan. Chacune des infractions est passible de six mois de prison.

Accompagnée de militants pro-migrants, Mme Okoumou, 44 ans, a plaidé non coupable devant un juge avant d’être relâchée, les infractions dont elle est accusée étant considérées comme mineures, a précisé un porte-parole du procureur. Elle doit se représenter au tribunal le 3 août.

Elle était parvenue mercredi à escalader le piédestal de la statue, obligeant les responsables du National Park Service à évacuer Liberty Island, l’île où se trouve le monument, traditionnellement fréquentée par des milliers de visiteurs le jour de la fête nationale américaine.

Mme Okoumou «a effrayé le public et mis en danger sa propre vie et celle des policiers dépêchés sur les lieux. Si nous respectons le droit des gens à manifester pacifiquement, cela ne va pas jusqu’à violer la loi en mettant d’autres personnes en danger», a déclaré le procureur fédéral Geoffrey Berman, cité dans le communiqué.

Cette photo prise de loin donne une bonne idée à quelle hauteur est situé le piédestal en question...

Mme Okoumou a, pendant près de quatre heures, refusé de descendre, obligeant à aller la chercher avec des cordes, comme l’ont montré des images prises par hélicoptère et diffusées par les télévisions locales.

Le piédestal de la statue fait 46 mètres de hauteur, et la torche culmine à près de 93 mètres.

Vêtue d’un t-shirt de l’organisation anti-Trump Rise and Resist (Levez-vous et résistez), elle avait d’abord affirmé aux policiers qu’elle ne descendrait que lorsque les parents migrants arrêtés à la frontière mexicano-américaine auraient retrouvé leurs enfants.

Plus de 2300 mineurs ont été séparés de leurs parents en quelques semaines lorsque le président Donald Trump a décidé d’appliquer une politique de «tolérance zéro» en matière d’immigration clandestine.

Après une vive polémique, il a fait machine arrière en juin, mais les retrouvailles parents/enfants tardent à se concrétiser.

L’opérateur Statue Cruises, qui transporte les touristes sur Liberty Island, avait indiqué mercredi que plus de 2000 personnes n’avaient pu se rendre sur l’île à cause de l’incident.

L’escalade a coïncidé avec une manifestation de Rise and Resist. Après avoir d’abord indiqué que l’acte de Mme Okoumou n’avait rien à voir avec la manifestation, l’organisation a ensuite publié un communiqué de soutien à Mme Okoumou.

De nombreux défenseurs des migrants, dont Bernice King, la fille de Martin Luther King, ont aussi salué son «courage» sur les réseaux sociaux, sous le motclic  #ThereseOkoumou.

Selon le quotidien The Daily News, citant d’autres manifestants, Mme Okoumou est originaire de République démocratique du Congo et participe régulièrement aux manifestations.

Le bureau du procureur n’a pas confirmé les origines congolaises de Mme Okoumou.

Au moins six autres personnes ont également été interpellées mercredi pour avoir déployé une banderole sur la partie basse du piédestal de Lady Liberty, appelant à «Abolir l’ICE», la police américaine aux frontières.

Elles sont passibles d’amendes, selon le porte-parole du procureur.