La fusillade a eu lieu dans une des salles de cours de la base aéronavale de Pensacola. Le commandant Timothy Kinsella a indiqué qu’il n’était pas possible d’apporter d’arme sur la base, à moins d’être membre des forces de sécurité.
La fusillade a eu lieu dans une des salles de cours de la base aéronavale de Pensacola. Le commandant Timothy Kinsella a indiqué qu’il n’était pas possible d’apporter d’arme sur la base, à moins d’être membre des forces de sécurité.

Un tireur fait trois morts sur une base navale américaine avant d'être tué

MIAMI — Un membre de l’armée de l’air saoudienne en formation militaire aux États-Unis a fait trois morts vendredi dans une base aéronavale de Floride avant d’être tué par la police. Ses motivations restent inconnues.

L’assaillant, qui pourrait être un pilote ou un technicien aéronautique, a perpétré son attaque muni d’une arme de poing.

Selon l’agence officielle saoudienne SPA, le roi Salmane d’Arabie Saoudite a exprimé par téléphone sa «profonde tristesse» à Donald Trump et affirmé que l’auteur de ce «crime abominable» ne représentait pas son peuple.

Il a par ailleurs, d’après SPA, assuré le président américain du «soutien total» de son royaume, allié précieux de Washington dans la région, et «ordonné aux services de sécurité saoudiens de coopérer avec les agences américaines».

Les enquêteurs essayaient de déterminer si cette attaque relevait du terrorisme. La plupart des auteurs des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis étaient saoudiens.

«Je pense qu’il va y avoir beaucoup de réponses à apporter sur le fait que cet individu, un étranger, membre de l’armée de l’air saoudienne, s’entraînait sur notre sol et ait commis cela», a déclaré le gouverneur de Floride Ron DeSantis.

Le gouvernement saoudien «se retrouve redevable d’une dette ici, étant donné qu’il s’agit d’un de ses ressortissants», a-t-il ajouté.

La fusillade a eu lieu dans une des salles de cours de la base de Pensacola, a indiqué David Morgan, le shérif du comté d’Escambia, sans préciser l’identité ou le mobile du tireur.

«Vous ne pouvez pas apporter d’arme sur la base à moins d’être membre des forces de sécurité», a indiqué de son côté le commandant Timothy Kinsella.

Le bilan provisoire de l’attaque de vendredi est de trois tués et sept blessés, sans compter l’assaillant.

Le tireur a été «neutralisé» par deux agents qui ont été blessés dans l’échange de coups de feu, a indiqué le shérif Morgan.

«Parcourir la scène de crime était comme être sur le tournage d’un film [...], on ne s’attend pas à ce que quelque chose comme ça arrive chez nous», a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.

«Une centaine de véhicules des forces de l’ordre se sont probablement rués sur place», a décrit au journal local Pensacola News Journal un témoin travaillant sur la base, Jeff Bergosh.

Environ 16 000 soldats sont hébergés à la base de Pensacola, où sont également employés plus de 7000 civils. Des patrouilles aériennes acrobatiques, comme les Blue Angels, y sont stationnées.

Le site est utilisé par l’US Navy pour des programmes d’entraînement destinés aux militaires de pays alliés.

Les drapeaux seront mis en berne pendant une semaine sur l’ensemble des bâtiments publics de Floride, a annoncé dans un communiqué le gouverneur DeSantis.

Pearl Harbor 

Cette fusillade intervient deux jours après qu’un marin américain a tué deux personnes par balle et en a blessé une troisième sur le chantier naval de la base militaire de Pearl Harbor, à Hawaï, avant de se suicider.

Le tireur, un marin de 22 ans en uniforme, a ouvert le feu avec son arme de service, un fusil M4, avant de retourner son arme de poing contre lui.

Ses motivations ne sont, pour l’instant, également pas connues.

Le ministre américain de la Défense Mark Esper a présenté vendredi dans un communiqué ses condoléances aux familles des victimes des deux fusillades de la semaine et affirmé envisager «plusieurs mesures afin d’assurer la sécurité» des installations militaires américaines.

Plusieurs d’entre elles ont été endeuillées ces dernières années par des soldats pris de coups de folie meurtriers.

En septembre 2013, un ancien marin, Aaron Alexis, avait tué 12 personnes dans une enceinte de la marine à Washington, avant d’être abattu par des militaires.

Et en novembre 2009, un psychiatre militaire d’origine palestinienne avait tué 13 personnes et en avait blessé 32 dans la base militaire de Fort Hood au Texas, avant d’être blessé et maîtrisé.

Des centaines de militaires saoudiens suivent chaque année des formations au sein des forces armées américaines, illustration des liens forts qui unissent Washington et Ryad.