Une étude suggère qu’une centaine de récifs coralliens de la Grande barrière en Australie paraissent assez sains pour pouvoir régénérer l’ensemble des coraux menacés par le blanchissement.

Un cœur de récifs de la Grande barrière de corail résiste au blanchissement

WASHINGTON — Une petite portion de la Grande barrière de corail en Australie est encore suffisamment saine pour pouvoir servir à régénérer l’ensemble de ses coraux menacés par un blanchissement sans précédent en raison du réchauffement climatique, ont annoncé mardi des scientifiques.

Leur étude suggère qu’une centaine de récifs coralliens paraissent moins exposés aux effets destructeurs du blanchissement et aux prédateurs comme l’acanthaster pourpre, une étoile de mer dévoreuse de coraux. Ces récifs sont également correctement reliés à une grande partie de la Grande barrière grâce aux courants océaniques, relèvent ces chercheurs.

De ce fait, «ces coraux ont le potentiel de procurer des larves indispensables pour restaurer les autres récifs endommagés», expliquent-ils dans cette étude publiée mardi dans la revue PLOS Biology.

«Découvrir ces 100 récifs est un peu comme trouver le système cardiovasculaire de la Grande barrière de corail», dit le professeur Peter Mumby de l’Université de Queensland en Australie, principal auteur de ces travaux.

«Bien que ces 100 récifs ne représentent que 3 % de l’ensemble des quelque 3800 récifs formant la Grande barrière, ils ont le potentiel pour fournir des larves à près de la moitié (45 %) de l’ensemble de ce vaste écosystème en une seule année», ajoute-t-il.

La présence de ce cœur de coraux sains «signifie que l’ensemble des coraux est doté d’une résistance potentiellement suffisante pour lui permettre de surmonter ces agressions», résume Karlo Hock, un biologiste du Centre pour la science marine de l’Université de Queensland, un des principaux coauteurs.

Cette découverte ne veut pas pour autant dire que «la Grande barrière est sauvée et se trouve dans un état satisfaisant», prévient-il.

Ces chercheurs insistent sur la nécessité d’une protection efficace à l’échelle locale où les récifs sont les plus en danger ainsi que sur une réduction des émissions de carbone (CO2) pour contenir la montée des températures.

Transplantation

Une autre équipe scientifique australienne a par ailleurs annoncé la semaine dernière les résultats prometteurs d’une expérience qui a consisté à cultiver du corail de la Grande barrière pour le transplanter dans une autre zone. Cette technique pourrait restaurer les écosystèmes coralliens à travers le monde, selon eux.

Ces chercheurs de l’Université Southern Cross ont collecté de grandes quantités d’ovules et de sperme de coraux et produit ensuite de vastes quantités de larves qu’ils ont transplantées dans des zones endommagées de la Grande barrière.

Huit mois plus tard, ils ont constaté que le corail juvénile avait survécu et grandi.

Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1981, la Grande barrière s’étend sur environ 345 000 km2 le long de la côte australienne et constitue le plus vaste ensemble corallien du monde.