«Il n’y a pas d’eau», a remarqué le président américain au milieu de son discours. Après avoir cherché d’un côté de son pupitre, alors qu’un journaliste lui avait signalé où se trouvait la fameuse bouteille, Donald Trump a finalement trouvé l’eau de l’autre côté du pupitre.

Trump vante des progrès avec la Corée du Nord

WASHINGTON – «L’Amérique est de retour, et l’avenir n’a jamais paru aussi radieux», a déclaré Donald Trump mercredi lors d’un discours résumant les progrès accomplis selon lui lors de sa longue tournée asiatique : le resserrement de l’étau sur la Corée du Nord et une nouvelle donne commerciale.

«Nous avons posé les jalons de la paix et de la sécurité», a-t-il déclaré dans un discours de 24 minutes à la Maison-Blanche, au lendemain de son retour de 12 jours de tournée en Asie (Japon, Corée du Sud, Chine, Vietnam, Philippines).

Le dirigeant s’est vanté d’avoir rehaussé le standing des États-Unis dans la région, taclant sans le nommer son prédécesseur, Barack Obama, pour les problèmes qu’il a trouvés à son arrivée à la Maison--Blanche, à commencer par la course au nucléaire de la Corée du Nord.

Son premier objectif était d’«unir le monde contre la menace posée par le régime nord-coréen», et il estime que la mission a été accomplie, citant les annonces de nouvelles sanctions japonaises contre des Nord-Coréens et l’attitude du président chinois Xi Jinping vis-à-vis de cette «grande menace».

«Le président Xi a promis [...] d’exercer sa grande influence économique sur le régime pour parvenir à la dénucléarisation», s’est félicité le président américain.

Ses deux autres objectifs pour le voyage étaient de promouvoir une région indopacifique «libre et ouverte» et de développer des relations commerciales «équitables et réciproques» avec les pays de la région.

Sur ces deux points, rien de concret n’a été acté, mais le dirigeant croit avoir réussi à faire bouger les lignes, rappelant des annonces d’investissements japonais et sud-coréens.

«Amérique forte, fière et confiante»

Le milliardaire a répété qu’il avait abordé la question du déficit commercial avec la Chine, et que Washington était prêt à signer des accords bilatéraux dans la région — en remplacement de l’accord transpacifique TPP patiemment négocié par l’administration précédente, mais dont il a retiré les États-Unis au début de l’année.

«Nous ne fermerons plus jamais les yeux face aux abus commerciaux, aux tricheurs, aux agressions économiques, ou à toute autre chose de la part de pays qui professent leur attachement au libre-échange, mais n’en respectent pas les règles», a dit Donald Trump.

Le locataire de la Maison-Blanche s’est montré particulièrement sensible aux marques d’amitié et de respect que lui ont témoignés ses homologues. Il a pris le temps de dire qu’il fut le premier dirigeant étranger à être reçu pour un dîner officiel dans la Cité interdite, à Pékin, depuis la fondation de la République populaire.

«Partout, nos hôtes étrangers ont accueilli la délégation américaine et moi-même avec une chaleur et une hospitalité incroyables, et surtout avec respect», a-t-il dit, reflet selon lui du retour de la «confiance» américaine depuis son élection.

«Pendant notre voyage, c’est ce que le monde a vu : une Amérique forte, fière et confiante».

Rien de différent, dans cette allocution, par rapport à ce que le dirigeant avait confié aux journalistes au dernier jour de sa visite, à Manille : «Ce fut un tapis rouge comme personne ne l’avait jamais vu», avait-il dit. «Je me suis fait beaucoup d’amis, au plus haut niveau».

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LE PRÉSIDENT AMÉRICAIN, LA BOUTEILLE D'EAU ET LA REVANCHE DE MARCO RUBIO

Entre des déclarations sur la Corée du Nord et la Chine lors de son allocution mercredi, Donald Trump a eu besoin de se rafraîchir et a maladroitement bu quelques gorgées d’eau, donnant l’occasion au sénateur américain Marco Rubio de savourer sa revanche.

«Il n’y a pas d’eau», a remarqué le président américain au milieu de son discours qui a duré un peu moins d’une demi-heure. Après avoir cherché d’un côté de son pupitre, et alors qu’un journaliste présent dans la salle lui avait signalé où se trouvait la fameuse bouteille, Donald Trump a trouvé l’eau de l’autre côté du pupitre.

Pendant quelques secondes, le septuagénaire, qui est apparu fatigué après sa tournée asiatique de 12 jours, a donc interrompu son discours pour porter la bouteille à ses lèvres.

La séquence insolite a aussitôt fait le tour d’internet et des réseaux sociaux, où les mimiques du milliardaire sont souvent matière à parodie et à détournement.

Surtout, le sénateur Marco Rubio, ancien adversaire de Donald Trump lors des primaires républicaines, ne s’est pas privé de le taquiner.

Marco Rubio avait lui-même connu un épisode insolite en 2013 lorsqu’il avait répondu, en direct à la télévision, au discours sur l’état de l’Union de Barack Obama. Le quadragénaire, visiblement à bout de souffle, s’était précipité pour boire une gorgée d’eau d’une manière plutôt étrange en plein milieu de son discours.

«Ça ressemble, mais il faut travailler sur la forme. Il faut le faire d’un seul coup, et les yeux ne doivent jamais quitter la caméra. Mais pas mal pour une première fois» a-t-il ironisé sur Twitter, une fois le discours du président terminé.

Donald Trump avait lui-même utilisé l’épisode de la bouteille d’eau à des fins politiques. Lors d’une réunion de campagne en février 2016, pendant les primaires républicaines, il avait imité l’élu de Floride en prétendant ne pas savoir boire correctement à la bouteille.

«Marco Rubio n’a même pas su répondre correctement au discours sur l’état de l’Union du président Obama, sans transpirer et siffler de l’eau. Il s’est dégonflé!», avait-il également tweeté en novembre 2015.