Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi que les États-Unis et le Mexique avaient trouvé un accord sur l’immigration.

Trump suspend ses tarifs douaniers sur les produits mexicains

WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi que les États-Unis et le Mexique avaient trouvé un accord sur l’immigration et qu’il levait par conséquent sa menace d’imposer des taxes douanières à partir de lundi sur l’ensemble des produits mexicains.

«Les États-Unis sont parvenus à un accord signé avec le Mexique. Les tarifs douaniers prévus pour être appliqués lundi par les États-Unis, contre le Mexique, sont donc suspendus indéfiniment», a-t-il écrit sur Twitter,

Précisant que les détails de l’accord allaient être communiqués «sous peu», il a ajouté que Mexico allait prendre «des mesures fortes endiguer le flux migratoire» traversant son pays à destination de la frontière sud-américaine.

«Cela va permettre de réduire grandement, ou éliminer, l’immigration illégale venant du Mexique et entrant aux États-Unis», a-t-il ajouté, alors qu’il venait de rentrer d’un voyage en Europe, où il a assisté aux commémorations du débarquement de 1944 en Normandie.

Quelques minutes plus tard, le ministre mexicain des Affaires étrangères Marcelo Ebrard a annoncé sur Twitter qu’il n’y aurait «pas de tarifs douaniers de la part des États-Unis lundi», et remercié «toutes les personnes qui nous ont aidés à montrer la grandeur du Mexique».

M. Ebrard avait entamé mercredi à Washington les négociations avec plusieurs représentants de la diplomatie américaine. Elles ont finalement abouti vendredi après plus de 12 heures d’échanges entre les murs du département d’État américain.

Signes de bonne volonté 

Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l’immigration clandestine l’une de ses priorités, accusait le Mexique de ne rien faire ou presque pour freiner le passage sur son sol de migrants d’Amérique centrale qui finissent par entrer clandestinement aux États-Unis.

Malgré les réticences des milieux économiques américains et de certains de ses alliés républicains, le milliardaire avait menacé d’appliquer dès le 10 juin une taxe de 5 % sur tous les biens provenant du Mexique, qui aurait pu augmenter progressivement jusqu’à 25 % le 1er octobre.

Soucieux d’éviter l’exécution de cette menace, qui aurait été très dommageable pour les économies des deux pays, Mexico avait dépêché une importante délégation à Washington et multiplié les gestes de bonne volonté.

Les autorités mexicaines s’étaient déjà engagées jeudi à renforcer la surveillance à leur frontière avec le Guatemala, en déployant 6000 gardes nationaux. Elles ont aussi gelé les comptes bancaires de passeurs présumés et renvoyé une centaine de Honduriens dans leur pays.

Elles avaient bloqué mercredi l’avancée d’un cortège d’environ 1200 migrants qui venaient d’entrer au Mexique depuis le Guatemala.

Réforme des règles d’asile

Dans l’État du Chiapas, dans le sud du pays, des journalistes de l’AFP ont constaté une plus grande présence policière et militaire sur les routes empruntées par les migrants.

Mais le cœur des négociations portait sur une réforme des règles d’asile : Washington souhaite pouvoir renvoyer vers le Mexique les demandeurs d’asile centraméricains pour que leur dossier y soit traité.

«Ce n’est pas un sujet qui va se résoudre par la force», avait affirmé le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador, précisant que la garde nationale était censée «aider à raccompagner les migrants dans leur retour» chez eux.

La grande majorité des 144 000 migrants arrêtés ou refoulés en mai à la frontière sud des États-Unis étaient originaires du Honduras, du Salvador et du Guatemala, pays parmi les plus pauvres et les plus violents du continent.

Au moment de la prise de fonction de Donald Trump à la Maison-­Blanche, seuls 20 000 migrants étaient arrêtés chaque mois à la frontière.