Trump sérieux dans son désir de quitter l'Afghanistan, selon les talibans

KABOUL - Le président américain Donald Trump paraît "sérieux" dans sa volonté de quitter l'Afghanistan, a indiqué vendredi le porte-parole des talibans à l'AFP, détaillant le "système islamique" qu'ils espèrent mettre en place dans le cadre d'un accord de paix.

«Trump semble sérieux dans ses propos, et il faut qu'il le soit, car le maintien des troupes américaines en Afghanistan est préjudiciable à la fois pour l'Amérique et pour l'Afghanistan», a indiqué dans une interview donnée à l'AFP par WhatsApp le porte-parole taliban Zabihullah Mujahid.

«Un accord a été atteint sur un cadre de principe lors des dernières négociations à Doha (...) qui, si il est mis en oeuvre et si les Américains prennent des mesures honnêtes et s'y tiennent fidèlement, alors, si Dieu le veut, nous espérons que les Américains cesseront l'occupation de l'Afghanistan», a-t-il poursuivi.

L'émissaire américain Zalmay Khalilzad avait lui aussi évoqué cette semaine une ébauche d'accord à Doha mais a averti qu'il restait «encore du travail à accomplir».

Représentant américains et talibans se retrouveront le 25 février pour de nouvelles négociations au Qatar, où les insurgés disposent d'un bureau politique, a fait savoir M. Mujahid.

Selon le responsable taliban, le premier objectif des insurgés est le retrait des forces étrangères.

«Deuxièmement, nous voulons l'établissement d'un système islamique», a-t-il dit, soulignant que les talibans chercheront à l'atteindre «via des contacts et des négociations avec différentes factions politiques, même si elles ont jusqu'ici été soutenues par les envahisseurs».

Si le gouvernement de Kaboul ne s'y oppose pas, «alors bien sûr il n'y aura pas besoin de guerre et de conflit», a-t-il ajouté.

Les talibans ont jusqu'ici toujours refusé de négocier avec les autorités de Kaboul, qu'ils qualifient de «marionnettes» de Washington.

Les talibans ne chercheront pas un «monopole du pouvoir», a assuré M. Mujahid. «Si Dieu le veut, tous les Afghans, y compris les différentes factions politiques, pourront participer au futur système islamique».

Celui-ci serait «basé sur le principe de la choura» avec «un conseil des oulémas [des dignitaires religieux] et des experts qui prendront les décisions», a-t-il détaillé.

«Des représentants du peuple et des experts contribueront également à l'élaboration du système», a-t-il ajouté.