Xiyue Wang, chercheur sino-américain, purgeait une peine de 10 ans de prison pour espionnage en Iran. Des photos publiées par Washington montrent M. Wang accueilli par des diplomates américains sur le tarmac de l’aéroport de Zurich, en Suisse.

Trump remercie l'Iran après un échange de prisonniers américain et iranien

WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a remercié samedi l’Iran pour une «négociation très juste» après un échange de prisonniers entre les deux pays ennemis, organisé en Suisse.

Un Américain emprisonné en Iran, Xiyue Wang, et un Iranien détenu aux États-Unis, Massoud Soleimani, ont été libérés samedi.

«Merci à l’Iran pour une négociation très juste. Vous voyez, nous pouvons parvenir à un accord ensemble», a réagi Donald Trump sur Twitter.

«Ravi que le professeur Massoud Soleimani et M. Xiyue Wang retrouvent leurs familles bientôt», avait écrit plus tôt sur Twitter le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif.

Ce dernier a adressé «un grand merci à tous ceux impliqués, particulièrement au gouvernement suisse», qui représente les intérêts américains à Téhéran en l’absence de relations diplomatiques entre les deux pays depuis 1980.

Xiyue Wang se trouve en Allemagne pour des examens de santé. Il y restera pour un «bref séjour», a indiqué un haut responsable de l’administration américaine. Il est «de très, très bonne humeur» et en apparente bonne santé.

«La Suisse confirme son rôle dans le geste humanitaire qui a eu lieu aujourd’hui sur son territoire et a mené à la libération de MM. Soleimani et Wang», a précisé le ministère suisse des Affaires étrangères.

Des photos publiées par Washington montrent M. Wang accueilli par des diplomates américains sur le tarmac de l’aéroport de Zurich.

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Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a partagé sur Twitter des photos le montrant en compagnie du chercheur Massoud Soleimani (à droite) dans un avion et écrit «retour à la maison».

«Pression maximale»

Xiyue Wang, chercheur sino-américain, purgeait une peine de 10 ans de prison pour espionnage en Iran. Doctorant en histoire à l’université de Princeton aux États-Unis, il menait des recherches sur la dynastie Qajar en Iran, où il avait été emprisonné en août 2016.

Massoud Soleimani, professeur à l’université Tarbiat Moddares de Téhéran et spécialiste des cellules souches, s’était rendu aux États-Unis le 22 octobre 2018 pour des travaux de recherche. Il avait été arrêté à son arrivée à l’aéroport de Chicago et transféré dans une prison d’Atlanta, selon l’agence d’État iranienne Irna.

Dans un communiqué, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a remercié le gouvernement suisse, et s’est réjoui que Téhéran «ait été constructif dans cette affaire».

«Nous continuons d’appeler à la libération de tous les ressortissants américains injustement détenus en Iran», a-t-il ajouté.

Sous couvert d’anonymat, un haut responsable américain a confié espérer que la libération de M. Wang signale que «les Iraniens sont peut-être prêts à discuter de toutes ces questions», notamment de leurs programmes nucléaires et d’armement, des «otages américains» détenus en Iran et des «activités néfastes» de Téhéran dans la région.

«La campagne de pression maximale que le président Trump a mis en place fonctionne, et est hautement efficace», a ajouté ce responsable américain, en rappelant que le milliardaire s’était dit prêt à «rencontrer les Iraniens sans préalables».

«Il n’y a eu absolument aucun paiement en liquide ou levée de sanctions ou aucune sorte de concession ou rançon» en échange de la libération de M. Wang, a-t-il insisté.

Accusations d’espionnage

M. Zarif a partagé sur Twitter des photos le montrant en compagnie de M. Soleimani dans un avion et écrit «retour à la maison».

L’universitaire a été «libéré il y quelques instants après un an de détention illégale et remis aux responsables iraniens en Suisse», a indiqué Irna.

Les relations entre Téhéran et Washington, qui n’entretiennent pas de liens diplomatiques depuis bientôt 40 ans, traversent une nouvelle crise depuis le retrait unilatéral des États-Unis en 2018 de l’accord sur le nucléaire iranien.

«Une rare bonne nouvelle sur le front USA-Iran», a réagi Robert Malley, président de l’organisation International Crisis Group.

Les arrestations d’étrangers en Iran, notamment binationaux, souvent accusés d’espionnage, se sont multipliées depuis le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien et le rétablissement de dures sanctions américaines contre Téhéran.

Le nombre d’Iraniens détenus à l’étranger n’est pas connu.

Privé des retombées économiques qu’il espérait de l’accord sur le nucléaire, l’Iran a commencé en mai 2019 à s’affranchir de certains de ses engagements pris dans le cadre de cet accord.